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Essai
Éditions
Trois-Pistoles
Auteur : Victor-Lévy Beaulieu
265
pages
ISBN : 2-921898-70-5
Victor-Lévy
Beaulieu trace un portrait dramatique teinté d’humour et d’ironie de sa
jeunesse vécue dans sa famille à Trois-Pistoles…..
Quarante-quatre
pages de souvenirs heureux et malheureux menant à sa toute première expérience
littéraire, une lettre ouverte choisie parmi tant d’autres par l’écrivain, Yves
Thériault…dans « La Patrie » en 1961. Un événement encore présent dans son esprit.
C’est
à la page 49 que Victor-Lévy Beaulieu commence le récit du célèbre auteur. C’est avec Paul Michaud que Yves Thériault
fait son entrée chez Grasset en France.
Malheureusement, à cause de ses mains baladeuses sur tout ce qui portait
une jupe, Thériault fut expulsé sans détours des couloirs de la gloire. Et comme si ce n’était pas assez, Paul
Michaud ferma la porte à l’écrivain, le résultat de la libido exacerbée de
Thériault.
À
travers sa propre histoire, Victor-Lévy Beaulieu nous décrit son parcours
palpitant en passant par les banques, Radio-Canada, ses rencontres avec les
auteurs de l’époque, les chansonniers tel Félix Leclerc etc….À la radio de
Radio-Canada, CKAC « La Louve » est l’un des premiers textes
radiophoniques de Thériault et Victor-Lévy Beaulieu écrivait des textes pour
l’effet sonore.
Par
exemple, l’auteur nous apprend la faillite personnelle qu’a traversé Thériault,
suite à la présentation d’une pièce de théâtre au « Gésu », « Le
marcheur ». Ce fut cette faillite
qui détourna définitivement Thériault du théâtre.
Ajoutons
à cela son voyage en Europe en compagnie de sa femme, son fils et sa fille plus
une tonne de bagages et une voiture.
« Comme
cela se passe souvent dans la carrière d’Yves Thériault, le rêve de la grande
vie internationale cohabitant avec l’aisance financière tourne surtout au
vinaigre…..À son retour à Montréal, il est aussi désabusé qu’amer. »
« En
regardant Thériault manier ses gros sacs de moulée, je comprenais mieux son
obsession pour tout ce qui est brutal, vindicatif et mutilatoire. C’était dans le fond même de sa nature
depuis l’origine du monde. »
Ainsi
va la vie en compagnie d’Yves Thériault, un être révolté, impulsif, un génie
mais également un être complexe.
Victor-Lévy Beaulieu se raconte à travers ses rencontres avec l’homme,
l’écrivain et son œuvre.
« Toute
sa vie, Thériault a pensé qu’en tant qu’écrivain il gagnerait un jour le gros
lot et que, riche enfin, il pourrait s’adonner librement à l’écriture tout en
menant la grande vie – de longs voyages en mer, des séjours en Italie, de
belles chambres dans de grands hôtels et un vestimentaire approprié; tuxedo, chemise blanche et nœud papillon
comme ceux que portaient les écrivains américains qu’il avait fréquentés, les
John Dos Passos, les John Steinbeck et les Ernest Hemingway, des stars de
l’écriture aussi célèbres que celles fabriquées par le cinéma de
Hollywood. »
La
relation amitié – affaire qu’avaient Thériault et Beaulieu s’est avérée
épineuse mais très riche en éditions et en écriture…..
L’auteur
se raconte et raconte l’œuvre de Thériault.
Il raconte tout en analysant, l’œuvre du plus prolifique des écrivains
québécois. Il fut le premier qui fit de
l’écriture une profession. VLB revisite
pour le lecteur le luxuriant labyrinthe d’un écrivain qui, grâce à son oeuvre,
a rendu le Québec non seulement dans ses grosseurs, mais aussi contemporain au
reste du monde.
Une
lecture passionnante, accrocheuse, tendre et ironique…..avec une touche de
profonde amitié et une admiration justifiée.
Bonne
lecture !
Francine
Charrette
Club-Culture