Léonardo ...

La veuve rusée

Goldoni

Traduction : Marco Micone

Mise en scène : Guillermo de Andrea

 

avec : Geneviève Rochette, Emmanuel Bilodeau, Pierrette Robitaille, Tony Conte, Ginette Chevalier, Andreas Apergis, Isabelle Drainville, Jean Harvey, Guillaume Chouinard, Yvan Benoit, Bernard Meney, Reda Guerinik et Florence P. Turgeon, au Théâtre du Rideau Vert du 23 avril au 18 mai 2002.

 

Une jeune veuve, belle et riche, cherche à se remarier. L’action se passe à Venise, au XVIIIe siècle. Rosaura (Geneviève Rochette) est courtisée par quatre prétendants, elle n’a que l’embarras du choix et cette fois elle en profite, car elle ne veut surtout pas épouser un autre «vieux libidineux», aussi riche soit-il. Mais ces prétendants, un anglais typique, un espagnol inquiétant, un français maniéré et un italien passionné sont-ils honnêtes? Leur amour est-il intéressé ou sincère? La ruse de la veuve sera de les mettre à l’épreuve.

Emmanuel Bilodeau est irrésistible en Monsieur Le Bleau, français jusqu’au bout des ongles, affecté, maniéré, amoureux surtout de sa personne. Le jeu de l’acteur dépasse la simple caricature et nous assistons à une performance remarquable. Pierrette Robitaille, dans le rôle de Pantalon, soulève le public et son interprétation est fort appréciée. Soulignons également le jeu de Ginette Chevalier dans la peau d’une femme de chambre forte et plutôt rusée elle-aussi. Quant à Geneviève Rochette, elle possède beaucoup de charme pour incarner la veuve Rosaura, mais son jeu et sa voix manquent d’ampleur.

La mise en scène de Guillermo de Andrea respecte les règles et les conventions de l’époque et concentre l’attention sur les personnages. Aidée en cela par une scénographie où se déploient de grands panneaux en miroir qui sont surtout mis en valeur dans la deuxième partie, alors que se reflètent, sous de superbes éclairages, des tableaux de grands maîtres italiens.

La pièce de Goldoni, jouée en 2002, ne propose évidemment pas un regard renouvelé sur les relations hommes-femmes. Ainsi, en sortant du théâtre, on ne refait pas le monde, mais on a beaucoup ri et on a passé une très agréable soirée.

 

Sylvie Rheault
Club Culture