

Ainsi, Victor-Lévy Beaulieu, Madeleine Gagnon, Denis Leblond et Sylvain Rivière ont été invités à écrire une pièce dont le thème serait l'Est du Québec. Durée? Trente minutes. Nombre de personnages? Quatre, soit deux hommes et deux femmes. Accessoires autorisés? Une table et quatre chaises. Ajoutons que chacun devait écrire un texte destiné à être mis en musique et à être intégré dans la pièce. Alors, tous les quatre se sont mis à leur table de travail, chacun de son côté, pour exécuter ces «variations sur un même thème».
Et variation, il y a eu! Chaque auteur a su imprimer sa marque et sa poésie à l'oeuvre qui a été réalisée. Si les consignes étaient les mêmes au départ, les fruits produits avaient un goût bien différent. Une écriture tantôt empreinte d'une violence à peine contenue, tantôt railleuse, tantôt très mélodique.
Si le ton et le rythme des quatre pièces diffèrent, en revanche des traits communs les relient entre elles. Par exemple, on retrouve régulièrement une dualité entre certains thèmes majeurs. Ainsi, il est souvent question d'espoir mais aussi de désillusion; d'exil mais aussi de retour aux sources; et dans ce dernier cas, des retours espérés mais aussi des retours qui ne surviendront pas. Autre constante, on sent un attachement profond à un pays qui n'en finit plus de se définir, la quête d'une «terre promise», mais par-dessus tout une poésie éminemment féconde.
Accéder au monde théâtral québécois par la lecture de pièces de théâtre est une façon privilégiée de connaître les réalisations des auteurs d'ici. AvecPièces de résistance en quatre services, on aura tôt fait de connaître des créateurs dont la parole et la poésie sont indéniablement efficaces.
Monique Duguay
Club-Culture
