MÉDIAPOLIS

LES Editions Québec Amérique

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ISBN :2-89037-974-4

Pour une ancienne étudiante, une mordue des droits de l'homme, ancienne manifestante contre le dégel des frais scolaires, le droit des policiers restera toujours à renégocier. C'est donc à reculons que je me laisse guider dans l'essai de Camille Gagnon : Médiapolis. Ancien porte-parole de la sûreté du Québec, et ex-garde du corps de René Lévesque et de Robert Bourassa, Camille Gagnon décrit son ouvrage comme une réflexion sur le mariage de raison entre les corps policiers et les médias. Étrange association où les deux partenaires ne partagent ni les idées, ni les raisonnements ni les même buts.

L'auteur nous amène à travers divers événements dont il a été plus ou moins mêlés au cours de sa carrière. Au début, il s'agit de plusieurs bavures policières cautionnées par l'auteur. Puis la crise d'Oka, volet intéressant pour celui qui n'a pas suivi le débat du début à la fin. Suivi de la guerre des motards pour ceux qui se souviennent du climat de délire qui régnait quand la guerre entre les Rock Machine et les Hell`s Angels a éclaté. Dans cet essai les médias sont perçus comme un monstre insatiable qui n'a de cesse que lorsqu'il a fait le plus de dégâts possible. Image totalement justifiée. Mais le monde étant ce qu'il est, les policiers doivent compter avec eux ou se retrouver dans l'eau bouillante ( où ils se retrouvent de toute façon).

Un chapitre particulièrement savoureux est celui où il est question du Roi Arthur. Ce personnage haut en couleurs, qui est en fait le " roi des ondes " à CHRC, André Arthur, est dépeint par Gagnon comme un individu prêt à toutes les bassesses, mêmes les histoires fabriquées, pour mettre la police dans l'embarras et il y arrive plus souvent qu'on pourrait le croire. A ma grande honte, il est pour moi, le personnage le plus intéressant de toute l'histoire. L'auteur en profite pour régler ses comptes une bonne fois pour toutes en racontant des anecdotes où le " roi des ondes " se fourvoie, mais l'effet contraire se produit et on rit avec ce personnage qui se moque de la police et la traque avec une mauvaise foi apparente.

Il reste que Médiapolis est intéressant pour ces parcours historiques qui nous permettent de comprendre l'évolution et le pourquoi des événements et surtout parce qu'il est facile à lire quoique le ton est souvent moralisateur. A cependant éviter: les anarchistes, les universitaires en mal de grèves et les empêcheurs de tourner en rond. Pour les autres bonne lecture car tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes.

Club-Culture

Volnya Eugène