

Le misanthrope, celui qui
n’aime pas le genre humain, c’est Alceste. Indigné par l'hypocrisie de la
société mondaine et des hommes en général, son cœur a succombé au charme de la
jeune Célimène, frivole, coquette et précieuse. Il souhaite lui parler en tête
à tête afin de connaître ses sentiments, mais il se retrouve face à d'autres
soupirants… Ces derniers excitent sa jalousie et suscitent ses réprobations
morales et son comportement paraît de plus en plus extravagant aux yeux de
tous. Alceste se décide enfin à rendre visite à Célimène afin de lui demander
sa main…
Sa colère contre les hommes et les usages de l'époque le conduit à se retirer de la société, à « chercher sur la terre un endroit écarté » afin de vivre en homme d’honneur.
« Je ne
trouve partout que lâche flatterie,
Qu’injustice,
intérêt, trahison, fourberie,
Je n’y puis plus
tenir, j’enrage et mon dessein
Est de rompre en
visière à tout le genre humain »
Ecrite entre 1664 et 1666, Le Misanthrope
est jalonnée d'éléments biographiques et sous les traits d’Alceste, on devine
l’esquisse du portrait de son auteur. La
structure de la pièce est simple : deux amis Alceste et Philinte
s’entretiennent sur le comportement à adopter en société, et le défi
dramaturgique est de taille : comment maintenir sur scène un personnage
qui veut fuir les autres?
Jamais Molière n’a poussé si
loin l’analyse d’un caractère. Les personnages entourant Alceste et les
rebondissements de l’intrigue ont pour unique fin de mettre en valeur un trait
de caractère singulier d’Alceste.
Dans un décor simple et
épuré, les acteurs, sobrement vêtus, déambulent avec aisance et légèreté autour
du charismatique Alceste –Pierre Chagnon- à la voix mémorable et de la
gracieuse Célimène –Catherine Florent, piliers de la pièce. Sans oublier
Philinte, le tempéré, - René Gagnon-, Oronte, le poète amateur ridicule –Carl
Béchard et les autres. Un agréable moment sans surprise…
Anne-Caroline Crespel
Club-Culture