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MIRACLES OF NOTRE-DAME

The Harp Consort

Andrew Lawrence-King

 

 

Harmonia Mundi

HMU 907317

 

AMOURS:  Cui donrai je mes amours /  Amours qui bien set enchanter /  Hui matin a l’ajournee

MA VIELE :  Douce dame /  Ma viele /  Efforcier m’estuet ma voiz

CHANCONETES :  Cui donrai je mes amours /  Quant ces flouretes florir voi /  Puisque voi la fleur novele /  D’une amour quoie et serie /  Conductus – De la sainte Leocade /  Talenz m’est pris orendroit /  Pour Dieu

CONDUCTUS :  Conductus – Hyer matin a l’enjornee /  Motet – Benedicamus Domino /  Je pour yver

ROYNE CELESTRE :  Amours dont sui espris /  Royne celestre /  Conductus – S’amours dont sui espris /  Entendez tuit ensemble.

 

Poèmes mariaux de Gautier de Coincy (1177 – 1236) adaptés à des airs populaires médiévaux – Hommage à la Vierge Marie.

Dans ces œuvres, l’ecclésiastique français Gautier de Coincy a marié la noble élégance de la poésie des trouvères à la robuste simplicité des danses paysannes.  Avec ses dix chanteurs et un instrumentatium où les vièles médiévales côtoient les cornemuses, « The Harp Consort/, dirigé par Andrew Lawrence-King, réussit une nouvelle fois la parfaite synthèse entre expertise musicologique et improvisations inspirées.

 

À l’époque médiévale, le religieux et le profane ainsi que la littérature et la musique sont intimement liés.  D’ailleurs, les thèmes poétiques les plus prisés ont traversé le temps, les tendances et les styles.

Les œuvres choisies parlent de la supériorité du mariage mystique des épouses du Christ – les religieuses – en comparaison avec l’union terrestre entre un homme et une femme.

Inspiration du folklore comme par exemple le malheur d’une jeune femme mariée à un homme beaucoup plus âgé, peut-être riche mais impotent.

Le chant profane à travers des textes douloureux – lamentations.

Femme idéalisée, amours courtois, métaphores bibliques, conventionnelles ou inventées.

Une description de l’époque à travers le langage féodal.

Gautier introduit « le conduit » - des airs clairs au rythme précis qui se prêtait à un traitement polyphonique.

Les compositeurs médiévaux mêlaient avec bonheur le sacré et le profane, une mélodie déjà existante, le latin et le vernaculaire.

Ici, nous pouvons admirer une certaine liberté dans le motet où une troisième voix, sans texte, est chantée sur les syllabes de latine.  Habileté, subtilité et enveloppée de symboles et de mysticisme.

 

Ces enregistrements puisent dans l’œuvre de Gautier – Grand Prieur Claustral – à l’Abbaye-Coincy (Le Manuscrit de Soissons) retracé et ses œuvres compilées 200 ans après sa mort, oublié puis retrouvé 200 ans plus tard…Nous sommes alors au 17e siècle…..Ce manuscrit original et précieux est une source inépuisable de trouvailles.  Le seul qui soit de large format où il faut souligner la qualité calligraphique exceptionnelle, des enluminures de grade qualité et la fiabilité de la transcription.

Inspiration des trouvères (mot provençal –trobador et le francien – trovere).

 

Grand spécialiste de la musique ancienne, chef d’orchestre et continuiste polyvalent, Andrew Lawrence-King demeure l’un de ses principaux représentants.  Il possède une discographie exceptionnelle.

 

La pureté des voix, le son angélique et la clareté riguoureuse sont autant de qualificatifs essentiels pour ce genre musical et c’est exactement ce à quoi nous convie « The Harp Consort ».  Un héritage musical qui nous plonge dans une musique à la fois délicate, sensible aux modulations et aux phrasés complexes où la ligne mélodique est d’une intense beauté.  Les textures vocales méritent toute notre admiration.  Enregistrés dans une abbaye médiévale, les chants de Gautier ont l’empreinte du religieux, du grandiose, de l’invisible.  Il y a une certaine réverbération et une amplitude propre à ces lieux qui se répercutent dans la sonorité.  Par exemple, dans « Ja pour yver » on y retrouve des voix en symbiose.  Le céleste nous semble palpable. 

L’interprétation conjure magnifiquement la noblesse et le divin.  Le chœur y injecte une touche tantôt solennelle, tanôt dansante accompagnée d’un échantiollonnage somptueux d’instruments anciens. 

 

« Entendez tuit sensemble » - une pièce aux voix irisées, se fondent à la couleur sonore des instruments anciens.  Une finale somptueuse !

 

On peut également se surprendre à entendre une construction musicale-harmonique, étrangement proche de la musique contemporaine et ce, à plusieurs égards.  Une expérience fascinante, une musique lumineuse à découvrir.

Huit siècles se sont écoulés et cette musique est toujours aussi gracieuse, toujours aussi hypnotisante.  Andrew Lawrence-King  fait revivre l’époque médiévale, l’époque des troubadours et de l’amour courtois, de la poésie galante en hommage au divin.

 

Un CD exaltant !

 

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Bonne écoute !

Francine Charrette

Club-Culture