LES CAPTEURS DE RÊVES

 

LES CAPTEURS DE RÊVES

 

 

Une démarche spirituelle et artistique

 

Signée Nick Huard

Cliquez ici pour notre entrevue avec Nick Huard et l'exposition d'une partie de ses oeuvres.

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QUE SONT LES CAPTEURS DE RÊVES ?

 

Une légende indienne raconte que, lorsqu’il est suspendu dans une pièce, le capteur de rêves attire les rêves qui y circulent.  Les bons rêves, connaissant la voie, passent à travers l’ouverture dans le filet et glissent doucement le long des talismans jusqu’au dormeur, qui pourra les poursuivre à son réveil.  Les mauvais rêves, ne sachant pas où aller, s’empêtrent dans le filet où ils restent pris jusqu’à l’aube pour être détruits par les premières lumières du jour.

 

Les capteurs de rêves et leur utilisation domestique par nombre de peuples originaires des Amériques, remontent à plusieurs siècles, voire des millénaires.  Il existe à ce jour peu de documentation écrite ou photographique à leur sujet et seules quelques pièces sont actuellement dans des musées.  Des capteurs de rêves ont aussi été identifiées comme tels sur des murales préhistoriques méso-américaines.

 

En Amérique du Nord, on retrace le capteur de rêves entre autres chez les Ojibwas, les Mi’gmaq, les Naskapis et les Cris.

 

Une étude révèle qu’à l’origine, chez les Cris de la Baie James, le capteur de rêves était une amulette toute simple destinée aux bébés, composée d’un cerceau en bois d’un diamètre d’environ 10cm., dans lequel on tissait un filet ressemblant à une toile d’araignée.  Cette amulette était alors suspendue au berceau de l’enfant afin de le  protéger tant des maladies que des mauvais esprits, « .. en attrapant et retenant tout ce qui est mauvais telle une toile d’araignée qui attrape et retient tout ce qui vient en contact avec elle. »

 

Au cours des années, les influences extérieures ont contribué à changer les coutumes religieuses et le mode de vie des peuples autochtones.  Graduellement, le rôle protecteur de l’amulette s’étendit au domaine du rêve.  Bien que l’aspect du symbole ait changé, sa fonction protectrice demeure.  Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les rêves et leur symbolique sont acceptés et font partie intégrante du quotidien des peuples amérindiens.


 

LES ÉLÉMENTS ET LEUR SYMBOLISME

 

 

Le cercle

 

Le cercle est d’abord un point étendu;  il contribue à sa perfection.  Le point et le cercle ont des propriétés symboliques communes;  perfection, homogénéité, totalité indivise.  Le mouvement circulaire est immuable, sans commencement ni fin, symbolisant aussi le temps…..Plusieurs éléments de la vie quotidienne amérindienne reprennent l’élément du cercle (tipi, rencontre des membres du conseil de bande, danses, etc.)

 

La corde et les nœuds

 

Les significations du nœud sont diverses et ambivalentes :  les lignes, les cordes, les ficelles sont toutes utilisées pour attraper, enchevêtrer, lier.  Parallèlement et ultimement, elles servent aussi à attacher, relier et joindre sur plusieurs niveaux.  Les nœuds sont, par la corde, reliés à leur Principe et symbolisent la puissance qui lie et délie;  ils peuvent aussi représenter un lien cosmique avec la vie primordiale.

 

Les Plumes

 

Les plumes jouent un rôle important dans les rites cérémoniaux des peuples autochtones.  Elles sont considérées comme un présent de l’oiseau et portent encore en elles le pouvoir de l’animal.

 

Les Matériaux

 

La majorité des matériaux utilisés dans la fabrication des capteurs de rêves est obtenue par le biais de récupération et recyclage.

Certains ont été trouvés dans la nature au gré d’expéditions un peu partout sur le continent, tant dans les Territoires du Nord Ouest ou sur les plages de la Floride que dans les Rocheuses ou les boisés aux environs de Montréal.

 

Il est important de noter qu’aucun animal n’a été tué ou mutilé dans le but d’obtenir des éléments de fabrication pour les capteurs de rêves.


 

LES TALISMANS

 

 

Les talismans utilisés pour l’ornementation des capteurs de rêves représentent souvent le Clan ou l’animal totem de la personne.  On remarquera entre autres :

 

L’OURS :  animal protecteur, père de l’homme, force, intelligence, courage, équité;

 

LE LOUP :  avocat du diable, frère de l’homme, vigilance;

 

LE CHEVREUIL :  délicatesse, intuition, créativité et capacité d’explorer cette

                                   créativité;

 

LE BISON :  puissance, abondance, liberté, contact avec la terre;

 

L’AIGLE :  force, équilibre, courage;  « …du bout des plumes, il touche la maison

                     du Créateur;

 

LE FAUCON :  vision, intuition, messager;

 

LE HIBOU :  porteur du rêve, messager, allié, dualité, force, sagesse;

 

L’OUTARDE;  respect des traditions, autorité;

 

LE CORBEAU :  messager, joueur de tours.


 

PROFIL DE CARRIÈRE

 

 

Nick Huard

 

Originaire de Restigouche, né dans le clan de l’Ours, Nick Huard passe son enfance sur la réserve Mi’gmaq située en Gaspésie.  Ayant terminé son cours primaire à l’école résidentielle, il complète ses études au collège Bourget à Rigaud.  Vient ensuite une série d’emplois divers, entre autres :  assistant créateur de mode, photographe et conducteur de train.

 

En 1975, il se tourne vers les communications par le biais de la télévision, plus particulièrement les nouvelles et les affaires publiques.  Pendant plus de 10 ans, en qualité d’ingénieur du son, il couvrira nombre d’événements importants à travers le monde, pour les réseaux CBS, CBC, SRC, TSN et NBC.

 

Depuis 1988, il se spécialise dans le film documentaire, préférant cette approche à celle des nouvelles.  Ce genre de tournage permet habituellement des séjours plus prolongés en un même endroit et des contacts plus approfondis avec les sujets concernés.  Il a contribué entre autres à des émissions telles PBS Travel (The Last Train – dernier train transcontinental au Canada), Man Alive (« Tapoori » - enfants de la rue à Bombay), « Sentiers Chasse et Pêche » (15 émissions) et « La Commission Royale sur les Affaires Autochtones » avec l’ONF, Studio 1 à Edmonton.

 

De son grand-père, cordonnier-sellier et de son père, maître ébéniste, il a hérité d’un respect profond de sa culture et de l’environnement.  Il a commencé à confectionner des capteurs de rêves, il y a huit ans et s’y consacre de façon régulière depuis maintenant quatre ans.

 

Il expose de façon permanente à la galerie « Le Cèdre Rouge » à Montréal et ses sculptures sont aussi disponibles à la Boutique du Musée McCord ainsi qu’à la Galerie St-Merri à Paris.  Il donne des conférences et ateliers dans les écoles et universités de la région de Montréal, aux étudiants et professeurs curieux d’en savoir plus long sur les capteurs de rêves.

Nick Huard est membre du Conseil de la sculpture du Québec.


 

 

Extrait d’un texte de Claude Brault :  « Dominique Huard, en pays de (re)connaissance.

 

 

« …Compagnon obligé des capteurs du réel, les documentaristes, Huard a voyagé dans le monde entier, aux confins des cultures qui nous sont les plus lointaines.  Alors que ses collègues rapportent de longs segments de vérité, saisis sur celluloïd lui, ramasse les vestiges animaliers, retrace les clans frères, objets-témoins de notre mémoire collective.  Observateur, il a à exercer son acuité visuelle de scrutateur, d’archéologue, de sorcier.  Comment écouter et répondre d’une culture quand celle-ci est occultée par une autre ?  C’est cette relation complexe de manœuvre entre l’assentiment à l’identité et le ressentiment de l’altérité dont témoignent les Capteurs de rêves.  Leur représentation joue d’ailleurs sur ce paradoxe. »

 

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Francine Charrette
Club Culture