
(Film
français)
Christal
Films
Réalisation : Gérard Jugnot
Scénario : Isabelle Mergault
Distribution : Gérard Jugnot, Bérénice Bejo, Antoine Duléry
et Sabine Haudepin
Genre : comédie
Durée : 98 minutes approx
Synopsis
Propriétaire
d’un salon de coiffure à Cancale où il mène une vie paisible, Yvon Rance
(Gérard Jugnot) vit seul avec sa fille Laetitia (Bérénice Bejo) pour laquelle
il prévoit une brillante carrière de coiffeuse….Mais Laetitia entrevoit le
futur d’une toute autre façon. En
secret, elle se présente à une audition pour un premier rôle au cinéma….
En
d’autres mots : un père élève seul
son enfant, entouré d’amis dans la campagne bretonne. Seulement, les rapports père-fille se détériorent rapidement
quand celui-ci apprend que sa fille -la prunelle de ses yeux -, traficotte
derrière son dos pour devenir actrice au cinéma, alors qu’elle n’a que 17 ans.
Les
premières scènes du film parlent d’elles-mêmes : un père inquiet devant le retard prolongé de sa fille. Inquiet au point de ne plus se contenir, il
court dans toutes les directions, comme une poule qui aurait perdu la
tête……Beaucoup de larmes et de tensions illustrent la relation qu’entretiennent
le père et la fille – une relation complexe, amour-haine, incompréhension entre
deux générations, l’attitude père-poule d’Yvon, entraînant la dégradation de
l’amour entre le père intransigeant et la détermination de sa fille de
poursuivre son rêve.
Deux
regards, deux oppositions, deux générations.
Voir et accepter que son enfant fasse son chemin, prenne ses propres
décisions, apprenne de ses erreurs, n’est pas chose facile pour un parent.
Le refus
d’Yvon d’accepter le choix de sa fille au détriment de son propre rêve prend
des couleurs de peur, de perte, de prémonition, de distance auxquelles il ne
s’était pas préparé. Et pour
cause : Laetitia est à l’âge où
tout est possible, où l’on répond à ses passions par des gestes immédiats, aux
impulsions du cœur…..Elle a 17 ans, la beauté et la jeunesse.
Pour
Yvon, c’est différent. Coiffeur de
métier et vivant en province dans un lieu paisible et prévilégié, il a une
vision très arrêtée sur le monde du cinéma car il incarne l’hypocrisie et le
vice. Et ça, il ne le veut pas pour sa
fille. Par contre, son rêve d’acheter un
autre salon penche en faveur de Laetitia.
Pour se l’approprier, il accepte que sa fille soit actrice.
L’étrangeté
du refus catégorique d’un père mais quand arrive l’aspect financier impliquant
l’achat d’un commerce par Yvon – là, la puissance de l’appat du gain prend le
dessus sur la décision.
Et qui
plus est, alors qu’Yvon accompagne sa fille à travers son travail d’actrice
pour son premier film, c’est à Laeticia de lui remettre de l’argent pour qu’il
n’en manque pas durant son voyage de retour…..
Cette
comédie met en présence les éléments suivants : relations père-fille, liberté de choix, surprotection des
parents, l’importance de l’argent, l’aspect mercantile dans le processus de
décision, la fragilité du système de « star » etc…
Jugnot a
de ces dialogues ! Il parle et il parle
sans arrêt….une vraie machine à paroles mais ce qu’il dit est parfois hilarant,
parfois cynique, parfois absurde, parfois dramatique…Tout dépend de la
situation. On rit, on pleure, on sourit
devant le rituel quotidien….Isabelle Mergault a paufiné ses dialogues. Dits par Jugnot, ils prennent une tout
autre dimension.
Une
musique entraînante et sympathique.
« Joe Cocker – N’oubliez jamais ».
Une
comédie intelligente, à voir !
Bon
cinéma !
Francine
Charrette
Club-Culture