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Ma chère Margot

L’Avaleur de sable

Stéphane Bourguignon

Québec Amérique, coll. «Compact», 2001

240 pages.

 

«Célébrer la vie, la vie»

Lundi soir 19h30, vous êtes assis devant votre téléviseur et vous ne l’allumez pas, sachant pertinemment que vous ne trouverez plus ces visages familiers et aimés du téléroman La Vie la vie. Au lieu de déprimer devant votre télé éteinte, ouvrez donc un livre, plus précisément L’Avaleur de sable de Stéphane Bourguignon, celui-là même qui est l’auteur de votre émission préférée, désormais morte et enterrée. Vous trouverez, dans la collection «QA compact», une réédition de ce roman paru pour la première fois en 1993.

Lors de cette lecture, vous passerez de très bons moments en compagnie d’un auteur drôle et inventif, vous retrouverez son ton caractéristique où se côtoient tendresse et dérision. L’Avaleur de sable traite des relations homme-femme en mettant en scène des personnages, dans la vingtaine cette fois, profondément humains et attachants. Julien, 26 ans, ne se remet pas tout à fait de la mort de Florence, son amoureuse trop tôt disparue et il se jure de ne plus tomber amoureux d’aucune femme. Promesse qu’il ne pourra tenir évidemment. La belle Annie saura déployer ses charmes et convaincre Julien de lui faire un enfant.

La vie est un thème cher à l’auteur, la vie dans toute sa grandeur, dans ses émois, dans ses tourments; cette vie que l’on dévore: «je veux manger de la vie comme de la vache enragée» (p. 240). Tout comme cette vie qui arrive par ces «petites bêtes» (c’est ainsi qu’il nomme les bébés) qui voient le jour.

Le dernier épisode de La Vie la vie rendait hommage justement à cette pulsion de vie qui couve et se traduit dans l’amour, l’amitié et les enfants courant partout, la vie «comme une [grande] respiration». L’Avaleur de sable nous transmet cette même urgence, ce besoin criant de vivre avant de mourir. Pour prolonger le plaisir, plongez dans Le Principe du geyser, le deuxième roman de l’auteur qui vient lui aussi d’être réédité dans la collection «QA compact».

Alors bonne lecture et que l’on ne vous entende plus vous plaindre de la disparition de La Vie la vie. Stéphane Bourguignon continue d’écrire et je suis convaincue qu’il sera heureux si vous allez jouer dehors ou si vous dévorez la vie et les livres, les siens comme ceux des autres.

Sylvie Rheault
Club Culture