KAMATAKI : visuellement magnifique, mais banal

KAMATAKI : visuellement magnifique, mais banal

 

Canada – Japon (2005)

 

Écrit et réalisé par Claude Gagnon.

Interprété par Matt Smiley, Tatsuya Fuji, Kazuko Yoshiyuki et Lisle Wilkerson.

 

Présenté en Compétition mondiale au Festival des films du monde de Montréal 2005

S’intégrer dans une civilisation étrangère est toujours un défi et le cas de Ken Antoine, 23 ans, ne fait pas exception. Fragilisé par sa tentative de suicide causée par le décès subit de son père japonais, le jeune homme quitte son Canada natal pour l’Extrême-Orient où son oncle Takuma l’hébergera. Haut en couleurs, ce dernier initiera son neveu, d’abord à l’art de la poterie, puis à la culture japonaise. Cette quête spirituelle sera parsemée d’embûches pour Ken car Takuma et lui diffèrent d’opinions à peu près sur tout.

Le premier qualificatif qui nous vient en tête dès les premières secondes de Kamataki est ‘dépaysant’. Le récit de Claude Gagnon nous transporte au cœur du Japon rural. Ordinairement réputé pour ses prouesses technologiques, ce pays nous est montré sous un jour nettement plus artisanal et humain auquel nous sommes peu habitués. La quiétude de l’environnement du domaine de Takuma agit tel un baume sur notre vie trépidante héritée de nos voisins américains.

La richesse visuelle de Kamataki est indiscutable, mais il en va autrement du scénario. Extrêmement prévisible, la relation houleuse entre le neveu et l’oncle affiche une candeur désuète et ce, malgré la prestation impeccable de Tatsuya Fuji. On pense très vite à Karaté Kid qui date de… 1984. En dehors d’un charmant voyage au pays du Soleil levant, Kamataki n’apporte rien de très neuf, ce qui n’a pas empêché le public du FFM de lui accorder, justement, le Prix du public…

Richard Gervais

 Club Culture – 2005-09-06