

Retour à la liste
Daniel
Bélanger
Durée
totale du combat : 40 minutes 58
secondes
Audiogram
ADCD
10137
Un
concept électrisant sur l’atmosphère d’un combat de boxe en musique et en
paroles. Dix rondes – dix thèmes
musicaux.
Une
œuvre poétique – un mélange rock, électrique, effets sonores, rap, incrustée de
références musicales classiques. Un
magnifique collage musicalement visuel !
Il y a
la comédie musicale, l’opéra, le ballet et maintenant, il y a l’œuvre
thématique originale musico-théâtrale à laquelle nous convie Daniel
Bélanger. Une œuvre
« explorative » aux effluves de voyage initiatique - audacieuse, une
mixture étrange, parfois troublante mais solide.
Repiquage
humoristique de mesures rythmiques et harmoniques de chansonnettes provenant
des années 60-70-80. Des mots
percutants comme des coups de poing, une description brutale, outrageusement
vorace d’images, aux limites de l’insoutenable mais tellement véridiques. Pour envelopper tout ça, tous les
instruments sont mis à contribution.
Nous avons la forte impression que la création musicale se doit d’être
en symbiose avec les textes qu’ils accompagnent. Il ne pourrait en être autrement car la musique devient la foule,
l’arène, les boxeurs. Évocations
sonores servant de pellicule pour traduire toutes les émotions d’un combat de
boxe, d’une aventure à la fois visuelle et musicale. Je dis visuelle parce que l’écoute provoque inévitablement une
visualisation intentionnelle d’images d’un combat. Daniel Bélanger agit comme « Homme orchestre », un chef
animateur, un raconteur. Puis, je me
suis sentie transportée dans un monde extravagant, pareil à un spectacle du
« Cirque du Soleil ». Il
réinvente l’aventure musicale en se servant d’un thème, d’un événement, d’une
atmosphère – une histoire.
Daniel
Bélanger est un artiste, un créateur unique.
À la deuxième écoute, j’y ai retrouvé un amalgame intelligent et
efficace : un peu de « Lucien
Francoeur » poète rocker, de la folie colorée et incisive d’une mêlée à un
héritage musical dans lequel nous avons, pour la majorité d’entre nous
évolués. Sans oublier la poésie
musicale très contemporaine possédant un lyrisme réel doublé d’un souffle
métallique et d’un aspect virtuel qui pourrait servir facilement de trame
sonore pour un ballet à « Lalala »…..C’est très difficile de décrire
ce CD. En l’écoutant, des images
surgissent et la composition musicale devient sans contredit le cœur de tout ce
projet.
J’ai eu
également l’impression que Daniel Bélanger s’est complètement éclaté dans les
textes. Les mots s’inscrivent dans le
temps, l’espace et le rythme, du début à la fin. On sent une progression constante jusqu’à l’ultime et doucement,
l’angoisse et la folie se dissipent. La
fin s’annonce, douce et vaporeuse.
Un
combat de boxe aux contrastes d’une violence investie de symboles faisant
référence à toutes nos contradictions individuelles, sociales, économiques et
politiques.
Toutes
les musiques s’enchaînent, s’enroulent, se distancient, se rapprochent, se
confrontent, s’unissent pour nous plonger dans l’univers complètement fou de la
boxe où deux êtres humains se battent et s’éclatent pour le plaisir des
spectateurs. Les uns le qualifient de
sport noble et ultime puisant ses racines dans l’antiquité greco-romaine…..les
autres crieront à l’imposture, à la démagogie, à la décadence…..pour une
question de gros sous.
Tout ce
que peut comporter un combat en terme d’essoufflements, des corps à corps, des
visages tuméfiés, des pas de danse de l’un et de l’autre qui se jaugent et
s’étudient pour soudain découvrir des faiblesses qui serviront de points
d’attaque. Et, assis sur un tabouret
entre les rondes, chacun des combattants s’épie pendant qu’une cohorte de gens
épongent le corps, désinfectent les plaies ouvertes au visage, essuient le sang
coagulé, rafraîchi le corps et lui murmurent aux oreilles des conseils pour
enfin écraser l’adversaire à n’importe quel prix.
« Des
parieurs auront eu tort partout des lâches se défoulent partout s’agitent des
fous partout des hommes déboulent forts au-dessous mais faibles en dessous. »
Nous
arrivons au dixième ronde, essoufflés, repus.
Pour la fin, Daniel Bélanger nous offre une douceur, un dessert suave en
compagnie d’une musique de Claude Léveillée.
On se balance entre la réalité et le rêve : « Pas de dixième ronde j’ai gagné, je
suis content, les poules pourront pondre maintenant des poules avec des dents
avant qu’on ne me revoie dans l’arène, à feu et à sang manger du cuir, recevoir
le poids de la hargne d’un belligérant oublier….. »
Personnellement,
j’ai adoré cette expérience nouvelle.
Elle a stimulé mes sens autant qu’un bon film. J’amène avec moi les images provoquées par les textes et la
musique de Daniel Bélanger. Ils
m’accompagneront encore quelques heures !
« Déflaboxe »,
une expérience qui mènera où ? À partir
de ce CD, quel sera le prochain projet de Daniel Bélanger ? J’attends avec impatience !
À
découvrir !
Francine
Charette Club-Culutre