Retour à la liste

OÙ ES-TU

OÙ ES-TU ?

(roman)

 

Auteur :  Marc Levy

Éditions :  Robert Laffont

267 pages

ISBN :  2-221-09374-7

 

 

Résumé

Ils ont passé leur enfance et leur adolescence ensemble.  Avec l’optimisme de leur jeunesse, ils se sont promis de s’aimer pour toujours – quand bien même le destin devrait les séparer.  Et la vie va les écarter l’un de l’autre comme deux étoiles soumises aux lois de la gravitation.  Elle affrontera la violence des ouragans en Amérique centrale, tandis qu’il réussira à Manhattan, dans la jungle des affaires.  À l’exception de quelques rencontres furtives, à l’aéroport de Newark, ils ne sauront de leurs vies réciproques que ce que disent les lettres qu’ils vont s’écrire pendant des années.  Sans jamais que se brise le lien qui les unit……

 

 

Après le succès foudroyant de « Et si c’était vrai… » classé sur les listes des best-sellers plus de 70 semaines, le plus vendu en France et traduit en 28 langues, classé numéro 10 en Grande-Bretagne et numéro 4 en Italie, Marc Levy revient en force avec « Où es-tu ? », une fabuleuse histoire d’amour.

 

Il commence ainsi :  « Il est né le 14 septembre 1974 à 8heures du matin par 15o30' de latitude nord et 65o de longitude ouest, ce qui situait son berceau sur une petite île au large des côtés honduriennes.  Personne n’avait prêté attention à cette naissance, la 734e inscrite sur le registre. » 

C’est ainsi que Lévy capte notre attention sur la naissance.  Non pas sur celle d’un enfant mais c’est tout comme puisque les phénomènes météorologiques d’importance ont une personnalité et un visage.  On leur donne un nom selon leur force et leur potentiel destructeur – féminin ou masculin.

 

Voilà le contexte dans lequel Lévy introduit ses deux héros :  Susan et Philip.  Tous deux sont aspirés à la fois par leurs passions et leurs démons.  De son côté, Susan poursuit un rêve dont elle ne peut mesurer l’ampleur mais il est là, pressant et viscéral.  C’est dans le « Peace Corps » à Washington, un organisme humanitaire qu’elle investira toute son énergie.  Elle arrive au Honduras, après le passage de l’ouragan « Fifi » où règne la dévastation et la mort.

 

Pour Philip ce sera les études intensives à l’Université, dans un domaine où la compétition est féroce :  publicité et marketing.  Il quitte le noyau familial pour trouver une liberté, sa liberté et se bâtir une identité propre.  Après le départ de Susan, il plonge tête première au cœur de la mégapole, New York dans le quartier de Soho.  Lui aussi doit poursuivre ses rêves, même si cela signifie la rupture momentanée d’une relation amoureuse.

 

Deux êtres unis par un amour profond mais déchirés par l’urgence de poursuivre leur voie respective au prix d’une séparation.  Dès lors, deux mondes parallèles surgissent. 

 

Ils s’écrivent régulièrement mais à mesure que le temps passe, que les semaines et les mois s’écoulent, la fissure est évidente voire même inévitable.  Chacun s’accroche à cet amour profond comme à une bouée de sauvetage mais la vie en a voulu autrement.  Sporadiquement, Susan revient aux État-Unis, elle s’arrête à l’aéroport de Newark, rencontre Philip, ils s’assoient à la même table devant la baie vitrée et manger le même « sundae », trois boules de crème glacée, chocolat-caramel…..

Newark devient un symbole important, il représente le lieu de départ de Susan mais également l’espace magique d’une réunion possible dans le temps entre Philip et Susan.  Là s’est arrêté le temps « amoureux » et ce n’est que là, peut-être, que le temps du retour et de la continuité peut reprendre son cours….

Newark est également un court métrage qui se répète à chaque rencontre……

 

Ce roman questionne les sentiments, la complexité des rapports humains, la force irréductible des attachements sincères, le prix à payer pour garder le respect de soi et des autres.  Les démons de Susan deviennent, petit à petit les démons de Philip.

 

Pour lui, la vie continue à travers la jungle des affaires et l’espoir de pouvoir enfin retrouver Susan.  Il croit sincèrement que l’amour vaincra sur la raison….

Les années se succèdent, Philip a mûri, il a passé à travers des intempéries comme Susan l’a fait de son côté. 

Philip avait promis à Susan qu’il serait toujours là, quoi qu’il advienne.  Il ne pouvait pas savoir que cette promesse allait profondément bouleverser sa vie.  Que pour l’honorer, il devrait ouvrir son cœur à une personne inconnue…..une personne dont l’intrusion transformerait son univers bien au-delà de ce qu’il pouvait imaginer….

 

Son deuxième roman diffère de son premier par le style, la construction, le ton.  C’est une histoire d’amour intelligente et moderne, sans mièvreries ni banalités larmoyantes et pathétiques.  Ses balises sont bien ancrées dans la réalité de tous les jours.

Je vous en ai assez dit.  Comme moi, ouvrez le roman de Marc Levy et comme moi, tournez les pages une à une sans pouvoir vous arrêter !

 

Pour ce qui est de « Et si c’était vrai… », Steven Spielberg s’est approprié les droits pour en faire un film.  Ce film est prévu pour 2002.  Ce que le livre possède de mystère, de fragilité, de finesse et de tendresse, Spielberg saura-t-il le rendre sur grand écran ?  C’est à espérer.

 

Bonne lecture !

 

Francine Charrette

Club-Culture