" IN DREAMS "

Les Productions DreamWorks

Notes explicatives

Production Le scénario

Le scénariste, Bruce Robinson a puisé dans les dossiers de police qui s'adjoignent des clairvoyants pour les aider à élucider des meurtres. C'est là qu'a germé l'idée et Neil Jordan a par la suite participé à l'écriture, attiré par l'appât du monde métaphysique imperceptible et flottant dans le conte d'horreur.
L'idée de village sous l'eau non seulement lui a apporté la dimension du passé hideux caché et enseveli après tant d'années, mais aussi le scénario de tout ce qui se passe dans les rêves.
Cette image s'est matérialisée dans l'approche, dès les premières séquences du film. Des plongeurs sondent les restes d'un village inondé. Ils cherchent des victimes d'un meurtrier psychopathe. Pendant que Claire, sonde ses rêves et ses prémonitions pour trouver des indices qui l'amènerait à prévoir le prochain meurtre en connectant sa pensée à celle du meurtrier. (Contraste de la recherche d'indices sous l'eau versus sur terre).
En utilisant cette métaphore, il explore les eaux troubles d'un esprit dérangé à travers les méandres du cerveau, une science encore embryonnaire et inexplorée des tabous de la clairvoyance.
" La visualisation des rêves à l'écran m'a permis de jouer sur plusieurs plans dans la réalité ainsi que de dévoiler aux spectateurs quelque chose que les acteurs principaux ne savent pas. Claire et les spectateurs sont les seuls à voir et à comprendre la terrifiante vérité " dit Neil Jordan.

Les personnages

Pour le réalisateur, Stephen Woolley l'étrange mixture : celle du monde surnaturel et celle de la psychanalyse où tout est distortionné a donné au film la dimension d'une chasse fantasmatique du subconscient par le conscient.
Neil Jordan a choisi les acteurs pour les rôles principaux :
Annette Bening a accepté le rôle principal parce que l'approche du réalisateur Neil Jordan, était traité de façon artistique et non sensationnelle. Ce qu'il exigeait du personnage était très bouleversant, très dérangeant pour elle.
Quant à Vivian, le meurtrier (Robert Downey,Jr.), Neil Jordan a exploité principalement son enfance : son innocence, ses souvenirs d'horreurs sous la torture morale et physique d'une mère diabolique, sa tristesse, son désarroi. Malgré ces atrocités, il doit réussir à le rendre sympathique.
Il a choisi Paul (Aidan Quinn), le mari de Claire pour le rôle de soutien. Un personnage déchiré entre l'amour qu'il porte à Claire et ce qu'il aimerait croire quand elle lui confie ses rêves prémonitoires et ses visions d'horreur.

Directeurs : de la photographie, artistique, éditeur, designer, compositeur

Darius Khondji (Oscar pour " Evita ", photographie).
Il décide de renverser les portraits stéréotypes du rêve en utilisant le noir et blanc et pour le monde réel il s'est lancé dans toute la gamme des couleurs en utilisant des filtres. Les contrastes sont très réussis.

Chacun des rêves est unique. Pour y arriver il a choisi de les traiter chacun différemment. Le choix des lieux de tournage, l'ambiance du milieu et le choix de saison ont été déterminants et complémentaires. Ces éléments ont renforci de façon subtile, tous les états d'âme. En Caroline du Nord et au Tennessee, des villages ont été inondés pour en faire de grands réservoirs d'eau, ce qui donnait une vision poignante, imprégnée des souvenirs et des cris de désespoirs de toutes ces âmes à la dérive. Toujours dans cet esprit, nous avons utilisé les trois immenses réservoirs qui ont servi pour le tournage du Titanic, à Rosarito au Mexique. Nous les avons transformés en villages fantômes engloutis sous 14 millions de gallons d'eau.

- Dans le premier réservoir, les premières séquences du film montrent un village entièrement construit grandeur nature sous l'eau. Nigel Phelps (Oscar pour " Bullets of Broadway ", directeur artistique), voulait faire ressortir les sentiments de solitude, de tristesse et de désespoir et installer une sensation étrange voire, dérangeante.
- Le deuxième réservoir a été utilisé pour la chambre de Vivian, quand il était enfant. On s'est servi d'une plate-forme avec une armature en acier, accrochée à une grue hydraulique robotisée pour créer les effets d'inondation.
- Le troisième réservoir, avec son fond noir et une capacité de 500 000 gallons d'eau a été utilisé pour d'autres effets spéciaux. Tous les réservoirs sont nourris d'eau salée provenant de l'océan Pacifique et filtrée en utilisant un procédé de chloration rattaché à une usine de filtration. Après usage, l'eau reçoit le traitement inverse et retourne dans l'océan.

L'eau qui recouvre le village en devient le tombeau et de là, surgi toute la puissance de l'analogie et de l'image (instaurer l'angoisse chez le spectateur).
De là aussi, tout le débat émotionnel entre le vrai et le faux, le rationnel et l'irrationnel, l'instinct et l'intuition versus la connaissance scientifique.

Neil Jordan est de souche irlandaise, là où la superstition est répandue et la tradition des légendes toujours aussi vivante. " C'est là où je voulais amener le film, à cette étrange sensation des choses, cet endroit innommable et tabou ", dit-il. Tony Lawson en est l'éditeur, le compositeur Elliott Goldenthal (Oscar pour " Michael Collins " et " Interview With the Vampire ").) Le réalisateur Neil Jordan ( Oscars pour " The Crying Game ", scénario et réalisation).
Stephen Woolley et Neil Jordan en sont à leur 9ième collaboration cinématographique. Une chimie exceptionnelle qui les ont amené à produire une quantité de films notoires aux Etats-Unis.

Francine Charrette
Club-Culture