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KAREN YOUNG
Les disques URSH
Distribution SELECT
URCD 2005
Planète /
La couleur du vent / Quelle
amoureuse / Voici le vent / La tempête / l’été / Les oies / Un passant / Vers le couchant / La
paix de ce jardin
Nous avons eu le plaisir de découvrir plusieurs
facettes de la talentueuse Karen Young – jazz, ballades, chants du monde,
contemporain, blues, country et j’en passe.
Aujourd’hui elle nous invite dans un univers
thématique d’exploration. Toutes les
pièces ont la signature Karen Young en collaboration avec Marie-Hélène
Monpetit, Francine Hamelin, Hélène Monette, Michel X. Côté et Gilles Vigneault
lequel a participé à 5 compositions.
Textes poétiques sur des musiques aux couleurs
multiples, Karen Young nous invite à voyager avec le vent. Le vent d’hiver, la brise estivale, le jour
et le temps, au soleil couchant…..
Et derrière ces mots, une spiritualité douce et
calme.
Elle s’est entourée de très bons
musiciens : Norman Lachapelle,
Frank Lozano, Sylvain Provost, Jim Hillman, Jean Derome, Bill Mahar, Jennifer
Bell, Jocelyn Veilleux, Kelsey Grant.
Une belle fusion Jazz – impressionnisme et
poésie québécoise.
Une approche très contemporaine –
Planète :
clarinette et piano. Diatonique et chromatique. L’effort est louable et la brèche musicale
explore des avenues nouvelles.
La couleur du vent : plus jazzée, la voix y est intégrée comme un
autre instrument…..structure musicale plus serrée. Elle me fait penser à Chick Corea…(Très aérien).
Amoureuse : une trompette lassive, douce et sensuelle. En réponse, un saxophone gracieux et
habile. La voix de Karen Young souligne
la ligne mélodique sans forcer, toujours en harmonie. Elle possède une technique enviable et une texture fluide qu’elle
a développée tout au long des années.
Voici le vent : proche de « Planète » - contemporaine, vivante, des
moments de dissonnaces et des contrastes frappants.
La Tempête : une construction peu orthodoxe mais intéressante par
l’expansivité qu’elle suggère.
L’Été :
un peu Satien, des couleurs harmoniques inspirées, des rénescences de
grands compositeurs Russes…..Encore une fois, une légèreté.
Les oies : emphase sur la modulation, la fluidité, la délicatesse et
l’envol. Une musique coulante et
lyrique. Parfois, elle murmure…
Le passant : une trompette dans la nuit – Miles Davis – atmosphère
mystérieuse.
Vers le couchant : quand on pense au crépuscule, on pense à la
tranquilité, le silence, la paix. Le
soleil embrase le ciel et disparaît, laissant la nuit pénétrer…
Nous avons une musique inspirante, plus
mélodique et invitante – une flûte traversière planante….
Cette musique qui nous apparaît non amicale,
donne à chaque pièce sa propre identité avec une signature sonore et
structurelle, propre à Karen. Ses
albums sont des aventures collectives auxquelles se greffent des artistes
intéressés à trouver différentes façons – interactions – de fusionner tous les
éléments.
Un travail inventif !
À remarquer, peu de jeux de batteries ou
percussions. Les instruments à vent
prédominent.
Karen Young ne se gargarise pas du « tout
fait » ou du « déjà vu ».
À mon avis, elle fait beaucoup pour faire évoluer en même temps la voix,
la chanson et le genre musical. Elle
fait se rencontrer des musiciens, des paroliers poètes, des compositeurs et les
convient à des expériences nouvelles.
Un beau travail !
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