

LÉA-PU DESONLATÉ
d'Olivier Choinière
mise en scène: Ghyslain
Filion
avec les finissants de l'Option-Théâtre
du collège Lionel-Groulx, présenté à la Maison Théâtre les 26 et 27 mars
2002, pour les 8 à 11 ans.
Il y a longtemps que je
n'avais vu de spectacle de finissants d'une ou l'autre des écoles de théâtre.
Je ne me rappelais plus la fraîcheur, l'enthousiasme et l'énergie qui y
régnaient. Il faut dire que le texte d'Olivier Choinière et la mise en scène de
Ghyslain Filion servent grandement cette dynamique.
La pièce Léa-pu
deSonlaté (répéter à voix haute très rapidement) a été créée pour les
finissants et finissantes de L'Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx dans le
cadre du concours Le théâtre jeune public et la relève. Le lauréat du
concours, Olivier Choinière, avait le mandat de créer une pièce pour 12
comédiens. Il a donc imaginé cette famille Heye, composée de Popeye, Momeye,
Grand-Momeye et des enfants: Bedzeye, Mareye, Zézeye et David Copperfield.
Momeye écoute comme
d'habitude son feuilleton préféré, Le train de 5 heures. Au moment
crucial où elle doit apprendre la véritable identité du héros, le son de la
télé disparaît. Pour cette famille dépendante des
émissions de télévision, c'est le drame. Le silence ne pouvant être envisagé,
ils prêteront leur voix à la télé. À tour de rôle, ils rencontreront leur
double télévisuel qui veut prendre leur place. Mais Bedzeye,le bébé de la famille, sauvera la situation (je ne vous
dirai pas comment dans cette chronique).
M. Choinière signe ici son
premier texte destiné aux enfants, mais l'enfance n'est pas un thème étranger à
son oeuvre, pensons, entre autres, aux pièces Le bain des Raines et Le
soldat de bois. L'auteur sait créer des univers fort colorés. Ses
personnages, caricaturaux mais terriblement humains dans leurs failles,
touchent le spectateur. La mise en scène se veut vive, le corps prend beaucoup
de place, les mimiques et la gestuelle font rire petits et grands. Les
comédiens et comédiennes sont tout à fait remarquables, ils sont justes et
précis, ils nous font rire sans tomber dans la grossièreté et le cabotinage. On
se croirait revenu, par moment, sur le plateau de La ribouldingue.
Soulignons également
l'excellent travail des finissants et des finissantes en production (j'étais
très heureuse de constater que les filles semblent prendre plus de place dans
la production: éclairage, décor, costume, direction de la production, etc.) de
l'Option-Théâtre qui, avec peu de moyens mais beaucoup d'inventions,
parviennent à souligner cette atmosphère de bande dessinée et de série B de la
pièce; je pense à ce générique d'ouverture projeté sur les rideaux: une belle
trouvaille qui donne le ton.
Je trouve dommage cependant
que cette pièce ne rencontre pas son jeune public, car lors d'un spectacle de
finissants, la salle est remplie d'amis, de parents et de gens du milieu
théâtral, à peine une vingtaine d'enfants se distinguaient par leurs nombreux
rires clairs et joyeux. Il pourrait être intéressant d'ajouter quelques
représentations supplémentaires destinées aux enfants principalement, c'est une
suggestion pour l'avenir, car la collaboration entre l'Option-Théâtre du
collège Lionel-Groulx, la Maison Théâtre et le CEAD se poursuivra cette année.
Le lauréat du concours Le théâtre jeune public et la relève 2002-2003
est Sébastien Harrisson, il recevra une bourse d'écriture de 5000$ remise par
la fondation Marc Bourgie et la Maison Théâtre. Son texte sera présenté par les
finissants et finissantes 2002-2003 du collège Lionel-Groulx. À l'an prochain
donc!
Sylvie Rheault
Club Culture