
NOUS
ÉTIONS SOLDATS
Réalisation : Randall Wallace
Scénario : Randall Wallace d’après le livre de Hrold
Moore (lieutenant-colonel) et Joseph Galloway (journaliste de guerre) sur les
lieux du combat.
Musique : Nick Glennie Smith
Photographie : Dean Semler
Distribution : Mel Gibson, Madelein Stowe, Greg Kinnear,
Sam Elliott, Chris Klein, Barry Pepper.
Genre: drame de guerre (base sur des faits reels)
Durée : 115 minutes approx
Basé sur
la bataille de Drang, première confrontation de la Guerre du Vietnam, survenue
le 14 novembre 1965, à 10h48, au Viêt-nam.
Tout commence 10 ans avant, lors d'un massacre où les
vietnamiens indépendantistes tuèrent de sang froid un bataillon français.
10 ans après, au nom de la lutte anti-communiste, les
Américains sont sur le même sol, loin de chez eux, avec un ennemi
astucieux. Le lieutenant –colonel Harold
C.Moore, instructeur à Fort Benning et tacticien habile, et 400 soldats
américains, sont parachutés sur la zone dit d'X-Ray, dans la vallée
de la Drang, surnommée Vallée de la Mort par les Vietnamiens et contrôlée par
les forces ennemies.
Homme de parole, Moore avance le premier sur le champ
de bataille. Lui et ses hommes se retrouvent rapidement encerclés par plus de 2
000 militaires du Viêt-Cong. Des morts,
il y en aura beucoup….ce sont les premiers linceuls à revenir en sol
américain……
Wallace, le maître incontesté des films de guerre
(Pearl Harbor, l’Homme au masque de fer, etc)
reprend le flambeau du cahmp de bataille dans un film brillant, réaliste
et puissant.
Film sur l’héroïsme et l’action. Nous nous promenons dans les couloirs de la
peur, du désespoir, de la souffrance, de l’angoisse. En parallèle, Wallace développe un portrait de la vie de ces
femmes de soldats en attente de lettres, de nouvelles, sur la base
militaire : jeunes et moins
jeunes, elles vivent seules avec leurs enfants, se rencontrent pour échanger
leur quotidien ou se réconforter entre elles….épouses et mères, elles
traversent, elles aussi, des jours difficiles.
Ces rencontres sont comme un havre de paix, un cocon, une sécurité. Elles ne se connaissent pas mais la
tourmente et l’angoisse qui les unies crée une amitié sincère.
Wallace a su creuser l’âme de chacun des soldats. Même les silences sont révélateurs. Comme mise en scène, les faits et gestes,
les détails militaires, la camaraderie malgré des divergences d’opinion ont été
scruté à la loupe. Nous vivons le
combat mais plus intéressant encore, nous suivons des êtres humains pris au
piège dans un combat hyper-réaliste, sanguinaire, d’une violence inouïe !
Randall Wallace a fait un choix judicieux : la profondeur, le vrai, la surprise. Nous avons également des scènes du clan
opposé sous les ordres d’un chef intelligent – deux renards qui s’affrontent
-. Chacun nous donne l’impression
bizarre d’être connecté d’une certaine façon.
Nous avons les tactiques suggérées des deux clans…..Le spectateur est
curieusement amené à respecter les deux chefs à travers le jeu du « chat
et de la souris » en percevant une étincelle d’une admiration
réciproque…..
Comme spectateur, nous sommes habitués au bons et aux
méchants étroitement lié au sentiments de juscices et d’injustices…..Ici, tout
est ramené à une dimension humaine et non pas une haine purement et
simplement….De chaque côté, les hommes doivent se battre, exécuter les ordres
en tuant avant d’être tué !
Ce jeu de guerre est bien réel. Les pions sont des soldats – des hommes en
chair et en os. Des deux côtés, ils
sont des pères de famille, de jeunes hommes rêvant à un avenir meilleur !
Cette particularité, je dirais même, cette perspective
« documentaire » en fait un film à part. Et, pendant ce temps, la caméra fait une incursion sur de futures
veuves. Le télégramme fatidique prend alors la forme de la « roulette
russe » - un billet de loterie pour l’au-delà. Qui recevra le télégramme ?
À qui le tour ?
Implacablement, des hommes meurent, des femmes et des
enfants souffrent…Wallace n’a cependant pas réussi à extirper quelques
séquences moralisatrices d’une Amérique parfaite au cœur tendre et aux valeurs
justiciaires à travers des rites religieux des dieux et des sermons de
propagande, justifiant une telle barbarie.
Tous les comédiens et comédiennes, sans exception,
sont étroitement liés à cause du scénario.
Il n’y a pas de rôle vedette si ce n’est celui de Mel Gibson, à cause de
son rôle de décideur et de chef.
Le spectre du Vietnam hante encore la société
américaine comme celui du génocide des juifs à la deuxième Guerre Mondiale….En
hommage aux disparus, la générique reprend la liste des victimes.
Si nous croyons que le cinéma est le reflet de notre
temps alors il faut bien avouer que la guerre, dans la victoire comme dans la
défaite, laisse une blessure ouverte sur tout un peuple, pendant des
générations.
Bon cinéma !
Francine Charrette
Club-Culture