Montréal , le 1 mars 2001

 

Fool for love: De Sam Shepard, traduction de Pierre Legris. Mise en scène de Guy Beausoleil. Distribution : Marie-Anne Alepin, Robert Lavoie, Dominic Leduc et Louis-Olivier Maufette. Du 2 au 20 avril 2002, à la salle Fred-Barry, à 19h30.

 

 

Dans un motel bon marché du Sud des Etats-Unis vit une jeune femme qui s’est enfuie de sa vie au Wyoming, où elle a laissé derrière elle un cow-boy avec qui elle vivait une relation plutôt complexe. Celui-ci, bien déterminé à la retrouver, a parcouru les 2480 milles qui les séparaient afin de la ramener avec lui. Elle luttera pour tenir tête et refuser la proposition de ce jeune homme, sachant que la passion qu’ils ont toujours vécue est dévastatrice. Seront témoins de cette confrontation un vieil homme se berçant en observant et en commentant l’action, tel un fantôme, et le nouvel ami de May qui vient la chercher et qui provoquera, bien malgré lui, la révélation de secrets au sujet de leur amour improbable.

 

Cette pièce est un huis clos dont les personnages jouent de ruse et de passion pour se reconquérir et se repousser à la fois. Un jeu qui est ici mis en scène de façon intense et très physique, ce qui sert bien le texte. On a donc droit à des performances fortes, extrêmes par moment, où chacun est crédible et demeure constamment aux aguets.

 

Par contre, on aurait peut-être pu utiliser davantage de nuances pour montrer les jeux de pouvoir et les tactiques existant comme rituel entre les deux amoureux. Le décor est partiellement efficace : la murale représentant le désert de cet environnement à la limite du Mexique est belle et significative, le mobilier incliné à l’intérieur du motel est très représentatif du déséquilibre de cet univers, mais des formes incongrues ici et là autour de la pièce n’ont pas une utilisation et une raison d’être évidentes. Le spectacle en lui-même est particulièrement intéressant par le fait qu’il met en scène de jeunes comédiens et concepteurs récemment issus de l’École de Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe et du Collège Lionel-Groulx, nous faisant ainsi connaître de nouveaux talents dont il faudra continuer de suivre les carrières prometteuses.

 

 

 

Pascale Canicchio

Club Culture