Montréal , le 1 mars 2001

Amphitryon:

De Molière.

 

Distribution: Luc Chapdelaine, Noémie Godin-Vigneau, Silvio Orvieto, Richard Fréchette, Alain Fournier, Ginette Chevalier, Rénald Laurin, Marcel Levasseur et Claude Tremblay. Au Théâtre Denise-Pelletier, du 15 mars au 6 avril 2002.

 

Amphitryon, général grec, est parti à la guerre avec, entre autres, son valet Sosie. Pendant leur absence, le dieu Jupiter décide d’aller rendre visite à Alcmène, la femme d’Amphitryon, celui dont il empruntera les traits, question de pouvoir la séduire sans qu’elle ne se doute de quoi que ce soit. Il se fera aider de Mercure qui demandera à la Nuit d’arrêter son char pour suspendre le déroulement de la période nocturne et ainsi favoriser les amours de son maître. Pour ce faire, il transformera aussi son apparence et se fera donc le « sosie » de Sosie. Ce dernier, envoyé par Amphitryon pour aller annoncer son retour, sera bien surpris de tomber face à face avec… lui-même! Amphitryon aura aussi la surprise de sa vie alors que, de retour chez-lui, il entendra sa femme lui parler de la nuit d’amour qu’ils ont passée ensemble. De quiproquo en quiproquo, cette situation étrange connaîtra son dénouement alors que Jupiter dévoilera son petit subterfuge à tous avant de repartir sur son nuage.

 

Molière doit se retourner dans sa tombe s’il peut voir cette version « yo » de sa pièce! En effet, on assiste ici à un « remix » à la mode hip-hop de cette comédie qui date tout de même de 1668! L’idée n’est pas mauvaise quand on  sait que le mandat premier du Théâtre Denise-Pelletier est de toucher le public étudiant qui fréquente majoritairement l’endroit. Mais, pour ce qui est du public adulte, il n’est pas certain qu’il puisse s’intéresser longtemps à cette enfilade de clins d’œil aux vidéoclips actuels et au langage en vogue (on a même ajouté des « yes » et d’autres petites expressions à la mode).

 

Certes, le bagage du metteur en scène Yves Dagenais, comédien aguerri et clown connu internationalement sous le nom de Omer Veilleux, justifie probablement l’interprétation souvent caricaturale des personnages, le jeu physique et plutôt B.D. qui tombe même dans le cabotinage. Le recours à tous ces procédés comiques fonctionne souvent mais, à la fin,  on en a assez. Tous les interprètes semblent bien se prêter au jeu et nous livrent de bonnes prestations, tout à fait dans le ton.

 

À assister avec votre cœur d’ado.

 

 

Pascale Canicchio

Club Culture