
(verion
française)
Titre
original : The Magdalene Sisters
Alliance
Atlantis Vivafilm
Réalisateur
et scénariste : Peter Mullan
Distribution : Geraldine McEwan, Anne-Marie Duff, Nora-Jane
Noone et Dorothy Duff
Inspiré
d’un fait réel
Genre : drame social
Surée : 105 minutes approx
« The
Magdalene Sisters » s’inspire de faits réels et raconte l’histoire
dramatique des pensionnaires d’un couvent catholique dans l’Irlande rurale de
1964. Gouverné par des sœurs tyranniques, le couvent enferme les femmes parce
qu’elles sont trop belles, trop laides, trop courageuses, trop bêtes ou trop
intelligentes. Souvent envoyées dans cet enfer par leurs familles, elles y
vivent en esclaves parfois jusqu’à leur mort, condamnées aux travaux forcés pour
laver les péchés qu’on leurs attribuent. Prison d’hypocrisie, de violence et
d’humiliation, ce lieu détruit peu à peu la vie de ses pensionnaires qui
luttent désespérément pour survivre et rêvent encore et toujours de liberté.
L’histoire
tragique de plusieurs jeunes femmes dont Margaret qui se fait violer par son
cousin pendant une noce. Au lieu de
punir le fautif abuseur, on l’accuse du pire et on la condamne comme une
criminelle. Pire encore, sans lui dire
quoi que ce soit, on la confie à un prêtre et on l’abandonne à jamais….sans lui
dire où elle est conduite.
Bernadette,
abandonnée et élevée dans un orphelinat est devenue une jeune adolescente
consciente de sa beauté, qui fleurte avec de jeunes garçons effrontés lors
d’une récréation. Bien clôturée, la
cour de récréation donne sur une passerelle piétonnière. Outrées par son
comportement plutôt libéral et sa fougue de jeune fille, les dirigeantes de
l’orphelinat - des sœurs –la confie aux bons soins d’une institution de
« redressement ».
C’est également
l’histoire de Rose, mère-célibataire qui vient d’accoucher d’un petit
garçon. La honte de ses parents est
totale et leur châtiment dévastateur.
Ils ne lui adressent pas la parole et qui plus est, sous ses yeux, lui
retire son enfant pour le donner en adoption dans une bonne famille
catholique. Effondrée, elle les supplie
de lui pardonner son péché et d’accepter le bébé qui n’a pas à payer pour ses
fautes. Rien n’y fait. Ils l’abandonnent à jamais au
couvent-prison, une institution de Dublin appelé « Magdalene » en
souvenir à la pécheresse de la bible, la putain,
« Marie-Madeleine ». Sœur
Bridget, une sado-maso - tyrannique, dirige l’institution. À ses yeux et aux yeux des autres sœurs,
toutes les jeunes femmes sont des pécheresses.
Presque réduites à l’état d’esclaves, elle travaillent à l’année comme
blanchisseuses, en silence. Surveillées
par des consoeurs plus âgées, elles tentent de se rebeller ou de fuir mais en
vain.
Elles
subissent un lavage de cerveau, elles sont battues, mal nourries, elles ne
peuvent pas communiquer entre elles ni s’exprimer auprès des religieuses. Elles n’ont aucun temps pour se détendre ou
s’instruire. Elles ne font que
travailler, manger, dormir et prier.
Elles
sont bafouées, ridiculisées, psychologiquement détruites et par leurs proches
et par des femmes religieuses perverses et frustrées. Même le prêtre abuse sexuellement des jeunes filles. Elles n’ont aucun droit. Elles sont en prison jusqu’à leur mort, mortes aux yeux de la société, même si elles
n’ont commis aucun crime. Une société
où l’homme est un tyran et la femme, un être soumise totalement et,
silencieuse. Ici, l’image de la mère,
est celle d’une complice volontaire.
Le film
est un hommage pour ces martyres oubliées : leur vie au quotidien, leurs combats, leurs souffrances pysiques
et psychologiques. Ces institutions
seront fermées dans les années 60…..Il y a seulement 40 ans !
Une
dénonciation sur les abus, sévices et abominations qu’ont subi des centaines
voir, des milliers de jeunes femmes Irlandaises sous la tutelle de religieuses
catholiques, qui ont fait vœu de pauvreté, de dévouement pour les démunis, de
renoncement, d’amour et de justice au nom du Christ ! Ces institutions étaient soutenues par les instances religieuses
et politiques. Elles recevaient des
dons en argent et étaient payées pour le travail accompli par ces jeunes
femmes.
Personnellement,
j’ai beaucoup de difficulté à comprendre, surtout que cette histoire ne se
passe pas au « Moyen Âge » ou dans une période de grande noirceur…..elle
se passe au milieu du vingtième siècle, un siècle de connaissance, de justice
pour tous, de progrès et de communication !
Une
performance exceptionnelle ! Le
scénario est bien étoffé : il
relate les faits à travers la vie de trois jeunes femmes. « Les sœurs Madeleine » n’est pas
un film à sensation. C’est un cinéma « vérité », un volet de vie bien
réel qu’ont vécu des femmes. La caméra
pénètre derrière les portes d’une institution charitable.
Mais une
fois derrière les portes closes, le spectateur sera le témoin d’un crime contre
l’humanité……..Une honte !
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture