Retour à la liste

LA ROUTE SACRÉE

LA ROUTE SACRÉE

 

Presse de la Cité

Auteur :  Michael Blake

Traduction de Danièle Darneau

403 pages

ISBN :  2-258-06082-6

Prix :  24,95$

Genre :  roman

 

L’auteur de « Danse avec les Loups » adapté au cinéma en 1990.

« La Route Sacrée » - la suite.

 

Onze ans se sont écoulés depuis que le lieutenant John Dunbar, devenu le guerrier comanche Danse Avec Les Loups, a épousé Celle Qui se Dresse Avec Un Poing Fermé, une Blanche qui a grandi au sein de la communauté indienne.  Avec leurs trois enfants, ils coulent des jours paisibles dans le village de Dix Ours.

 

Mais une certaine angoisse flotte dans l’air :  des récits concordants font état d’affrontements violents avec les soldats blancs qui veulent parquer les Comanches dans des réserves.  La construction d’une voie ferrée, la route sacrée de l’homme blanc, n’est sans doute pas étrangère à cette opération….

L’inquiétude se transforme en horreur lorsqu’une bande de rangers fond sur le village, massacrant la moitié de ses habitants et enlevant Celle Qui Se Dresse Avec Un Poing Fermé et sa petite fille.  Danse Avec Les Loups décide alors de mener la guerre à l’envahisseur…

 

Raconté avec la même intelligence et le même souffle de « Danse Avec Les Loups », « La Route Sacrée » fait l’éloge de la culture Comanche, de ses guerriers valeureux, du sens de l’honneur dont ils font preuve, du lien étroit qui les unis, du sens de la famille, de la droiture, des règles sociétales complexes régnant dans la communauté, du rôle et de la place importante que chaque individu occupe au sein du clan, etc….Une culture riche, saine et respectueuse de la vie.  Rien n’est parfait - il y a également des problèmes, des malheurs et des transgressions aux règlements établis mais rien qui ne puisse se résoudre par le groupe des aînés et le Grand Chef Dix Ours.

 

Leur survie dépend des grands espaces et du bison, lesquels sont dissimés par une bande de « rangers » sanguinaires et sans scrupules, à la solde de l’armée et des fermiers….

Ne nous surprenons pas de voir l’envers de la médaille, le point de vue des Comanches sur la colonisation farouche du territoire par les Blancs qui s’approprient les terres les plus productives, les plans d’eau et les forêts au détriment des peuples autochtones.

Absence d’humanité, de compréhension et du respect le plus élémentaire, les Blancs étendent leurs tantacules rapidement, repoussant les Comanches et leurs alliés dans un cul de sac :  sans territoire, sans nourriture, sans eau.  Leur action est dévastatrice.  C’est la désolation; ils n’ont plus d’autre choix que de se soumettre aux lois intransigeantes des envahisseurs – des lois qui font fi de leurs coutumes, leur langue, leur croyance, leur façon de vivre etc….

 

Et, comme si ce n’était pas assez, les Blancs plus nombreux et armés jusqu’aux dents, écrasent leur dignité, les soumettant aux pires sévices, .  Ils font faire le sal travail par les « rangers » - des attaques de villages entiers :  meurtres, viols et tortures d’hommes, de femmes et d’enfants – plus ils tuent et plus ils sont payés.

Mais, les Grands Chefs et les sorciers veillent sur leur enfants…ils entrevoient l’anéantissement d’un mode de vie, de leur liberté.

Pour les amadouer, le Président des Etats-Unis les invitent à Washington pour négocier la paix.

L’opinion qu’ils se font des « Sauvages » est malheureusement peu reluisante, pour ne pas dire injuste.  Les hommes politiques et les généraux les sous-estiment et ce faisant, pensant leur« jeter la poudre aux yeux » :  voyage en train, traitement d’honneur accordé à des dignitaires, démonstration de la toute puissance blanche, les Grands Chefs des grandes nations accompagnés de quelques guerriers font le voyage, pensant pouvoir négocier d’égal à égal mais hélas, ils ne rencontrent que dédain, ignorance, mensonge et mercantilisme.

Un récit fictif mais combien réaliste, quand on connaît un tant soit peu l’histoire.

 

Redécouvrez les personnages du premier roman qui nous ont fait rire et pleurer.  La ligne déterminant les bons des mauvais, la franchise de la trahison est toujours aussi mince - beaucoup de zones grises.  Mais le résultat, c’est qu’en 2003, plusieurs grandes Nations autochtones qui peuplaient le territoire aujourd’hui les Etats-Unis d’Amérique ont été éradiquées par la succession de massacres ininterrompus et avec elles, des langues et des cultures dont il ne reste que quelques vestiges dans les musées…….

 

Quel plaisir de relire Michael Blake !

 

Pour vous procurer ce titre, cliquez ici.

 

Bonne lecture !

Francine Charrette

Club-Culture