
Distributeur: REMSTAR
Réalisateur : Etienne Chatiliez (Le Bonheur est dans le pré)
Scénario : Laurent Chouchan, Étienne Chatiliez
Photo : Philippe Welt
Musique : Pascal Andreacchio
Distribution : Sabine Azéma (Edith), André Dussollier (Paul),
Éric Berger (Tanguy), Hélène Duc (la grand-mère), Aurore Clément (Carole).
Genre : satire / comédie
Durée : 1h48
Tanguy est enfant unique. À l’âge de 28 ans, ce jeune homme charmant mais indécis, bardé de diplômes, ne semble pas pressé du tout de quitter le cocon familial. Pourtant, Édith et Paul, ses parents, aimeraient bien le voir vider les lieux….
Pour
ce faire, ils vont inventer mille stratagèmes destinés à dégoûter leur
progéniture.
Après
« La vie est un long fleuve tranquille, « Tatie Danielle » et
« Le bonheur est dans
le pré – en 1995, Étienne
Chatiliez nous présente une juteuse comédie satirique sur un des problèmes
de notre époque : celui
d’enfants-adultes qui ne veulent pas quitter le nid familial…..
Fin
observateur de fissures sociales de notre époque, Étienne Chatiliez choisit un
fait divers, le décortique à la loupe, le triture à sa manière et en fait un
film hilarant, enrobé de sensibilité et doté d’une touche tout à fait
réaliste. Réalisme oui, mais sa façon
de décrire exagérément les situations frôle la dérision et c’est précisément ce
qui fait de « Tanguy » un film amusant.
Quand
elle accouche de son bébé, Edith le regarde et lui dit ceci : « Tanguy, mon petit, tu peux rester
pour toujours si tu le désire. »
Elle ne croyait pas si bien dire !
Transition
Tanguy
a maintenant 28 ans et il habite chez ses parents. Il arrive à n’importe quelle heure, balance ses affaires dans les
quatre coins de la maison, dépose son linge sale pour qu’on le lave et le
repasse, il a ses propres appartements, il ramène des filles à la maison – ses
parents ne les comptent plus – il ne se fait pas à manger, utilise la voiture
de sa mère et de son père quand il le désire……
Une
vraie vie de « pacha ».
S’appuyant sur l’importance de ses études, Tanguy s’est enraciné chez
ses parents au point de fuir toutes responsabilités…..
Petit
à petit, sa présence et ses petites habitudes deviennent insupportables mais ni
Edith, ni Paul ne peuvent y faire face et lui parler franchement. Un jour, alors qu’Édith est sur le bord
d’une crise de nerfs épouvantable, Paul décide que c’en est trop !
Il
faut que Tanguy débarrasse le plancher et vite. Alors, ils inventeront une série de manœuvres pour extraire
Tanguy du foyer une fois pour toute….Mais, ils sont loin de connaître leur fils
!
Sabine
Azéma est belle, naturelle et drôle avec ses tics nerveux et ses crises de
nerfs. Irrésistible, André Dussollier
prend son rôle très au sérieux. Son
sang froid se transforme rapidement en une hystérie communicative. Comme dans tous les films de Chatiliez, la
thématique prend des formes inouies, ses personnages divaguent doucement mais
sûrement, les dialogues sont à la fois doux et tranchants et la pression monte
jusqu’à son paroxysme.
« Tanguy » c’est une affaire de cœur, d’amour-haine, de petits
détails mis bout à bout. Une histoire
où les personnages se voient enlisés dans leur propre piège. Comme toujours, Chatiliez nous réserve une
surprise : une situation anodine
prendra des proportions insoupçonnées.
Souplesse,
légèreté, anecdotes, la confrontation parents/enfants prend des proportions
insoutenables.
Bravo
! Un divertissement garantie !
Un
film à voir absolument !
Francine
Charrette
Club-Culture