ENTREVUE AVEC

Entrevue avec

 

NICK HUARD – Mig’maq

« Capteurs de rêves » - PASSION – CRÉATION – MÉMOIRE ANCESTRALE –

 

Croire ou ne pas croire en leurs pouvoirs ?

Néanmoins, les capteurs de rêves suscitent l’intérêt et le mystère :  sculpture, beauté, appartenance, symboles, croyances, sorcellerie – médecine……chacun est unique.

 

L’univers des rêves passionne la majeure partie d’entre nous.  « Yung » y a dédié sa vie – une théorie et un institut de renommée internationale.

Depuis la nuit des temps, les rêves nous ont toujours fascinés.  Les pharaons avaient leurs spécialistes interprètes.  Encore aujourd’hui, le « rêve » demeure une énigme !

Mais, pour Nick Huard, bons ou mauvais, les rêves possèdent des pouvoirs.  La tradition veut que « Les Capteurs de Rêves » soient uniques à chacun. 

Voici un entretien avec l’artiste, l’homme et le Mi’gmaq.

 

Question :

Vous auriez pu choisir une autre forme d’art – qu’est-ce qui est si unique et qui vous rejoint en créant les « capteurs de rêves » qu’une autre forme d’art ne réussit pas à satisfaire ?

Prioritairement, c’est la spiritualité qu’il y a à l’intérieur de l’objet.  Le rôle premier – l’essence – du capteur de rêve, c’est d’attraper tous les rêves, les bons comme les mauvais et de les filtrer.  Par les plumes (don de l’oiseau et du créateur), les bons rêves passent au dormeur et les mauvais rêves sont emprisonnés dans les nœuds et les fils– la toile d’araignée – et quand le soleil se lève, les mauvais rêves sont détruits.

Et, pourquoi le capteur de rêves fonctionne ?  C’est qu’il rappelle à chacun de nous de poursuivre le rêve que le Créateur a mis dans notre cœur.  Ceux qui achètent un capteur de rêve pour gagner à la loterie ne fonctionne pas…..Non, non, non…..la cupidité n’a pas sa place.  Le capteur de rêves ce n’est pas pour s’approprier des biens matériels ou des richesses…..




 

Quand quelqu’un achète un capteur de rêves….est-ce pour une période déterminée ?  Ex :  99ans ou il lui appartient pour toujours ?

 

Traditionnellement, on offrait un capteur de rêves à quelqu’un et non pas le contraire.  Au tout début, on le confectionnait aux nouveaux-nés pour le protéger contre les maladies, les enfants avaient leur amulette.  C’est devenu différent avec les époques – les capteurs de rêves ont leur histoire.

Les matériaux de base sont toujours les mêmes, ils sont naturels – uniquement –, pré-colombiens (premiers contact), on ne tue pas des animaux pour s’approprier la corne, la peau ou toute autre partie du corps…..Pour les capteurs de rêves, ce ne sont que les découvertes d’objets, d’ossements, de plumes, de perles, etc….qui servent à créer le capteur de rêves.  On se sert uniquement des éléments que le Créateur nous offrent et met à notre disposition.  On ne s’approprie pas en tuant.  Je me sers de bois pour les cerceaux, du frêne, la toile est en babiche coupée en colimaçon.  Et, pour les attributs, ce sont des éléments qui représentent la personne que j’insère.




 

Question :

Qui achète le capteur de rêve ?  Y a-t-il certaines normes, certaines règles de base   à respecter ?

 

Tout d’abord, il faut y croire.  Quelqu’un qui n’y croît pas, n’y gagne rien.  « Si on y croît pas, on a tout à perdre.  Si on y croît, on a tout à gagner. »

Normalement on offre un capteur de rêves on en achète pas.  Ceux qui achètent pour eux-mêmes, ce sont en général des collectionneurs, des ambassades, pour faire bonne figure ou pour toutes autres raisons personnelles.  Plusieurs viennent me voir pour un cadeau à un ami, à une épouse etc….Normalement, je passe quelques temps avec la personne pour la connaître, lui poser des questions sur ses origines, ses préférences, ses ambitions, sa personnalité, etc….pour lui faire un capteur de rêves qui répond à elle…..

Par contre, d’autres viennent me voir fondamentalement pour des questions médicinales.  Le capteur de rêves peut être très puissant…..il a des pouvoirs insoupçonnés.  Dernièrement, on m’a attribué le titre de « Medecine Man » à cause de ça….

À mon atelier, beaucoup de gens viennent tout simplement pour être dans l’atelier en silence, parmi les capteurs de rêves.  Ils sont là pour se ressourcer, pour se laisser envahir par les pouvoirs des capteurs de rêves….

Moi, pendant ce temps, je continue à travailler.

 

Question :

À votre connaissance, y a-t-il d’autres personnes qui font des capteurs de rêves ?

 

Réponse :…rires….

Oui.  Mais ils utilisent du plastique, du métal, ils confectionnent des semblants de capteurs de rêves pour fournir des boutiques de souvenirs….des plumes de couleurs roses, bleues, etc….Ils n’ont rien à voir à l’authentique, au vrai, à ce pourquoi ils sont créés….

Pour moi, les matériaux sont très limités.  Je n’utilise que ce que le Créateur met sur mon chemin.  Par exemple :  aux Etats-Unis, une dame a offert un capteur de rêves à Hillary Clinton.  Malheureusement pour elle, il y avait une plume d’un oiseau (aigle) protégé par des lois….On a donc saisi pour plusieurs centaines de milliers de dollars d’équipement, on a mis cette personne en prison.



 

Question :

De plus en plus l’art autochtone sous toutes ses formes prend de la valeur $ et intéresse une foule de gens mais ça ne va pas plus loin.  L’intérêt s’arrête là, aux dollars.  Un paradoxe.  Pourquoi cette course et cet intérêt toujours grandissant pour les artistes et pourquoi tout le reste demeure derrière des portes closes ?

 

Réponse :

C’est la cupidité, et c’est principalement à cause des valeurs.  Pour moi, pour nous, la Terre et l’eau sont plus importants, même essentiels parce que je peux en vivre.  J’en ai besoin. 

Vois-tu, je suis resté sur Décarie (Montréal) en appartement pour quelques années, entouré de béton et de voitures.  Un jour, je n’ai plus eu d’argent pour manger.  J’ai du aller trapper un raton laveur sur le Mont Royal.  Même si j’ai fait bouillir la viande pendant deux bonnes heures, j’ai été malade.

Une seule chose à faire :  partir, aller dans ma cathédrale – la nature sauvage – pour pouvoir créer, pour me nourrir, pour respirer, pour retrouver la paix.  La majeure partie de ma vie je l’ai passée à essayer de prouver aux « Blancs » que je valais la peine, que je pouvais être aussi bon, sinon meilleur qu’eux….Je me suis aperçu que j’avais perdu tout mon temps, un temps précieux pour rien…..

 

J’ai fait le saut.  Je dirais que c’est lors de la « Crise d’Oka ».  Cet événement m’a réveillé, il m’a permis de renaître.  Avant…..Je suis allé au Vietnam parce qu’il n’y avait pas un « Blanc » qui voulait y aller et se faire tirer…..(J’étais téméraire et je voulais prouver ma bravoure à tout le monde).

Quand il y avait des expéditions dangereuses dans le Grand Nord à moins 50 degrés, j’y étais.  Je ne savais même pas qui j’étais, je ne me connaissais pas.  J’avais aucune idée de mes rêves, de ma nature profonde.  Personne ne m’a laissé le temps ou m’a aidé à me connaître.  Comme je n’étais pas un « Blanc », je n’avais pas d’aspiration à quoi que ce soit, j’étais un « No One », je n’avais pas de place nulle part…..Ca, ça vous marque pour la vie !

 

Question :

Toutes ces expériences ont certainement laissées des traces – frustration, rage, violence, angoisses, découragement etc…

Comment arriver à surmonter tous les obstacles sans y laisser son âme ?

 

Réponse :

Il y a eu des moments difficiles j’avoue.  Mais, avec les années, l’expérience et la prise de conscience, j’ai appris à me connaître, à découvrir les vraies valeurs, à reprendre contact avec les éléments, la nature, mes traditions etc….Maintenant, je crée, je fais des conférences, j’enseigne et j’espère pouvoir rejoindre le plus de gens possible et les informer sur ce que nous sommes.  Les « Blancs » ne savent absolument rien de nous autres.  Ils ne connaissent pas notre histoire, qui nous sommes, d’où nous venons, quelle langue on parle, nos valeurs, nos aspirations, etc….

On est différent. 

 

Question :

Créer, faire des capteurs de rêves a probablement été un « cocon » où vous avez cicatrisé vos blessures, vous avez grandi, mûri.  Vous voulez enseigner aux autres, perpétuer votre art….depuis quand ?

 

Réponse : (hésitation)

Tu vois, je suis tombé d’un troisième étage.  Mon bras droit était tellement en mauvais état qu’ils ont voulu m’amputer un bras.  J’ai dit non.  À ma huitième opération, à cause de trop fortes doses de morphine, je suis mort……Après quelques minutes, ils m’ont réanimé.  Je suis revenu à la vie….Pourquoi ?

Quand j’ai été mieux et que les médecins m’ont laissé partir, je suis allé chez des amis sur une réserve.  Ils m’ont aidé à me refaire une santé, ils m’ont aidé à savoir « qui j’étais ».  J’ai été dix-sept mois à l’hôpital, j’étais tellement découragé, rendu au bout du rouleau que j’ai essayé de me suicider mais j’étais si faible que je n’avais pas la force de le faire….

Mon frère par adoption mutuelle m’a fait un cadeau.  Il m’a présenté à Pat Nolan….Il a été un guide pour moi, une délivrance et il m’a aidé à me refaire une santé morale et physique.  J’étais sur la réserve avec ma femme – ma femme est blanche –






 

Question :

Par curiosité, est-ce que vous avez un capteur de rêve ?  Est-ce que c’est vous qui l’avez fait ?  En avez-vous reçu en cadeau ?

 

Réponse :

Oui j’en ai un.  Oui c’est moi qui me le suis fait.  Non, personne ne m’a offert un capteur de rêves.  La première fois que j’en ai vu un c’est à un Pow-Wow, un aîné en fabriquait.  Je l’ai regardé et j’ai eu un choc.  Malgré moi, je savais ce que c’était, je connaissais ses pouvoirs.  C’est comme si j’avais toujours su ce que c’était.  C’était en moi mais je ne le savais pas jusqu’à ce moment.  J’ai eu une vraie révélation.

Et puis, j’ai commencé à en faire…..et je n’ai jamais arrêté depuis ce temps.

 

Question :

Qu’est-ce que ça fait de savoir que vos pièces sont dans des musées ou dans des ambassades à travers le monde et qu’il y a des personnalités qui en possèdent ?

 

Réponse :

J’en suis fier, je suis fier de moi.  Quelque part, je suis devenu ambassadeur de mon peuple, de ma culture.  Je contribue à faire connaître qui nous sommes.

 

Question :

Dans toutes les créations de capteurs de rêves y en a-t-il un ou deux qui ont une signification plus grande que tous les autres ?  Si oui pourquoi ?

 

Réponse :

En fait, le capteur de rêves est particulier parce qu’il est unique.  Ceci dit, à chaque fois que je crée un capteur de rêves, j’apprends.  Dans la vie, c’est un moment privilégié.  Tellement que je perds la notion du temps et je vois mes mains comme si elles étaient détachées de mon corps.  Elles créent….

Ce sont les mains du Créateur, et l’inspiration passe à travers elles.







 

Question :

Est-ce que chaque animal est un symbole dans les cultures autochtones ?

 

Réponse :

Certainement.  Dans l’ouest c’est la grenouille, la baleine, la tortue……

Si je vais par exemple au Venezuela….je prends ce qu’il y a de disponible dans la nature.  Ma palette est limitée.  Je ne tiens pas à trafiquer, à changer ce que le Créateur a fait.  C’est essentiel, je le répète, que ce que je trouve lors de mes voyages ou de mes promenades soient là, dans la nature.

 

Question :

Le capteur de rêves a quelque chose de magique, de particulier, de spirituel.  Comment on aborde sa création ?

 

Réponse :

En premier lieu, quand je rentre dans mon atelier, je me purifie.  Chaque culture a son propre rituel et sa façon de se purifier.  Ma première offrande ce sont mes mains.

Je dis au Créateur de les utiliser, de faire ce qu’il veut de mes mains.  Dernièrement, j’ai fait un calumet.  Je n’avais jamais fait ça de ma vie.  Pendant que j’étais en train de faire le calumet je sentais que mes mains ne m’appartenaient plus.  C’était l’inspiration, le souffle, mon âme qui s’abandonnait à la création.

En fait, je laisse faire mes mains.

 

Question :

Est-ce dans le silence ou y a-t-il de la musique quelques fois en sourdine ?

 

Réponse :

Oui.  Il y a toujours une « toune » qui joue derrière….faut pas oublier que je suis preneur de son….j’aime le son.

Mais en premier, j’avais peur.  J’avais une peur inimaginable de voir mes mains créer, voir mes mains comme si elles étaient indépendantes de mon corps.  Je suis allé voir Pat pour lui faire part du sentiment étrange et de la peur que j’avais quand je m’éloignais de l’œuvre et que je voyais ce que j’avais fait….C’était un sérieux problème.

Il m’a répondu de laisser faire, que ce n’était pas grave, qu’il n’y avait aucun problème.  C’était seulement le Créateur qui passait à travers moi.  Il fallait accepter, laisser aller tout simplement. 

 

Question :

Aujourd’hui, est-ce que Nick Huard sent qu’il y a une évolution ?  Est-ce qu’il voit un nouveau passage ?  Y a-t-il d’autres rêves à l’horizon ?

 

Réponse :

Aujourd’hui, je vois un autre regard chez les non-indiens.  Il y a des yeux qui s’ouvrent.  Il y a quelque chose qui se passe.  Les valeurs changent.  Le dollars ne semble plus être le but ultime…pour plusieurs.  On sent que la nature, l’environnement, la qualité de l’air, de l’eau prend de l’importance.  Les gens, les jeunes en particulier, regardent, cherchent, exigent des réponses.  Nous sommes uniques, chacun est spécial.  Nous sommes tous des humains, différents mais chacun de nous avons le même droit : le droit à la vie, le droit à la liberté, à la différence, au bonheur…..

 

Question :

La présence inouïe et la force de l’Art, que ce soient des traditions manuelles ou des traditions orales etc…chez les peuples autochtones, elles sont tellement présentes.  Il y a beaucoup d’artistes.  Comment se fait-il ?

 

Réponse :

Vous autres « Blancs » avez construit villes, autoroutes, vous avez abattu des forêts, construit des usines qui crachent la pollution etc….. Nous autres, on part de la Nature.  On mange, on fabrique, on pêche, on chasse pour se nourrir, pour se vêtir, pour faire face aux intempéries, pour se loger etc…On utilise seulement ce qu’on a besoin.  Tout est naturel. 

Pour vous, c’est tout autre chose :  tout doit être disponible et en quantité.  Et cela, tout de suite et rapidement.  Les automobiles, les avions, les plastiques, les appareils électriques et électroniques, et nommez-en…..nous autres, si on a pas d’argent, on meurt en ville.  Tandis que dans la nature, on a tout….Nous sommes nés dans la nature et c’est tout ce dont nous avons besoin pour vivre.  L’argent pour nous n’a pas de valeur.  Elle en a pour vous.  Et comme les « Blancs » occupent notre territoire, s’approprient nos richesses et nos animaux pour la pêche et la chasse, nous n’avons pas le choix.  Pour « survivre », nous devons avoir de l’argent si nous ne voulons pas mourir de faim…..

 

En ce moment, une équipe dont je fais partie, prépare un documentaire sur l’architecture autochtone à travers l’Île de la Tortue (Amérique du Nord).  L’évolution, les premières constructions, ses fonctions, les symboles qui s’y rattachent etc….Nous n’en sommes qu’au début des recherches….C’est passionnant.  Ce sont des projets comme ceux-là qui m’habitent.  Il faut faire connaître aux non-indiens qui nous sommes……pour pouvoir se comprendre et s’accepter.




 

Question :

Si je dis « Boudhisme », à quoi cela vous fait penser ?

 

Réponse :

Continuité, la réincarnation.  On n’est pas fataliste, loin de là.  Pour nous, il y a beaucoup de place pour s’améliorer non pour être supérieur aux autres mais pour apporter plus aux autres, aider les autres. On vient au monde tout nu, avec rien et quand on meurt, c’est la même affaire.

 

Question :

Où est l’équilibre entre l’autochtone et l’Homme Blanc ?  Comment arriver à la paix, à l’acceptation de l’autre dans ses différences sans brimer l’un ou l’autre ?

 

Réponse :

C’est difficile, c’est comme la souris dans son sous-sol et le saumon dans son lac.  La souris ne veut pas que l’eau la submerge et la tue parce qu’elle ne peut pas vivre dans l’eau et le poisson ne peut pas respirer ou vivre hors de l’eau.  Par contre, chacun occupe son espace, chacun se respecte.

Il ne faut pas oublier que la Nature ne nous appartient pas.  L’Homme appartient et fait partie de la Nature.  Nous sommes les gardiens pour les générations qui viennent. 

Nous, notre vision est une vision d’avenir, une vision de la qualité de vie pour nos enfants et nos petits-enfants.  Vous autres, on dirait que c’est comme celui qui veut se faire élire :  j’ai quatre ans pour moi….pour faire ce que je veux…..

La vision est à très court terme.

Comme tu peux voir, nous sommes diamétralement opposés….C’est ça le problème.

 

Les valeurs ne sont pas compatibles…..

 

Question :

Un capteur de rêves est-ce possible d’en faire un pour plusieurs à la fois ?

 

Réponse :

Très difficile.  Par exemple un capteur de rêves « corporatif » je ne vois pas d’inconvénient.

Pour la Terre…..là je ne vois pas comment.  Je ne peux pas décider pour tous les gens de la Terre quels seraient les éléments essentiels qui se doivent de faire partie ou définiraient un seul Capteur de rêves…..Je n’ai pas le droit de décider pour quiconque.

Un rêve collectif…..

Le plus gros capteur de rêves serait à la Terre de le faire.  Laisser Dame Nature de le faire pour la Terre.

C’est un contrat, un immense contrat….C’est moi qui doit se prononcer pour mettre dans le capteur de rêves ce que les gens ont dans le cœur ?  Je n’ai pas le droit de supposer quoi que ce soit….Ce n’est pas à moi de décider….

Je ne vois pas comment je pourrais ou j’oserais prétendre faire un capteur de rêves pour la Terre toute entière.

Mon rêve n’est pas celui du voisin…..Imagine les milliards de rêves…..

Le Créateur nous a fait individuel….différent…..

 

Question :

Où peut-on vivre comme tu le dis ?

 

Réponse :

Dans la nature, hors des villes, de l’asphalte….pour moi c’est au Yukon.  Ici je meurs.  Il n’y a pas de nature…..Quand je regarde dans le ciel, il est vide…je ne vois pas d’étoiles.  Je vois des avions. Je respire de l’air vicié…..La nature m’est vitale pour créer, pour vivre en paix.

 

Question :

Qu’est-ce qu’on veut savoir de quelqu’un pour lui faire un capteur de rêves ?

 

Réponse :

On va jaser, je m’arrange pour que la personne me parle, me livre ses secrets, me parle de ses rêves, de sa vie, de sa mémoire……

J’ai besoin de savoir à quel clan la personne appartient.

J’ai besoin de savoir quel est son animal……

Par exemple, j’appartiens au clan de l’Ours.  C’est pourquoi je fais ce que je fais, que j’ai des dons de guérisseurs. 

 

Il y aurait tellement d’autres sujets à aborder, nous n’avons fait qu’effleurer l’histoire des Premières Nations, de leur place, de leurs voyages dans le temps et l’espace.  Je vous remercie de cette conversation.

Je vous remercie de nous avoir éclairé sur ce qu’est un « Capteur de rêves » et de découvrir l’artiste que vous êtes.

 

 

Francine Charrette

Club-Culture