
coproduction franco-espagnole 1997
durée : 97 minutes
Synopsis
Autrefois, on appelait cela un lieu de perdition : une boîte de nuit dans une petite ville de province. Pas très loin de la gare, avec des " hôtesses " et des numéros de strip-tease. C'est là qu'un soir, un groupe de copains en goguette, tous commerçants dans la même rue, viennent faire la java. Parmi eux, Jean-Marie (Charles Berling) et son épouse Nicole (Miou-Miou). Quinze ans d'amour et de fidélité dans un pressing du centre ville. Une vie consacrée à éliminer les moindres taches. Jamais de vacances, jamais de sorties.
Et puis, soudainement, tout bascule. Sur la scène de LA NUIT DES TEMPS, un jeune homme (Stanislas Merhar), pour le moins troublant, fait un numéro de travesti avec sa soeur (Mathilde Seigner). Il s'appelle Loïc, il a une gueule d'ange et joue à l'occasion les entraîneuses...
Alors commence pour Nicole et Jean-Marie une nouvelle vie entre nettoyage de jour et dérapages de nuit. Au début, ils se laissent prendre au jeu, pour le plaisir des sensations fortes, pour le frisson. Et puis, avec le temps, des sentiments plus profonds s'installent. Des sentiments inconcevables ! C'est la catastrophe.
Un film étonnant et fort avec des interprètes renversants
Anne Fontaine, la réalisatrice en est à son troisième film. Elle avait obtenu en 1993, le Prix Jean-Vigo au Festival de Cannes pour son premier long métrage, LES HISTOIRES D'AMOUR FINISSENT TOUJOURS MAL EN GÉNÉRAL. Son talent est certain. Elle nous raconte ici une histoire d'amour extrêmement touchante qui vire au drame. Miou-Miou, Charles Berling et Stanislas Merhar sont criants de vérité dans leur trio infernal.
Miou-Miou qui a travaillé avec les plus grands réalisateurs français, dit avoir été séduite par ce rôle grâce à l'amour et le soin que Anne Fontaine a prodigués à ses interprètes. Stanislas Merhar expérimente pour la première fois dans ce film, le jeu devant la caméra et le jeu tout court. Venu d'un autre milieu, il s'est très bien adapté et intégré à l'intrigue. Anne Fontaine y est pour beaucoup dans sa direction et sa mise en confiance du néophyte. Il a déclaré : " J'ai peut-être un don de mimétisme. Si j'avais joué avec des " tartes ", j'aurais sans doute été très mauvais ". Mimétisme ou pas, il est vrai, il est naturel. Il est le diable en personne.
Je n'ai que des commentaires élogieux par rapport à ce film, photographié divinement par Caroline Champetier, mis en scène majestueusement par Anne Fontaine qui a su concocter avec Gilles Taurand et Claude Arnaud un scénario original et puissant dans lequel les atmosphères et les situations nous happent avec bonheur et délectations.
Une très belle production, vraiment !
Michel Paul Beaudry
Pour Club Culture