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La pièce collective "Coeur léger coeur lourd" fait penser à un bel oeuf de Pâques. La coquille est magnifiquement décorée mais l'intérieur est vide. Tout est là mais rien n'est approfondi, rien n'est véritablement exploré. Le théâtre est ici réduit à un spectacle parfois joyeux, parfois plus sérieux, mais qu'on ne peut résumer à la fin. On peut seulement souligner quelques répliques humoristiques, les mouvements de scène et surtout, surtout les musiciens. Sans la voix de Lou Babin, le spectacle perdrait son enjolivure la plus gracieuse.
Mais cette pièce ne nous dit malheureusement rien de plus que les mots qui sont prononcés. Elle prend la forme d'une petite rencontre autour d'une table où l'on parle de tout mais surtout de rien. Et c'est dommage. Avec un peu plus de profondeur, le texte n'aurait pas perdu de son humour et le talent des comédiennes n'en serait pas amoindri. Cela aurait permis plutôt à la pièce de s'élever au-dessus du divertissement d'un soir que l'on oublie le lendemain. En effet, comment peut-on retenir ce que l'on ne peut résumer ?
Car on dirait que le texte a perdu son âme, sa raison d'être. Partant de l'incident de Polytechnique et de la violence dans le monde, le texte aurait dû insister beaucoup plus sur le phénomène. Dans la première version "Atmavictu", il était exprimé plus clairement. Aujourd'hui, c'est à peine si l'on mentionne l'événement. Il passe inaperçu et se fond dans le flot de paroles de la pièce.
Les thèmes dominants, par contre, ne sont pas explorés à fond par les auteures. Ils sont survolés dans chacun des tableaux, créant ainsi une confusion quant à leur signification.
"Coeur léger coeur lourd" possède donc un contenu assez diversifié bien que peu creusé. Par contre, c'est un spectacle léger, drôle, bien agencé et dont l'accompagnement musical est exquis. C'est, par conséquent, une très bonne occasion pour se divertir, entre femmes, autour d'un verre, à La Licorne.
Anna Manikowska
Club-Culture
