
(version
française)
Réalisation : Émile Gaudreault
Scénario: Émile Gaudreault & Steve Galluccio
Distribution: Ginette Reno (Maria Barberini), Sophie Lorain (Pina Lunetti),
Paul Sorvino (Gino Barberini), Luke Kirby (Angelo Barberini), Peter Miller
(Nino Paventi), Mary Walsh (Lina Paventi), Claudia Ferri (Anna Barberini),
Pierrette Robitaille (Rosetta), Dino Tavarone (Georgio).
Genre : comédie légère
Durée :
L’histoire
se passe dans la « Petite Italie », quartier pétillant de la
métropole. Tous des Italiens qui
habitent Montréal, mais qui pourraient aussi bien vivre dans n’importe quelle
autre grande ville occidentale.
Fin de
vingtaine, Angelo est un agent de voyage rêvant de devenir scénariste pour la
télévision. Nino, dans la trentaine est
un policier très respecté. Anna, sœur
aînée d’Angelo, est enseignante célibataire.
En plus d’habiter chez ses parents, elle a une faiblesse pour les
pilules, les scéances chez les « psy » et tout ce qui est dramatique.
Lina,
mère de Nino est veuve, exigeante et contrôlante, surtout quand il s’agit de
son fils unique.
L’univers
de Maria et de Gino bascule lorsque leur fils décide de partir en
appartement. Leur inquiétude disparaît
lorsque Nino, l’ami d’enfance d’Angelo décide de déménager avec leur fils. Leur bonheur est de courte durée quand ils
apprennent de la bouche de leur fils qu’il est gay, qu’il a un amant et, que
cet amant n’est nul autre que Nino.
Cette
vérité « à l’italienne » passe par les cris et les larmes.
Un
homosexuel dans une famille traditionnelle Italienne, ça fait des vagues !
Après
l’immense succès au théâtre « Mambo Italiano » se retrouve au cinéma
! J’ai vu la version (doublée) en
français – décevant !
Quand on
pense à la culture Italienne (méditerrannéenne), nous voyons les images
suivantes : jardinage, famille,
l’emprise des parents sur la vie des enfants – les enfants écoutent
religieusement et restent chez les parents jusqu’au mariage, l’homme se doit
d’être viril, la fille se marie jeune, fait des enfants et reste à la maison -,
les claques par derrière la tête, les engueulades, le clan quoi !
Ce sont
exactement les ingrédients que l’on retrouve dans cette comédie, avec en plus,
un élément (tragédie) inattendu – l’homosexualité d’Angelo. L’homosexualité est au cœur du
problème. Pour Maria et Gino c’est une
honte, pour Lina, un mensonge odieux puisque Nino est un vrai mâle, un
« Adonis » qu’elle imagine marié à une belle Italienne avec tout le
« fla-fla et flon-flon » pour épater la galerie….et, s’il a succombé
à la tentation, ce doit être la faute d’Angelo. Fini, terminé, Nino rentre à la maison chez maman jusqu’à son
mariage !
Pour
Anna, c’est l’enfer ! Elle n’est pas
contre l’homosexualité de son frère, elle est plutôt inquiète des réactions de
ses parents. Pour passer à travers
cette crise, incluant les cris, les sanglots et les sautes d’humeur
imprévisibles, elle bouffe des pillules comme des « smarties » et ses
rendez-vous chez les psychologues sont de plus en plus fréquents. Sa névrose est ce qu’il y a de plus
séduisant chez elle !
Situations
cocasses, des personnages colorés, vifs et sincères, des réparties
intelligentes. Le rythme est soutenu,
les thèmes développés sont succulents.
L’image de la belle famiglia italo-québécoise-catholique, reçoit une
claque en pleine figure. Fini les
traditions, terminé le bon vieux temps !
La nouvelle génération s’émancipe - L’homophobie apparaît comme un
spectre dans le foyer des Barberini, - famille respectable et vénérable -
venant bousculer les belles traditions et les valeurs véhiculées depuis des
« lunes » !
Luke
Kirby a une bouille mignonne, il ne joue pas au « drag queen », il
n’est pas efféminé, il est le gars normal, un peu gauche c’est vrai mais
surtout, il tient à sortir du placard.
Il aime Nino et il ne peut plus supporter de vivre caché….il ne veut et
ne peut plus mentir. À partir de
maintenant, on l’acceptera et on l’aimera tel qu’il est : homosexuel.
Nino ne
l’entend pas ainsi : il est
policier et dans la force policière on est pas homosexuel, on est un
« vrai homme », macho. Pour
renforcir sa réputation de tombeur, pour satisfaire sa mère et son entourage,
il a de nombreuses petites amies. Il
s’entraîne assidument au club de « gym » pour garder son look ! Pour lui, le « paraître » est tout
aussi important que le jugement qu’on porte sur sa personne. En fait, il n’a pas de couilles ».
Il tient
à tout prix à garder sa relation avec Angelo secrète. Ce qui se passe derrière les portes de leur appartement ne
regarde personne. Pour Nino peut-être
mais pour Angelo c’est différent. Il
est amoureux et il veut pouvoir vivre son histoire d’amour au grand jour !
Une
belle comédie mais je sens qu’il y a beaucoup de « retenue ». Je m’attendais à plus d’audace, plus
d’irrévérance comme à l’époque de la première de « La Cage aux
Folles ». Ceci dit, c’est un film
« politically correct » ! Il
n’y a pas de nouveautés. Par contre, on
découvre de beaux talents comme Claudia Ferri.
Quelle comédienne !
J’ai
beaucoup aimé les décors « kitch » et la qualité de l’image à travers
une palette de couleurs vives. J’ai
apprécié les scènes autour de la table chez la famille Barberini, les marches
dans les allées du jardin communautaire où l’on se pavane, la scène du confessionnal.
L’interlude
de la tante Yolanda dans la vie d’Angelo est un bijoux. Ce sont de courtes incursions intelligentes
dans l’histoire puisqu’elles touchent directement le « plaisir » et
le rêve. Le personnage de Yolanda amène
l’aspect de la différence, du changement et de la liberté.
Yolanda
rêvait de devenir actrice ! À la place,
on l’oblige à se marier à quelqu’un qu’elle n’aime pas et qu’elle n’a pas
choisi. Quand on est une jolie jeune
femme Italienne, on se marie et on fait des enfants….Elle s’est finalement
suicidée.
Pourtant,
on l’aimait ! (oui, à condition de
« rester dans les rangs », de faire comme ce que font toutes les
autres femmes bien).
J’ai
adoré les péripéties d’Anna, sa névrose, ses mimiques, ses costumes – un délice
!
Une
tragédie comique – rafraîchissante. Une
belle performance de tous les comédiens et comédiennes.
Un film
pour toute la famille, détente garantie !
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture