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Les
éditions du soleil de minuit
Auteure : Louise-Michelle Sauriol
202
pages
ISBN : 2-922691-17-9
Genre : roman jeunesse
Pour les
11 ans et plus.
Cette
histoire a été écrite avant « les événements ». Elle est dédiée à tous les jeunes qui
souffrent ou ont souffert de la guerre.
Amina a
quatorze ans et adore s’exprimer par les arts visuels et la danse. Suite à un concours de dessin, elle réalise
un rêve : vivre une semaine dans
le Grand Nord avec des jeunes de son âge.
Mais l’aventure tourne au tragique un soir de balade en motoneige. Au milieu du danger, elle, qui n’entend rien
de la parole ou du bruit, connaîtra tour à tour la peur, la révolte et
l’espoir.
« Dehors,
plus rien. Le blizzard total. L’anéantissement des formes et des
couleurs. Disparue, la toundra; éteinte, la nuit boréale. Seul règne le vent. Entre ces murs de vieilles planches, combien
de temps résisterons-nous ? »
Une
entrée en matière brutale.
Nous
sommes en compagnie d’Amina Sharif, une petite musulmane arrivée au Canada avec
son père à l’âge de cinq ans. Son père
est joaillier et elle n’entend rien de la parole ou des bruits. Elle est sourde. Parfois, il lui arrive de parler avec son corps en suivant le
rythme ou encore avec ses crayons et ses pinceaux. Son ambition, devenir peintre et cinéaste.
Lors
d’un concours de dessin à l’école elle s’applique à représenter le Grand
Nord. Résultat, elle gagne un voyage au
Nunavik, ex-equo avec un garçon de Sherbrooke, Alain Charest. Tous deux accompagnés d’un professeur, ils
arriveront dans un village appelé Tikiraapik.
Arrivée
au village, Amina fait la connaissance de Léah, une petite fille qui souffre de
problèmes d’audition. À l’école du
village – Ajagutaq – Alain et Amina font la connaissance de leurs nouveaux
amis.
Nous
sommes introduits dans une famille, celle de Léah où nous apprenons que dans le
Grand Nord, lorsque quelqu’un n’entend pas, ses amis et sa famille apprennent
aussi les signes. On y découvre
également les coutumes et les traditions.
Le grand-père
de Léah est sculpteur, ce qui fascine la petite Amina. Les premiers liens se tissent….mais Amina
garde pour elle son histoire. Son
secret est enfoui dans son coeur depuis qu’elle a quatre ans. Elle ne s’est jamais confiée. « Je n’en parle à personne et j’ai
enfoui mon histoire dans les sables de mon ancien pays. »
Pour
Amina, le cercle de famille de Léah est large.
Même le chien Nanuq (ourson) y trouve sa place. Elle comprend pleinement la signification du
mot « liberté ».
L’auteure
a fait le choix de développer l’intrigue en y mêlant le présent et le
passé…..En même temps qu’Amina se rappelle en détail les événements ayant
précédé l’accident, elle décrit la situation tragique dans laquelle elle se
trouve maintenant, perdue dans ce pays de glaces, en compagnie de Jiimi.
À
travers les yeux d’Amina et sa sensibilité, nous faisons la connaissance d’une
foule de gens, de mots et de mythes.
Par exemple : quand on met
son linge à l’envers, on attire le vent.
Les
journées passent et Amina garde les yeux ouverts et s’imbibe de tout ce qui est
nouveau pour elle et surtout les légendes nombreuses qui flottent dans
l’air….Elles sont présentes partout :
coutumes, langue, costumes, chants et les grands déserts de glaces.
Dans sa
nouvelle classe, elle expérimente des exercices d’écriture, de mimique ainsi
que des exercices de création qui la passionnent avec sa nouvelle amie Léah.
Un soir,
Amina est invitée à se joindre à une bande de jeunes dans une cabane, loin du
village. Un accident se produit et Jiimi
et Amina sont forcés de revenir dans la cabane, seuls dans la nuit. Le grand vent Anuri se déchaîne dans une
colère indescriptible.
À partir
de ce moment, le passé rattrape le présent et le lecteur accompagne Jiimi et
Amina dans leur combat pour la vie, en pleine tempête, dans l’incertitude la
plus complète.
La
solitude et le danger les rapprochent doucement et le temps les forcent à
s’apprivoiser et à découvrir qui ils sont.
Ils parlent et échangent leurs souvenirs. Pour Amina c’est enfin le moment de s’ouvrir, de laisser passer
sa peine. « Une confiance inconnue
me réchauffe le coeur….Quelques instants après, assis l’un à côté de l’autre,
nous tenons tour à tour la lampe de poche pour éclairer nos messages
hésitants. Notre misérable refuge devient
habité par des mots. »
Jiimi
est Inut et Amina, arabe. Ce n’est
seulement qu’à la fin du récit que nous constatons qu’il n’y a jamais été
question de préjugés raciaux, comme la religion, la politique, la couleur de la
peau. Le lecteur est en présence
d’êtres humains qui se découvrent et apprennent à vivre ensemble.
Un roman
exceptionnel sur la tolérance, la découverte, l’amitié. Ce qui nous surprend le plus c’est la
surdité d’Amina. Elle devient
secondaire face à la vie et les valeurs qui nous sont communiquées dans ce
roman de Louise Michelle Sauriol.
À lire !
Francine
Charette
Club-Culture