
Crime et Châtiment
d’après
le roman de Fiodor Dostoïevskitraduit et adapté par Igor Ovadis et Serge Mandeville
avec Catherine Allard, Marc Béland, Stéphane Brulotte,
Violette Chauveau, Geneviève Cocke, Maxim Gaudette,
Marie-Christine Lalande, Serge Mandeville,
Igor Ovadis, Stéfan Perreault
scénographie de Jean Bard
costumes de Valentina Komolova
éclairages de Michael Brunet
musique et bande sonore de Helmut Lipsky
au Théâtre Denise-Pelletier
du 27 janvier au 19 février 2000
Les grands romans de la littérature classique semblent avoir la cote du milieu théâtral actuellement ici au Québec. On a qu’à penser au Don Quichotte du TNM, à L’Odyssée qui s’en vient au même théâtre et à ce Crime et Châtiment de l’Absoluthéâtre qui nous avait donné L’Histoire des Atrides sous la direction de Jean-Pierre Ronfard.
Cette production est sous la direction de Igor Ovadis, russe d’origine et professeur au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Il s’est adjoint le comédien Serge Mandeville comme co-adaptateur et qui joue également dans le spectacle.
Crime et Châtiment
L’action se déroule à Saint-Pétersbourg au cours de l’été 1860. Raskolnikoff, un étudiant en droit qui, faute d’argent, a abandonné ses études. Il assassine à coups de hache une vieille usurière détestable et l’innocente sœur de celle-ci. Ce double meurtre le plonge dans l’angoisse la plus profonde. Obsédé par l’idée qu’on découvre son crime, il est aussi tenaillé par un aveu qu’il n’arrive pas à sortir.
Durant trois heures de spectacle, on suit le cheminement de ce jeune homme à travers ses diverses rencontres avec sa mère, sa sœur, policier, fonctionnaire et son amoureuse. Le double intérêt de cette intrigue, c’est qu’elle est menée comme une enquête policière et qu’elle est centrée sur la vie intérieure, troublée et troublante, de Raskolnikoff et sur le rapport qu’il entretient avec les autres et la société.
Et la pièce ?
Décevante. Même si les comédiens sont très bons, même si le décor (très beau) rappelle le quartier réel où a vécu Dostoïevski, même si la musique et la sonorisation sont excellentes, le spectacle ne lève pas. Il est trop long. Il aurait pu être amputé d’un bon 30 à 45 minutes à mon avis.
La mise en scène et la direction d’acteur de Ovadis nous distancient des personnages, de ce qu’ils vivent et incarnent, et du réalisme de la scénographie et des costumes. Il en résulte un effet de froideur et de non empathie de la part du spectateur qui ne se sent pas partie prenante du drame qui se vit sur scène.
Je suis sorti du spectacle extrêmement las et déçu profondément. La pièce ne rend vraiment pas justice à l’œuvre première, ce si beau roman que je vous conseille de lire absolument si ce n’est pas déjà fait.
D’un point de vue historique et pédagogique, la pièce demeure valable, grâce aussi au magnifique programme, Les Cahiers du Théâtre Denise-Pelletier qui nous apprend plein de choses sur l’auteur et la Russie du 19e siècle. Mais trois heures, malgré l’entracte, c’est bien long.
Michel Paul Beaudry
Club Culture
