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DU BOUT DES DOIGTS LE BOUT DU MONDE

DU BOUT DES DOIGTS LE BOUT DU MONDE

(À partir de 8 ans)

 

Collection DOMINIQUE ET COMPAGNIE

Roman vert

Texte :  Nathalie Loignon

Illustrations :  Sophie Casson

80 pages

ISBN :  2-89512-220-2

 

Prix :  8,95$

 

Résumé

Même si c’est elle qui choisit les destinations, Maïa ne peut suivre son père dans ses aventures à travers la planète.  Parce que Maïa est aveugle.  Elle vit bien son handicap, car elle a su développer tous ses autres sens et surtout son grand cœur qui accompagne son père et aide sa mère à tenir en attendant son retour.  Mais quand son dixième anniversaire menace de virer au fiasco, Maïa a le cœur lourd.  Si seulement Papa était là pour la consoler…..

 

 

Un texte révélateur sur l’univers des non-voyants.  La petite Maïa réalise qu’il y a de bons côtés à vivre dans un monde sans lumière :  par exemple, elle développe le toucher, l’ouïe, l’odorat, le goût.  On porte beaucoup plus d’attention aux détails.  On a pas peur du noir, quand on mange et on ferme les yeux on goûte mieux les aliments, etc…

 

Les gens ne savent pas tout ce qu’elle peut voir dans sa tête.  Sa tristesse c’est de voir partir son papa tout le temps….Elle doit faire des efforts pour comprendre et accepter ses choix.  Ce serait égoïste d’exiger qu’il choisisse une autre profession pour l’avoir toujours à ses côtés et en plus, il serait triste…..En autant que son père et sa mère soient là quand elle en a besoin.

 

Il y a son Géant-papa, le grand-père de Maïa et le père de Léo (son papa).  Ils ne s’entendent pas tous les deux.  Léo est photographe et voyage autour du monde.  Géant-papa lui, ne comprend pas.  Il est triste pour sa petite-fille qui ne voit pas et son univers tourne autour de l’argent.  Ils sont si différents !

Le grand-père ne fait que parler de piscine creusée, de grosse voiture, de grosse maison….Quand elle se sent seule, Maïa s’ennuie avec ce Géant-papa qui lui parle tout le temps d’argent.  Une chance qu’elle a des amis et sa mère qui lui raconte plein d’histoires.

 

Avec le texte de Nathalie Loignon, nous voyageons autour du monde sur une globe terrestre, nous apprivoisons le handicap de Maïa, nous découvrons tout un univers qui nous est inconnu, celui de la noirceur continue….parce que nous avons des préjugés sur les handicapés physiques.  Un sujet délicat, fragile mais elle l’aborde avec tant d’assurance, sans préjugé, qu’elle nous fait sourire par moments.

 

Le bonheur de Maïa occupe beaucoup plus d’espace que tous les inconvénients.  Elle écarte avec doigté et humour les désagréments.  Loin de fermer les yeux sur la réalité désagréable de tous les jours, elle évite la dimension rapetissante ou réductrice du handicap de Maïa.  C’est le point de vue de cette petite fille qu’elle utilise.  Elle écrit ce qu’elle voit, ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent….Ce faisant, Nathalie Loignon donne au lecteur, une notion , une image, une conception rafraîchissante et très positive pour comprendre comment une chose ou un ensemble de choses sont à inventer ou à créer par l’imagination.  Même ceux qui ont des yeux ne réussissent pas à le faire !

 

La sensibilité de Maïa porte à réflexion….Elle peut expliquer les couleurs en associant odeur, toucher….elle peut expliquer les images qu’elle a dans sa tête…Mais, elle ne comprend pas tout le temps les comportements de ses amis.

 

Un texte sensible, délicat, rempli de gaieté, de vivacité d’esprit.  Elle ne cherche pas à persuader, elle passe par les yeux de Maïa, c’est-à-dire, son imaginaire.

 

Nathalie Loignon

À 26 ans à peine, Nathalie Loignon fait une rentrée remarquée dans la littérature jeunesse avec « Christophe au grand cœur », son premier roman qui lui a permis de décrocher le prix littéraire Henriette Major.  Elle révolutionne l’écriture pour enfants en n’hésitant pas à aborder des sujets délicats ou pénibles.  Après avoir exploré le thème de la mort expliquée aux enfants, elle s’aventure sur le terrain des handicaps physiques.  Un exercice qui requiert beaucoup de doigté et d’humour pour ne pas déraper.

 

À lire !

 

Bonne lecture !

Francine Charrette

Club-Culture