
(VHS)
Crystal Film
Un film de Robert Morin
Distribution : Emmanuel Bilodeau, Robert Aubert, Jean-Guy Bouchard, Béatrice
Picard, Iannicko N’Doua-Légaré, Vincent Bilodeau
Genre :
drame psychologique/social/fiction
Durée :
92 mintues approx
Racisme – mensonges –
Perception sur la déshumanisation –
Une enquête policière pas banale !
Dans une campagne québécoise, dans un coin
reculé, un drame se déroule sous nos yeux.
Les sergents-détectives Racine et Plante arrivent sur les lieux, pour
enquêter. Un jeune noir a détruit une
statuette – un nègre en plâtre – dans un petit jardin devant la maison de
Cédulie, une veuve âgée, vivant avec son fils sérieusement handicapé. Elle a reçue une décharge mortelle de sa
propre carabine. Le jeune Noir est
atteint par une balle qui le maintiendra dans un état neuro-végétatif pour le
restant de sa vie…..
Sont présents : une jeune femme saoule – Josée –étendue dans un lit dans la
maison de Cédulie, dans un état de choc, une danseuse – Samantha – interrogée
par le détective Plante et trois hommes dont un voisin qui travaille pour un
fermier, ami de la veuve et de son fils.
Malgré lui, le détective Racine entreprend
d’interroger chacun des témoins, présents la veille. D’abord Bertrand, puis Canard et Tâton, deux fêtards dévergondés
attirés par le grabuge alors qu’ils revenaient du bar de danseuses….Ils
s’arrêtent devant la maison chez Cédulie et décident de se payer un bon party
en profitant de l’occasion. À eux
trois, ils pousseront l’infamie jusqu’aux limites….de l’insoutenable.
Cette histoire prendra des proportions
inimaginables.
Comme spectateur, nous suivrons les dépositions
de chacun. Comme il faut s’y attendre,
les dépositions sont contradictoires et plus l’histoire avance et plus il est difficile
de démêler le vrai du faux.
La ligne très mince de la raison et de la folie
nous apparaît évidente. Dans
l’euphorie, le plus fort abuse du plus faible et qui plus est quand il est
jeune, noir et sans défense, dans un lieu où il n’y a pas âme qui vive……
Il vient un moment où il n’y a plus de
conscience, il n’y a plus d’humanité, de compassion. Un événement aussi dérisoire qu’une statuette en plâtre brisée
par un jeune noir se transforme en une occasion pour des hommes d’exploiter
tout ce qu’il y a de plus cruel, de bestial…..
Une fois dégrisés, ces hommes redeviennent de
bons citoyens comme si de rien n’était.
Pire encore, la mort d’un être humain et la fin
d’une vie normale d’un jeune homme ne semble pas toucher les responsables…..
Sur fond d’animation : personnages devenues de petites statuettes
avec, en arrière plan une chanson de Fernand Gignac « Donnez-moi des
roses »…..est pathétique, ironique.
Polo, le fils de Cédulie, écoute cette mélodie
depuis une trentaine d’années….dans sa chambre, il joue avec de petites
statuettes semblables à celles que nous présentent Morin à différents moments.
« Le Nèg’ », un scénario noir, cru,
déroutant….Un prétexte pour démontrer l’horreur, la folie et la
démesure…..autant que la perception que chacun peut se faire de la vérité…..à
travers des tabous, des préjugés encrés depuis notre naissance.
Ce n’est pas un film facile ! Ni un sujet que
nous aimons, surtout quand il nous fait la preuve que personne n’est à l’abri
de ce dérapage…..
Que s’est-il passé au juste ? Pourquoi et comment ?
Bon visionnement !
Francine Charrette
Club-Culture