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AU MOMENT DE SA DISPARITION

(Pour les 15 ans et plus)

 

Maison Théâtre

Texte de Jean-Frédéric Messier

Mise en scène :  Benoît Vermeulen

Musique originale :  Sylvain Scott

Scénographie, costumes et maquettes :  Raymond Marius Boucher

 

Spectacle à saveur urbaine et très actuel !

 

Dave a un frère plus âgé que lui, J.-F., jeune homme qui se fait remarquer partout où il passe.  Ou plutôt, « passait ».  En effet, dix ans auparavant, J.-F. le tourmenté, celui qui cherchait un sens à sa vie, n’ayant pas peur de tenter de trouver des réponses en ébranlant au passage les convictions des autres, a disparu dans le désert de l’Arizona.  Il était parti traverser les Etats-Unis avec pour seuls compagnons Soyal, sa dynamique amie, instigatrice du voyage, et une caméra vidéo.

 

C’est d’ailleurs à l’aide des cassettes qu’il aura reçues tout au long du voyage que Dave tente de refaire le trajet de celui qui aura toujours pour lui, fait figure de génie, constamment sur le point de céder à la folie.

 

En approchant Jean-François Messier pour l’écriture, les trois co-directeurs du Théâtre Le Clou, Monique Gosselin, Sylvain Scott et Benoît Vermeulen, décidaient du coup d’opter pour un spectacle non conventionnel.  Effectivement, son approche, même dans le cas d’un spectacle s’adressant aux ados, comme ici, pour les quinze ans et plus, est « punchée », sans détour et multidisciplinaire.

 

Avec cette façon de faire, on a vraiment l’impression que les jeunes ne peuvent que se sentir concernés, les projections vidéo et le langage à la fois très usuel et quotidien, abolissant toute distance et donnant un ton plus « télé », dans le sens positif du terme.  C’est qu'à prime abord, des sujets tels que les maladies mentales et l’amour entre frères, pourraient sembler rébarbatifs pour certains.  Mais, le traitement qu’on leur a réservé est tout sauf lourd.  D’une manière absolument divertissante et dynamique, la mise en scène multiplie les clins d’œil et les trouvailles, et l’interprétation typée en plus d’être tonique des comédiens, ne fait qu’ajouter à la fraîcheur de l’ensemble.

 

Même les adultes entrent dans le jeu et s’amusent, tout en étant aussi touchés par certains passages un peu plus troublants.  Le tout sans jamais tomber dans le mélo.  Un très beau spectacle, dont on sort la tête remplie de « flashs » efficaces et de répliques bien envoyées.

 

Longue vie à cette pièce, qui n’a sûrement pas fini de tourner dans les écoles du Québec.

 

Pascale Canicchio

Club-Culture