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LE DIAMANT DE JÉRUSALEM
Michel Lafon
Auteur : Noah Gordon
Traduction : Yves et Claire Forget-Menot
325 pages
Prix : 24,95$
Depuis Nabuchodonosor, la pierre résiste
au tumulte de l’Histoire. Jusqu’au jour
où elle devient l’enjeu suprême.
Héritier d’une longue lignée de
joailliers, Harry Hopeman n’est guère surpris quand on le mandate pour négocier
l’acquisition d’un diamant au destin légendaire : tour à tour fierté du temple de Salomon,
trésor chéri de Saladin, puis extraordinaire ornement de la mitre papale la
pierre avait obsédé son père qui prétendait que ses ancêtres avaient eu le
privilège de la tailler. Harry est
certes alléché par la quête qui se profile, mais peu ravi à la perspective
d’être le jouet du Mossad, du Vatican ou d’intérêts arabes. Alors au diable les passions
politico-religieuses qui se déchaînent :
s’il doit retrouver le diamant, ce sera en mémoire des grands hommes
qui, par-delà les âges, au gré du hasard et de l’errance, lui ont transmis leur
art.
L’auteur alimente son roman de suspense, d’histoire, il touche l’Inquisition, le Mossad dans un Jérusalem contemporain. Une aventure épicée de saveurs d’Orient et d’un zeste d’érotisme. Dans le milieu des diamantaires juifs, Harry Hopeman est approché pour retrouver un joyau qui remonte au temps de Nabuchodonosor.
L’aventure se compose de membres de puissances diverses, Israël, la Palestine et l'Église catholique qui revendiquent tous la propriété légitime du fameux joyau taillé par ses ancêtres. Harry fera équipe avec Tamar, une agent du Mossad chargée de l’accompagner tout au long de sa recherche - elle est conservatrice pour le Musée d'Israël. Également dans le paysage, David Leslau, brillant archéologue au mauvais caractère, misanthrope et un génie en ce qui concerne sa profession.
Pour nous accompagner, l’auteur nous invite à suivre des personnages anecdotiques qui nous aideront à comprendre l’histoire du peuple juif et sa quête pour se reconstruire un pays. Nous refaisons le voyage en Espagne, alors que les Juifs sont persécutés. Julius Vidal sera chargé par Leon Esteban de Costa de tailler un diamant pour le Saint-Père de Rome, le Pape Alexandre. À cette époque c’est le frère Tomas de Torquemada dit le Grand Inquisiteur qui sème la terreur.
Noah Gordon sait raconter. Son récit est truffé de petits détails qui
nous le font apprécier. Il nous fait la
démonstration de la démence d’un pouvoir corrompu par plusieurs clichés ou
préjugés qui, une fois alimentés par la cupidité et la haine, conduisent à des
atrocités.
Une leçon d’histoire sur le pourquoi, et
surtout le comment, les Juifs sont devenus diamantaires, hommes d’affaires ou
encore banquiers. Le volet historique
nous dévoile le talent incontestable de l’ancien
« journaliste ». Comme lui,
il nous fait plaisir de poser un regard sur l’univers mythique des
« Juifs ».
« Le diamant de Jérusalem »
parcourt les corridors du Vatican en compagnie d’hommes d’Église – fins
négociateurs, politiciens aguerris, l’univers secret du Mossad, où on a dépassé
le niveau de l’argent. Le combat se
joue sur un tout autre niveau……
« Chaque fois qu’il achetait un
diamant, Harry pensait à Maimonide. La technologie moderne rendait les
transactions moins périlleuses qu’à l’époque médiévale. »
Haute finance, diamants, fouilles
archéologiques….nous nageons en plein délire entre la réalité et la
légende….Dans ce roman, rien n’est tout à fait noir, ni tout à fait blanc, il y
a les nuances…..Journaliste scientifique, directeur de journaux médicaux et
romancier, Noah Gordon nous offre un roman bien étoffé autant sur le plan de
l’intrigue qui voyage entre le monde actuel et l’époque médiévale que sur la
qualité des personnages et du rythme.
Un sujet passionnant, qui nous tient en
haleine du début à la fin.
À lire !
Francine Charrette
Club-Culture