
(The
Last Samourai)
Réalisateur : Edward Zwick
Musique
originale : Hans Zimmer
Distribution : Bill Connolly (Sgt. Zebulah Grant), Tom
Cruise (Nathan Algren), Tony Goldwyn (Col. Benjamin Bagly), Taka (Koyuki),
Timothy Spall (, Ken Watanabe (Katsumoto), Nobutada (Shin Koyamada), Magojiro
(Aoi Minata)
Scénario: John Logan, Edward Zwick et Marshall Herskovitz
Genre: Aventure / fiction / historique
Durée : 150 minutes approx
En 1876, un vétéran de la guerre de Sécession, alcoolique et hanté par ses propres démons, part au Japon entraîner les soldats du jeune Empereur soucieux d’ouvrir son pays aux traditions et au commerce occidentaux et dans le but d'éradiquer la résistance de l’ancienne caste guerrière des samouraïs . Lors d’un affrontement, il sera capturé et initié à leur culture. Fasciné par leur culture de l’honneur et leur perception de la mort, il devra choisir son camp.
Photographie superbe, reconstitution méticuleuse de l’époque : costumes, maquillages, architecture.
La chorégraphie des combats est somptueuse et élégante.
Écrit avec beaucoup de sensibilité, le scénario est intelligent. Tom Cruise et tout spécialement Ken Watanabe sont convaincants. Les combats ne sont aucunement basés sur le traditionnel gagnant ou perdant. Dans la tradition japonaise, les samouraïs ne craignent pas la mort, surtout lors de combats pour défendre leur honneur, leur conviction profonde ou leur droit. Cependant, la fin « eau de rose holywoodienne » laisse un goût amer. Tous les efforts techniques - la recherche d’atmosphères dans des décors exotiques pour refléter la simplicité, la beauté et le raffinement de cette culture - sont malheureusement ternis par le dénouement qui n’a rien à voir avec ce qui précède – un bâclage en règle décevant.
Nous retrouvons un Tom Cruise agile, mature, un peu plus silencieux et plus expressif que dans ses rôles précédents. Par contre, il est inégal - sa passion et sa dynamique manque de conviction. Quant à ses capacités à manier le sabre comme les samouraïs il n’y a aucun doute, il est doué !
C’est à Ken Watanabe que revient le haut du pavé de la performance : le magnétisme, l’intensité et la grâce l’habite tout au long du film.
Il y a bien sûr, une idylle silencieuse entre Nathan et Taka…..Il fallait bien s’y attendre. La magie survient surtout dans les silences, les confrontations en vis-à-vis, le voyage photographique et les combats. Quelques fois aussi quand nous entendons le récit de Nathan en voix hors-champ.
La beauté repose sur l’approche philosophique historique des samouraïs à travers leur vie, le quotidien, leurs traditions, leur croyance, leur discipline légendaire. Nous sommes imprégnés de leur histoire millénaire, de leur vie spirituelle et contemplative dans le maniement des armes. Le samouraï est un art qui exige l’équilibre parfait entre le corps et l’esprit et une concentration totale du moment présent de l’être dans un espace donné…..Nathan apprendra à maîtriser ses démons, à contrôler son énergie et la mettre à profit pour devenir un membre respecté chez les samouraïs.
Quand Zwick sort de ce tableau en y ajoutant des épices à l’américaine, nous ressentons inévitablement une brisure. Il n’en demeure pas moins que ce récit épique est une fresque magnifique, dans un pays et une culture méconnue.
Un film à voir sur grand écran pour les images, les décors, les combats, les maquillages, les costumes. Le tout bercé par une musique originale de Zimmer.
Bon film !
Francine Charrette
Club-Culture