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LES
DAMES DE LA LOIRE
Roman
Plon
Auteur : Ménie Grégoire
398
pages
ISBN : 2-259-19188-6
Nous
sommes en 1858, à Tours. Au cours d’un
grand bal, Julie Guiet de la Gravière fait son entrée dans le monde sous la
conduite de sa tante Hortense, une femme splendide très à la mode. Agée de dix-huit ans, issus d’une noblesse
désargentée, Julie chavire bien des cœurs.
C’est pourtant Gustave G., un bourgeois un peu terne, qui obtient sa
main. Julie se coule avec facilité dans
sa nouvelle vie de femme mariée.
Oubliées les rêveries de jeune fille, les lectures de romans,
Jean-Jacques Rousseau, George Sand….De son union avec Gustave, naissent deux
filles et, bientôt, l’ennui. Secrètement,
elle commence à écrire des romans pour le « Journal des modes ». Lors d’une fête champêtre, donnée à Tours
par un cousin proche de la cour impériale, elle découvre l’amour avec Edouard,
peintre d’avant-garde. Sous prétexte
d’aller signer un contrat d’édition,, elle le rejoint et découvre avec lui le
Paris de la politique et de la bohème.
Dès lors, sa vie est illuminée par la passion, à travers la guerre,
l’invasion prussienne et les massacres de la Commune. Julie vit enfin pleinement, vite et fort. Mais Edouard a-t-il encore une place dans ce
tourbillon ?
« Les
La Gravière, petite noblesse provinciale, avaient été totalement ruinés à la
Révolution et aucun d’eux ne s’était abaissé à gagner vraiment de
l’argent….Éléonore était de la tribu des Rose, la plus célèbre fabrique de
soieries de Tours qui remontait à François 1er. Une belle dot, bien nécessaire aux La
Gravière. »
Le
roman de Ménie Grégoire ouvre sur un dîner de famille. Ainsi, nous découvrons les personnages
principaux à travers des discussions sur des sujets d’actualité de l’époque
dans une atmosphère de retenue et de bonnes manières.
Dans
le deuxième chapitre, la tante Marthe offre un livre du Chanoine Brun sur
l’engagement dans la voie sacrée du mariage : « Futures épouses ».
Julie a dix-huit ans et est promise en mariage. Voilà toute l’éducation sexuelle qu’elle
reçoit. Obligations, soumission,
devoirs conjugaux, l’éducation, la chasteté…..Dès lors, le personnage de Julie
se précise : caractère,
personnalité, curiosité, détermination, vision. Son libéralisme, son indépendance annoncent une révolution
sociale profonde. La femme que
représente Julie s’exprime, défend ses idées, exige.
Le
roman de Ménie Grégoire est écrit avec élégance et raffinement. Elle prend un soin évident à décrire les
lieux pour nous plonger à l’époque des grands changements, c’est-à-dire la fin
du 19ième siècle et la venue du 20ième siècle. Une esquisse soignée.
Un
style délicat et intimiste nous invite à suivre l’évolution de Julie. Le lecteur perçoit ses moindres
frémissements, ses plus intimes désirs.
Julie mènera une double vie, celle d’une femme mariée, mère de famille
respectable ainsi que celle d’une amante passionnée et écrivaine.
« Les
dames de la Loire », une fresque remplie de chaleur et d’émotion, une
histoire d’amour impossible écrit avec exubérance et audace.
D’ailleurs,
à la toute fin, Ménie Grégoire précise :
« Ceci est un roman, mais Julie a existé et vécu à Chinon sous le
second Empire et durant la guerre de 70.
C’était mon arrière grand-mère.
Elle avait chez elle la collection reliée en cuir blanc de dix-sept
romans, tirés et retirés, qui ont disparus. »
Née à Cholet. Venue à Paris pour suivre des études d’histoire et d’égyptologie, elle écrit un premier livre, « Le Métier de femme », qui lui ouvre les portes de la presse. Sa tribune quotidienne à RTL durera quinze ans. Elle écrit des essais, des romans, tient l’édito de 8 heures à RTL, anime une émission de télévision, signe l’éditorial de France-soir.
Bonne
lecture !
Francine
Charrette
Club-Culture