FRIDA

FRIDA

 

 

Réalisation :  Julie Taymor

Scénarisation :  Rodrigo Garcia, Gregory Nava, Anna Thomas, Clancy Sigel

 

Distribution :  Salma Hayek (Frida), Alfred Molina (Diego Rivera), Diego Luna, Geoffrey Rush (Trotsky), Ashley Judd (Tina Modotti), Edward Norton (Nelson Rockefeller), Antonio Banderas, Mia Maestro, Valeria Golino, Saffron Burrows, Roger Rees, Margarita Sanz, Patricia Reyes Spindola, 

 

Musique :  Elliot Goldenthal

D’après l’œuvre de Hayden Herrera

 

Genre :  biographie – drame

Durée :  2 heures

 

Un film renversant – une ode à la vie, à la passion et à la liberté totale et entière d’une femme indomptable, Frida Kahlo.

 

 

Synopsis

Frida retrace sa vie mouvementée, artiste peintre mexicaine du Xxe siècle qui se distingua par son oeuvre surréaliste, son engagement politique en faveur du communisme et sa bisexualité.  Le film se concentre également sur ses relations tumultueuses avec son amour-passion et son mari, le peintre Diego Rivera, et sur la liaison secrète et controversée avec Léon Trotski.

 

Tous et toutes ont aimé le film –

À partir de cette prémisse, la biographie de Frida Kahlo, diva de la peinture mexicaine, icône incontestable d’une époque mouvementée, ne peut qu’effleurer sa vie de femme et sa vie d’artiste.  Deux heures ne suffisent pas pour contenir toute une vie, surtout celle de cette artiste tumultueuse dont l’influence est prédominante.

 

Ceci dit, le film « Frida » est, à mon humble avis une suave esquisse, un scénario empreint de séduction, de fascination pour une femme exceptionnelle, un reflet de la passion incommensurable d’une femme pour la vie, pour l’art et pour l’Amour.  L’extravagance, la radiance, l’exubérance et l’étonnante énergie qui se dégagent de ce film (la trame sonore, la performance de Samla Hayek (Frida), les décors fabuleux, les couleurs) témoignent de la dualité – force/fragilité, cœur/raison – qui a habité l’artiste Frida Kahlo.

 

D’ailleurs, Salma Hayek qui n’avait jamais pratiqué la peinture auparavant, a réalisé certaines des peintures visibles dans le film.  Ses œuvres ont émerveillé l’équipe du film pendant le tournage….Elle voulait interpréter Frida depuis longtemps.  C’était un rêve qu’elle chérissait.  Ce rêve est devenu réalité.  Elle en était déjà imprégnée !

Son engagement est tel qu’elle « est » Frida.

 

Suite à la sortie du roman de Hayden Herrera, Nancy Hardin achète les droits du roman pour le cinéma….Cela se passe en 1983.

Ce n’est qu’en 1993, après l’explosion de la vie de l’artiste mexicaine, au niveau international, que l’intérêt se précise….Cet engouement facilite la mise sur pied du projet de film.  De son côté, Salama Hayek est déterminée à interpréter Frida….elle met la main à la pâte pour donner vie au projet.

 

Comment approcher toute la question du corps de Frida? 

Simple :  pour en sortir, l’obstacle est élucidé dès le début du film.  Une cruauté du destin, en évocant l’accident terrible dont elle a été victime – opérations après opérations – une colonne vertébrale en morceaux - élément déclencheur de sa création, de sa passion pour la vie et de sa force pour combattre.  La réalisatrice fait un choix judicieux, celui de nous imprégner de la dualité et de la vitalité créatrice de Frida.  Non pas une rage destructrice mais une vie à combattre la souffrance et la mort par son art.  Une femme qui, lorsqu’elle prend une décision, ne se retourne jamais ni ne se laisse influencer.  Elle mord dans la vie à chaque seconde.

C’est pour moi, cette approche qui en fait un film exceptionnel. 

Salma Hayek :  imprévisible, sauvage, sensuelle, constellée de couleurs, incarne avec conviction, l’exhaltation de Frida.  Elle en vient à ressembler étrangement à l’artiste.  Une jonction magique entre l’artiste et le personnage…..rare !

 

De l’accident découle toute l’orientation de Frida :  vivre pleinement au présent, rien sacrifier de ses aspirations, aimer librement et passionnément.

La souffrance continuelle d’un corps meurtri est source d’inspiration de nombreux tableaux. 

La construction du scénario est également dirigée sur l’ambivalence de Frida – ses amours, les trahisons qui l’ont meurtrie mais également inspirée, les combats ininterrompus qu’elle mène tout au long de sa vie pour atteindre sa vision de liberté.

 

Il y a des moments de purs délices :  elle gagne un pari – elle danse le tango avec Tina Modotti.  Un autre moment, celui où elle boit de la téquilla dans un bar miteux en compagnie de Diego….une voix extraordinaire se fait entendre……La musique est intense, comme la vie de Frida.

 

Frida vit parce qu’elle le désire intensément….et cette intensité est évacuée dans son art tout aussi bien que dans la vie de tous les jours.

Une femme qui ne fait pas de compromis…..il n’y a pas de zones grises.  C’est tout blanc ou tout noir….Elle aime ou elle déteste.  Mais, son intégrité et sa générosité lui permettent d’écouter – de comprendre….

Exemple :  la scène où elle apprend que son ex femme demeure à l’étage au-dessus et qu’elle cuisine de bons petits plats qu’elle remet à Diego….

Pour Frida, c’est une incursion déloyale dans sa vie privée et dans son couple, une violation de sa liberté…….(C’est la peur qui la fait agir ainsi….)

Elle tombe dans une colère noire….monte à l’étage, frappe avec force à la porte et somme l’ex de ne plus jamais répéter ce geste……

 

« Un chien qui aboie ne mord pas ».  Pensant épouvanter cette pauvre femme, au contraire, celle-ci lui répond :  « Diego adore ce plat….si tu tiens à le garder, tu devrais apprendre à le cuisiner…. »

Une amitié s’installe petit à petit entre ces deux femmes.

Frida est une femme excessive et complexe aux multiples facettes, c’est ce qui transpire du scénario.  En plus, nous sommes surpris de la Frida épouse, amoureuse, cuisinière, femme de maison accomplie, entièrement dévouée à son couple etc…..

Frida était tout à la fois :  énergie, frénésie, fureur, impulsivité intensité, impétuosité, démesure….animée par la passion.

 

Ce film nous montre Frida Kahlo – une femme et une peintre extraordinaire.

Elle a été beaucoup plus encore mais 2 heures pour contenir un phénix !

Les choix de l’équipe de la scénarisation et de la réalisation ont fait un travail remarquable.

Le traitement de l’image, du rythme, des éclairages, des effets spéciaux…..sont tout aussi représentatifs de ce qu’a été Frida Kahlo.

 

Pour moi, si  « Le Pianiste » n’avait pas gagné le prix du meilleur film…..ce serait « Frida » qui aurait remporté les honneurs.

 

Un film à voir absolument !

 

Bon cinéma !

Francine Charrette

Club-Culture