GACETTE des femmes

GAZETTE  DES FEMMES

Nov. – Dec. 2004

Vol.26, no3

 

Pages 5 à 9

Mot de Diane Lavallée

L’application de la charia en Ontario ?  Est-ce possible ?  Le débat entourant le tribunal islamique en Ontario nous amène à réfléchir sur les limites du négociable face à l’expression de la diversité religieuse.

Nous ne sommes pas à l’abri d’une telle situation.  Ici, derrière les portes closes, les lois islamiques prévalent parfois sur nos propres lois, ou, du moins, dictent leur conduite aux Québécoises musulmanes.

 

Nouvelles :  Leçons et biberons – en 2002, 10,1 % des étudiantes (6,2% des étudiants) élevaient un enfant en fréquentant le secondaire professionnel, le cégep ou l’université.  Il faut aider ces jeunes mamans en quête d’un diplôme.

Le répertoire « Women in the Lead/Femmes en tête » en est à sa deuxième édition et présente le curriculum vitae de 467 Canadiennes dont 90 Québécoises, prêtes à remplir cette fonction.  Les meilleurs talents féminins au pays.

 

Des fusions ont du bon :  14 rues du nom de femmes qui ont marqué l’histoire.  Trois-Rivières rebaptise ses rues.


Égalité des sexes au sport ?  Loin du but.

Seulement 3 % de l’espace est dévolu aux femmes. « L’égalité par l’activité sportive » - De quoi faire décoller du sofa toutes celles qui se promettent de devenir plus actives, soit 76 % des Canadiennes.

 

La Chine, aujourd’hui, veut des filles…..La société chinoise est confrontée à plusieurs problèmes démographique, dont le vieillissement d’une population nombreuse qui n’a pas de régime de pension.  L’énorme problème de la prostitution, les enlèvements de femmes et le trafic d’enfants….

 

Pages 10 à 18

Recherches et déprime

Entre 16 et 19 ans, être une fille prédisposerait à la souffrance psychologique, 1 adolescent sur 8 serait aussi victime de dépression à cet âge.  Un grand nombre de ces cas ne sont ni diagnostiqués ni traités, ce qui accroît donc largement le risque de récidive.  La détresse est liée à la grossesse précoce, l’usage de drogues ou du tabac, les difficultés scolaires etc…

 

Dans plus de 55 pays dans le monde, depuis 1990, des mineures ont été recrutées comme « soldates ».  Dans plus de 27 pays, elles sont incorporées de force et enlevées.

Dans un livre, deux chercheuses américaines, Susan McKay et Dyan Mazurana, dévoilent l’enfer que vivent ces jeunes combattantes après plusieurs années de recherches..comme esclaves sexuelles, ou petites mains, elles sont des soldates qui ont souvent combattu, posé et subi des gestes d’une violence inouïe.

En bref, en 2002-2003, les filles ont reçu seulement 34 % des bourses de sport accordées par les universités canadiennes alors qu’elles représentaient 46 % des athlètes.  En 2003, des statistiques démontrent l’augmentation surprenante de femmes dans les sports de motos.

 

Enquête spéciale

« La Charia au Canada », une menace pour les musulmanes ?  Au nom du multiculturalisme et de la liberté religieuse, le Canada pourrait devenir le premier pays occidental à entériner officiellement l’instauration de tribunaux islamiques sur son territoire.  Une éventualité qui met le feu aux poudres.  Ici, au Québec, des musulmanes crient haut et fort « Non à la charia ».  Elles ont émigré au Canada pour ne plus être soumises à cette putain de loi islamique complètement archaïque, disent-elles.

« Les juifs ont leurs tribunaux d’arbitrage rabbiniques depuis longtemps.  Au nom de quoi n’aurions-nous pas les nôtres » affirme l’avocat torontois Syed Mumtaz Ali, président de la Société canadienne des musulmans et leader du mouvement pour la mise en place de tribunaux islamiques.

Selon Homa Harjomand, « L’esprit de la loi musulmane est clair :  la charia place les femmes sous tutelle ».

« Ne soyons pas dupes, avertit Hamid Bashani, avocat torontois d’origine pakistanaise opposé aux éventuels tribunaux :  Cette affaire dépasse la question légale ou religieuse :  elle s’inscrit dans un mouvement mondial d’affirmation politique.  Pour les fondamentalistes, l’islam est un code auquel tous les aspects de la vie doivent être assujettis.  C’est une attaque frontale à la démocratie laïque. »

La loi du silence plane au-dessus des tribunaux religieux.  Il est extrêmement difficile de savoir quelle ligne de conduite prédomine, quel genre de « décisions » sont rendues.  Les traces écrites sont rarissimes.  Pas d’appel, pas de problème ?  FAUX  Pouvons-nous croire qu’une musulmane pratiquante irait jusqu’à oser vouloir casser le jugement d’un imam ?  Plusieurs en doutent sérieusement !

 

Pages 20 à 31

Reportage :  Pourqoi tant d’avortements ?

Explication en cinq temps pour expliquer qu’au Québec, on n’arrive pas à faire fléchir le nombre d’avortements.

Plusieurs médecins spécialistes à l’Institut national de santé publique du Québec et à la Direction régionale de santé publique de la Capitale nationale n’acceptent pas cette affirmation.  Selon le Dr Jean Guimond, « Il ne faut pas chercher à diminuer le nombre d’avortements, mais à réduire les grossesses non désirées. »

No.1 – l’avenir professionnel est une priorité, surtout si on y investit argent, énergie, et nombre d’années d’études. Plus les femmes retardent leur grossesse, plus le taux d’avortement augmente. »

No.2 – Les ratés de la contraception, même s’ils sont utilisés correctement.  L’avortement est un symptôme d’une mauvaise prévention.

No.3 – Mea culpa médical.  La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada qu’ils ne parviennent pas aux besoins des Canadiennes en matière de contraception, ou encore que des approches différentes sont requises.

No.4 – « Comment on fait les bébés ? »  Une particularité dans le système d’éducation.  Une approche inexistante, même tabou.  Le thème de l’éducation sexuelle, l’approche de la contraception, est quasi évacuée des cours.

No.5 – Une question de mentalité.

Études comparatives, le modèle hollandais, des livres, ce qui se passe dans d’autres pays.  Au Québec, même si les parents sont beaucoup plus permissifs que leurs voisins américains, ils demeurent inconfortables avec le thème de la sexualité.

 

Des écoles pour les filles du Nil

En Égypte, l’Unicef a lancé une expérience novatrice permettant à des filles et à des garçons qui n’ont pas accès à l’éducation publique d’apprendre ensemble dans des écoles alternatives.  Là-bas, même diplômé d’une université, un jeune homme n’est pas pour autant plus ouvert…. :  Une femme instruite ne peut que créer des problèmes et poser trop de questions. »   Voilà la réalité de ces pays aux traditions férocement encrées.

Ces écoles sont très populaires et portent fruits.

Un changement radical avec les traditions en vigueur dans plusieurs régions rurales s’est opéré depuis 2000.  Ces jeunes filles s’attirent le respect de leur mère.

 

Pages 32 à 35

Suggestions de bouquins à lire  - arts

« La Souris Bleue » de Kate Atkinson, « Étonnez-moi, mais pas trop ! » Dominique Lavallée, « La guerre n’a pas un visage de femme » de Svetlana Alexievitch, « Lire Lolita à Théran » Récit de Azar Nafisi.

Expositions, théatre, danse – À voir.

 

Bonne lecture !

Francine Charrette

Pour Club-Culture

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