
Film
québécois
Distribution : Alliance Atlantis Vivafilm
Réalisation : Jean-François Pouliot
Scénario : Ken Scott
Distribution : Bruno Blanchet, Raymond Bouchard, David
Boutin, Benoît Brière, Pierre Collin, Clémence Desrochers, Rita Lafontaine,
Lucie Laurie
Genre : comédie romantique
Duréa : 1h50 approx
À Sainte-Marie-La-Mauderne, un petit
village portuaire, les habitants, autrefois de fiers pêcheurs, sont maintenant
contraints à vivre aux crochets des allocations gouvernementales. Pour
satisfaire aux exigences d'une usine qui viendrait s'implanter dans leur
minuscule village portuaire, les 150 habitants doivent tout faire pour
convaincre un jeune médecin de venir s'établir chez eux. C'est le début de la
grande séduction.
Comment faire pour attirer un médecin
dans une petite île perdue ? Seulement
150 habitants ? Rien d’autre à faire
que d’aller pêcher pour essayer de survivre ?
Que la seule possibilité de trouver du bon travail et une sécurité est,
la grande ville ?
Comment regagner sa fierté quand on a
que le chèque du gouvernement une fois par mois pour rencontrer toutes les
dépenses ?
À Sainte-Marie-La-Mauderne on y a
pensé.
Le maire du village quitte en catimini
avec sa famille durant la nuit…..Il veut un avenir assuré. On lui a offert un poste à l’intérieur de la
SQ (Sûreté du Québec).
Un soir de patrouille, il force un
automobiliste à s’arrêter pour vitesse excessive. C’est un jeune médecin. Il
doit montrer son permis de conduire. Ce
faisant, dans sa nervosité, il laisse échapper une petite enveloppe de
« poudre blanche » - de la cocaïne –
Chantage ? Oui mais nullement ce que vous pensez…..Car, le policier en
service est justement l’ex maire du petit village portuaire.
Pendant ce temps, au village, Germain,
Yvan et les autres se préparent pour recevoir le jeune médecin pour une période
d’un mois….qui sait, peut-être sera-t-il séduit par la beauté des lieux, la
générosité, l’écoute, la sympathie et la sincérité des gens ?
Pourquoi
toutes les familles quittent une à une cet endroit de rêve ? La réponse est simple : pas de médecin et pas de job.
Cependant
il y a un espoir à l’horizon : une
usine s’intéresse à Sainte-Marie-La-Mauderne.
Politique
oblige et intérêts personnels obligent….Germain, qui a pris les choses en main
doit trouver 50 000$ de…disons….bonus incitatif. En des termes plus clairs – un pôt de vin pour la personne
responsable de la signature du contrat d’implantation de la petite usine…à
condition qu’il y ait un médecin sur place.
Un
scénario absolument charmant, crédible, d’une délicatesse et d’une naïveté
touchante. Ici, pas de « slap
stick » à l’américaine. Les
personnages de Ken Scott sont :
les vieux « chums » d’enfance et leur femme, le jeune
« wiz » d’Internet qui reluque la fille du gérant de la
« mini-caisse » du village, le seul restaurant-bar tenu par des gens
du coin et les quelques familles encore enracinées avec leur marmaille. Même
l’église n’a plus de prêtre…elle sert d’endroit de rassemblement s’il y a des
décisions importantes à prendre…. Tout
le monde se connaît et tous deviennent complices du projet de Germain.
À
l’image de tous les petits villages portuaires du Québec, les traditions sont
vivantes et la fierté de ses habitants s’est effritée au profit des villes et
d’une méga économie à profits. À travers ce grand désespoir, il y a des gens
déterminés à se battre pour leur coin de pays, pour leurs traditions et pour
leur fierté. C’est ainsi que Germain et
sa bande de joyeux lurons mettent sur pied un plan judicieux pour attirer le
« poisson » : le plan de la « grande séduction »
auprès du jeune médecin dans le but de lui faire signer un contrat de cinq ans
et du coup assurer la venue d’une petite usine. Ils ont un mois, un petit mois pour faire signer Christopher.
Vous en
dire davantage serait un péché ! Tout
est dans la manière d’approcher le problème, tout est dans l’œil brillant du
responsable de la photographie, tout est dans la candeur des principaux
personnages. Vraiment, une prouesse des
plus agréable!
La performance
des comédiens est également à souligner.
Comme spectateur, nous ressentons une complicité et un plaisir réel.
Les
situations sont cocasses, juste ce qu’il faut pour ne pas tomber dans
l’exagération ou une grosse farce. Le
scénario est génial : un mélange
ingénieux de satire, de vérité, de symboles, de poésie. Tout cela autour de la pureté des
sentiments.
L’introduction
et la scène finale ont une signature proche de celle du
« conte ». Une voix
« off » raconte le rêve d’un jeune garçon : un souvenir magique au temps où les hommes
du village sortaient un à un avec leurs habits cirés et leurs bottes de pêche
avec un fanal à la « queue-leu-leu » sous la pluie. Il fait encore nuit. Les hommes partent sur les bateaux. La pêche c’était leur vie !
Puis, ce
même garçon a vieilli. Aujourd’hui, il
a dans la quarantaine. C’est à son tour
de se lever mais pas pour aller pêcher…..Aujourd’hui, les hommes sortent, les
mains dans les poches, le visage rivé sur le bout de leurs souliers. Ils se dirigent au comptoir postal pour
recevoir leur chèque de BS.
Je vous
invite à découvrir « La grande séduction », une comédie sans
« déjà vu ». Un plaisir
assuré que vous n’êtes pas prêts d’oublier.
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture