

etiEn. :
Texte : Sarto Gendron.
Mise en scène de Michel Bérubé
Présentation du Théâtre Bluff.
Distribution : Chantal Baril, Mario
Borges, Joachim Tanguay, Pierre Monet-Bach.
Du 22 au 27
octobre, à la Maison Théâtre.
Étienne Villeneuve, un jeune de 21 ans, est devenu, sans qu’on ne s’en aperçoive autour de lui, un redoutable génie de l’informatique. Un jour il disparaît et, du fond de sa cachette, il tente de se faire le justicier de toutes ces manœuvres douteuses que font les gens puissants pour arriver à leurs fins. Il fait donc disparaître ou modifie des informations par Internet, mettant dans l’embarras bien des compagnies et des fraudeurs, le tout sans qu’on ne puisse le localiser. Sa mère est même pourchassée par la GRC, qui est face à une énigme et leur demande de les aider à la résoudre.
La scénographie est bien pensée et présente trois espaces sur une même scène : au centre, la chambre d’Étienne, genre de laboratoire informatique situé au fond de nulle part, à gauche les 2 sièges de la voiture de sa mère qui se transforment aussi en divan dans son salon, à droite le bureau de l’inspecteur de la GRC qui est aux trousses d’Étienne.
Ce dernier, jeune homme de 21 ans, est interprété par Joachim Tanguay. Son jeu est intéressant et touche les ados présents dans la salle car il montre bien la fougue et la révolte de ce jeune rebelle, mais on peut aussi parfois y voir poindre un peu de doute et de vulnérabilité.
Chantal Baril et Mario Borges sont aussi très bons : elle, en mère bien de son temps, qui court sans cesse, partagée entre ses angoisses de mère et celles d’une vie professionnelle trop envahissante, lui, baveux et stressé à souhait en enquêteur livrant une course contre la montre dans cette enquête qui piétine. Sans être très nuancée ni explicite sur les motifs de tout ce branle-bas de combat, à part l’inévitable rébellion du personnage central, cette pièce aborde tout de même des sujets intéressants : le manque d’écoute et de temps accordé par les parents occupés à leurs enfants, notre société de productivité et de règne de la puissance et de l’argent acquis à n’importe quel prix, notre dépendance à l’Internet et aux moyens de communications.
Par contre, même si le sujet et le traitement conviennent bien aux ados et semblent les garder attentifs du début à la fin, on peut se questionner sur le texte comprenant plusieurs sacres et un langage plutôt grossier. Peut-être ce choix est-il fait conséquemment à ce qu’on peut voir et entendre à la télévision et dans la vie de tous les jours. Mais, je ne suis pas convaincue que d’emboîter le pas à cette pratique sur scène dans une pièce pour les jeunes soit une bonne idée. Il me semble que le message passerait tout aussi bien avec un vocabulaire un peu plus soigné, sans être « pointu » pour autant.
Malgré ce bémol, cette production est efficace et menée rondement par une équipe qui prouve qu’elle est chevronnée, le Théâtre Bluff oeuvrant dans le théâtre jeune public (s’adressant particulièrement aux adolescents) depuis 1990.
Pascale Canicchio
Club Culture