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Si les premières lignes de Mémoires d’un homme de ménage en territoire ennemi nous rappellent la fougue de Christian Mistral, les pages suivantes nous rappellent bien que Sir Robert Gray n’est pas l’autre avec son propre style et son propre univers. Et qu’à cela ne tienne, son univers est celui d’un Anglo, homosexuel, et homme de ménage.
À saveur autobiographique, ce premier roman raconte les mésaventures de l’auteur comme un livre ouvert et, cela, de son enfance jusqu’à ce que la mort vienne marquer sa vie pour de bon. Entre les deux, le boulot d’homme de ménage - pas toujours rose -, l’amour, un système de garderies mal foutu, la vie de gay, un Montréal très bien décrit et la chicane entre anglais et francophones - toujours d’actualité et, nous imaginons, le restera encore longtemps puisque "crisse y a rien qui a changé."
Dans un style bien particulier, le sien, il arrive à décrire une réalité que les hétéros ne connaissent pas et démontrer aux "frogs" ce que pensent vraiment les Anglos à leur sujet. Coeurs sensibles donc s’abstenir car la baise y est crue et le dessin des francophones vaut un bon E. Mais bon, il est toutefois nécessaire de dire merci à Gray car ses Mémoires d’un homme de ménage en territoire ennemi font du bien à la minorité de francophones qui voient clair et qui s’insurgent, tout comme lui, contre la culture populaire canadienne française et contre tous ses pseudos intellectuels qui pullulent et polluent le grand Montréal, mais aussi un Québec en DEVENIR. Et désolée pour les Anglos et les populaires qui ne partagent pas cette opinion...Tant qu’à être baveux, mieux vaut l’être jusqu’au bout! N’est-ce pas Sir?
Marie-Claude Cloutier
Club-Culture
