

Les trois mousquetaires :
D’Alexandre Dumas. Adaptation de Pierre-Yves Lemieux. Mise en scène de Fernand
Rainville. Avec Carl Béchard, Suzanne Bolduc, Gary Boudreault, Louis
Champagne, Normand D’Amour, Anne-Marie Desbiens, Maxim Gaudette, Dominique
Leduc, Raymond Legault, Joël Marin, Louis-David Morasse, Jean Petitclerc,
Myriam Poirier, Manon St-Jules, Marc
St-Martin et Robert Vézina
L’histoire est connue : D’Artagnan est un jeune Gascon qui quitte sa région pour s’établir à Paris, dans le but de devenir mousquetaire. Il se joindra à trois autres mousquetaires dans leurs croisades, entre autre, pour lutter contre les procédés douteux du Cardinal Richelieu. Ils aideront donc la Reine à sortir des menaces et machinations de ce redoutable personnage, qui rêve de reprendre une totale emprise sur le Roi, en tentant de piéger la Reine pour être en mesure de révéler au Roi que celle-ci a un amant.
Tout d’abord, chapeau à Maxim Gaudette : sa présence en scène est longue et ne faiblit jamais, tout comme son accent de Gascogne, qui est d’une justesse remarquable du début à la fin. Tout le reste de la distribution est aussi excellent, dont Gary Boudreault et Joël Marin, dont les aptitudes comiques ont été très bien exploitées dans leurs personnages respectifs de mari naïf et cocu, et l’autre interprétant un roi Louis XIII tout à fait déconnecté. Mais, tous apportent une touche colorée à leurs personnages, pour une représentation vivante et enthousiaste. Seul bémol : les costumes dont plusieurs semblent issus d’époques et de contextes différents et qui souvent ne servent pas beaucoup le propos, esthétiquement parlant. La scénographie est très fonctionnelle et a une touche résolument contemporaine, avec ses éléments qui s’assemblent et se transforment de différentes façons. La mise en scène de Fernand Rainville est pleine de fraîcheur. Elle donne un souffle nouveau et une belle énergie à ce qui pourrait pourtant facilement nous sembler une histoire cent fois remâchée. L’adaptation de Pierre-Yves Lemieux y est sûrement pour quelque chose, lui qui a su donner un ton actuel, mais tout à fait fidèle à l’original, à ce classique. Il a su en garder l’essentiel, même si le roman est une œuvre très imposante, et en a fait une pièce d’environ trois heures. Malgré cette durée assez longue, jamais on ne s’ennuie et on est toujours à l’affût des rebondissements que nous réserve cette version. Très beau travail donc, qui justifie amplement la pertinence de s’attaquer à un tel monument, qui, de plus, saura à coup sûr plaire au public étudiant qui vient toujours en grand nombre visiter ce beau théâtre.
Pascale Canicchio
Club Culture