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(roman
historique)
QUÉBEC-AMÉRIQUE
Auteur : Bernard Andrès
862
pages
ISBN : 7640050
Le « Laterrière » de Bertrand Andrès constitue une éloquente exemple de l’art de la fresque historique : rigueur dans la recherche, passion pour le personnage, incessant souci de dire la vérité des hommes, des femmes et de leur époque sans jamais pour autant sacrifier au plaisir du lecteur, en harmonisant habilement la vision de l’Histoire et le jeu romanesque.
Pierre
de Sales Laterrière, grand aventurier du tournant du XIXe siècle, directeur des
Forges du Saint-Maurice, premier médecin diplômé de Harvard, accoucheur
révolutionnaire, défenseur des sages-femmes, franc-maçon, Seigneur des
Éboulements, fondateur d’une véritable dynastie québécoise où l’on retrouve
l’astronaute québécois Marc Garneau, tel est l’homme que l’on suivra du Sud de
la France à Montréal, jusqu’à son exil à Terre-Neuve à cause de fumeuses
accusations concernant son rôle au temps des incursions américaines en territoire
canadien.
Certains
retiendront surtout de ce pittoresque personnage l’indéfectible amoureux et sa
relation houleuse avec Catherine, mariée de force avec Pélissier, son patron
aux Forges. Ce qui n’empêchera pas
Laterrière de vivre vingt ans de concubinage avec l’inoubliable élue.
Voici
une fresque de près de mille pages aussi passionnante par la figure de
Laterrière que par l’écriture vive et passionnée de Bernard Andrès.
Un
roman extrêmement bien documenté :
plusieurs extraits de documents historiques viennent corroborer le
déroulement des événements et des personnages qui ont marqués l’histoire. Ils s’insèrent tout naturellement en suivant
le cours du roman.
Tout
y passe : l’affaire Bigot, les
sauvages (Algonquins), le massacre de Boston en 1770.
À
travers la famille Laterrière, l’auteur porte un regard éloquent sur la
société et la politique. Puis, nous pénétrons dans « Les Forges
Saint-Maurice », (1771-1779).
Épicurien, Laterrière apprend de Bernard Duberger à travers la Gazette
de Québec, la vente des Forges….
À
cette époque, Alexandre Dumas est le protecteur de Laterrière.
Écrit
avec grâce, élégance, délicatesse, le lecteur surprend, aux détours, du vieux
français : « Avale, mon
hobereau ! Déguste, gentillâtre ! C’est
tout ce que tu auras, puceau, pour ton droit de cuissage! »
« Approche
ton visage, nigaud. Par ici, tes
lèvres….Goûtons-y, mon benêt, fait-elle, nous verrons bien, des unes ou des
autres, quelles il convient baiser. »
Au
cœur de cette aventure complexe, nous retrouvons les dessous d’une société bien
pensante, sujette aux caprices des maîtres anglais et bien sûr, de leurs
ambitions. Également, les us et
coutumes, l’étiquette, les amours tumultueuses et les intrigues audacieuses.
Les
femmes y sont également importantes.
L’histoire s’écrit à travers elles et leurs unions, leurs enfants et les
amitiés qu’elles nourrissent entre elles / une correspondance régulière le
prouve.
L’emprisonnement
à la prison de Québec et son exil à Terre-Neuve (1782-1783). Il poursuit avec les balbutiements de la
prise de la Bastille, la pétition révolutionnaire, les signes d’une révolution
imminente à Montréal et à Québec….L’invasion Américaine….
Laterrière
part pour Boston et Harvard pour étudier la médecine. Des documents précieux sur l’étudiant quadragénaire de Cambridge
(1788-1789). Il présente sa thèse sur
la fièvre puerpérale. Il revient près
de Catherine qui a accouché d’un garçon.
Puis,
vient la guerre qui ravage l’Europe et Bonaparte qui menace l’univers….On
verrouille la frontière américaine à Saint-Jean, une triste époque et la fin
d’un siècle. Nous sommes en 1799.
Cette
grande fresque se continue jour après jour, mois après mois, année après
année. Les petits bonheurs quotidiens,
les espoirs, les malheurs, les grandes joies font partie du récit. Les Laterrière sont une famille unie,
chaleureuse et fidèle.
Cette
grande fresque débute vers les années 1740 et se termine vers les années 1815.
De
plus, les pages 813 à 871 vous offrent toutes les références, notes
biographiques et la synthèse de chacun des chapitres ainsi qu’une chronologie
de Pierre de Sales Laterrière
(1743-18150) et de son époque.
Pour
tous ceux et celles qui cherchent un roman historique reflétant l’histoire du
Canada et du Québec alors je vous incite à lire « L’Énigme de Sales
Laterrière ».
Un
roman complet et plus encore !
Qui
a dit que l’histoire était ennuyante et dépourvue d’intérêts ?
Bernard Andrès, romancier et dramaturge, il a également publié de nombreux essais littéraires en tant que chercheur et professeur. Depuis dix ans, il dirige à l’Université du Québec à Montréal un groupe de recherche sur le XVIIIe siècle canadien.
À
lire absolument !
Francine
Charrette
Club-Culture