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Bousille et les justes

De: Gratien Gélinas
Mise en scène: Fernand Rainville.
Avec: Denis Bouchard, Janine Sutto, Gildor Roy, Anne-Marie Desbiens,
Yves Bélanger, Dominique Leduc, Patrick Olafson-Hénault,
Renée Cossette et Jean-Bernard Hébert.
À la Nouvelle Compagnie Théâtrale.

Le clan des Grenon composé de la mère (Janine Sutto), du fils aîné Henri (Gildor Roy) et son épouse Noëlla (Dominique Leduc), de la fille Aurore (Anne-Marie Desbiens) et son mari Phil (Yves Bélanger), arrive à Montréal. Et pour les accompagner, il y a Bousille (Denis Bouchard), de son vrai nom Blaise Belzile, un cousin éloigné. Celui-ci devra témoigner comme seul témoin de l'événement qui les amène tous dans la grand métropole: Aimé, le cadet de la famille Grenon, est accusé de meurtre. Il y aura donc procès et, afin que l'honneur de la famille soit sauf, Bousille devra dire ce qu'il faut. Le problème, c'est qu'à la dernière minute, celui-ci révèle aux autres des paroles prononcées par l'accusé au moment de frapper mortellement sa victime. Et ces paroles sont très incriminantes. Alors, Henri et Phil prendront tous les moyens pour le dissuader d'en parler lors de son apparition à la cour. Bousille, même s'il est un simple d'esprit, a des principes et est très religieux. Il sera donc pris entre son obsession de dire la vérité et sa crainte des représailles dont la famille l'a menacé. Ce dilemme le poussera à poser des gestes inattendus.

C'est de façon très justifiée que l'on qualifie souvent cette pièce comme étant la meilleure de Gratien Gélinas. Une bonne preuve de son efficacité est qu'elle nous rejoint encore aujourd'hui malgré le fait que l'action se déroule en 1959, dans un Québec très enchaîné dans les réglements religieux stricts. Mais le drame que vit le personnage principal, ce déchirement entre deux choix et sa condition de bonne nature dont on abuse, nous touchent. D'abord parce que toute la distribution, dont Denis Bouchard, dans le rôle titre, joue très juste. Et aussi parce que le texte est d'une extrême précision. On y perçoit très bien, malgré tout l'humour présent, la cruauté qui peut exister dans les relations familiales. Le rythme imposé par l'écriture et la mise en scène ne laisse aucune place aux temps morts et, même si on s'amuse beaucoup, on en sort aussi émus. Un de nos grands classiques québécois à voir, ou à revoir.

Pascale Canicchio
pour Club Culture