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MA COUSINE GERMAINE

MA COUSINE GERMAINE

 

Les Éditions du Blé

Auteur :  Jean-Pierre Dubé

205 pages

ISBN :  2-921347-61-X

 

Genre :  roman

 

Synopsis

Dans son deuxième roman, Jean-Pierre Dubé donne libre cours aux dialogues, livrant un texte à saveur érotique, au ton léger et à la structure complexe et originale.  Son écriture lyrique nous entraîne à la fois dans une exploration sensuelle en pleine lumière et dans le désir inassouvi le plus nu.

 

« Ma cousine Germaine », un voyage audacieux au cœur de l’intimité.

 

Il y a Aline, la mère et Gaston, le père disparu.  Il ne l’a jamais connu…..

L’auteur dévoile son nom que lorsqu’il est rendu aux Etats-Unis….Il s’appelle Jean-Paul.  Marc c’est son cousin et Germaine….sa cousine germaine, la sœur de Marc…..

Ils jouent un jeu dangereux.  Ils apprennent ensemble les jeux de l’amour, le désir, les caresses, les plaisirs.  Un jour, la mère de Germaine les surprends, enlacés.  Marc doit venger la réputation de sa sœur et punir l’irréparable….Mais tout bascule dans le cauchemar.

 

« -Ca fait des années qu’on s’est battus comme ça.  Ca fait du bien.

-Comment ça se fait qu’on a arrêté ?

-Parce qu’on a grandi.

-So ?

-On se touche pas comme avant, je suppose.

-Moi, ça me dérangerait pas.

-Moi, oui.  T’es pas une fille, t’es plus comme une femme. »

 

Un cousin et une cousine qui sont comme les deux doigts de la main.  Ils grandissent ensemble.  Ils développent une complicité, une tendresse et une notion du plaisir peu commune.  Aujourd’hui, ce n’est plus pareil.  Ils sont devenus de jeunes adultes.  Germaine révèle à son cousin ses secrets les plus intimes.  C’est l’initiation du corps, des caresses dites « défendues », « Tu fais quoi pour t’exiter ? -  C’est pas de tes affaires. – Mais à quoi tu penses ? -  À rien. -  Je sais pas…j’ai juste besoin de penser à des seins. – Les seins de qui ?  - N’importe qui.  Jovette. – Puis quand t’est bandé, tu te prends dans ta main. »

L’innocence laisse la place à la conscience et les tabous du monde adulte.  Pour Germaine et son cousin, une porte s’ouvre, celle du fantasme, de la sensualité et du plaisir.

Nous avons l’impression que Germaine est celle qui bouscule, qui questionne, qui ose, c’est l’initiatrice….

 

Étrangement, l’auteur prend soin de donner et d’utiliser le nom de Germaine.  Mais, pour ce qui est du cousin, on ne sait pas son nom.  Il n’est jamais prononcé.  C’est un homme, c’est évident, c’est tout ce qui compte pour l’auteur.  Le fait de ne pas pouvoir mettre un nom sur le cousin de Germaine est assez agaçant et étrange.  Nous avons le sentiment qu’on le connaît personnellement.  Il peut être n’importe qui, et pourquoi pas l’auteur ?…..Par contre, Germaine raconte une expérience passée….avec René dans son pick-up.  Là, l’homme a un nom.

 

Le nom du cousin n’étant pas dévoilé, nous avons l’impression d’avoir un paravent fictif.  Le fait de ne pas avoir de nom lui enlève un visage, une identité.  Est-ce un rêve ?  Existe-t-il vraiment ou existe-t-il seulement dans l’imaginaire de Germaine ?

Nous n’avons que le « Je » et « Nos » comme points de repères.

Soudain Germaine s’écrit :  J.-P.  Voilà, c’est lancé.  Il existe vraiment.  Juste avant que les événements changent complètement……et basculent dans le passé. 

 

Ces dialogues deviennent insoutenables….De petites phrases, des onomatopées.  Après un certain temps, on en peut plus de lire ces mots qui se succèdent à un rythme infernal :  « Oui – Alors, ton vrai nom ? -  Jean-Paul. – Jean-Paul ! Great. – Et Marc, c’est qui ? – Mon cousin……C’était ? – Ca fait longtemps que je ne l’ai pas vu. »

C’est énervant !

 

Il y a des moments où j’ai l’impression de lire un scénario de film, une pièce de théâtre….Personnellement, c’est un style d’écriture qui me dérange quand il s’agit de roman….

Jean-Pierre Dubé sait utiliser le mot juste, l’image précise pour émousser les sens du lecteur.  Un petit roman sensuel :  un érotisme délicat – en sous-entendus….des phrases descriptives, élégantes (dans la pureté du style), harmonieuses, elles portent à rechercher et à goûter tout ce qui flatte les sens.  Un style voluptueux.  Ici, « l’agréable » est identifié au « beau ».  L’auteur choisi l’écriture « sensorielle ».

 

Dans la deuxième partie du roman, J.-P. se retrouve aux Etats-Unis après des événements cauchemardesques.  L’écriture devient plus lourde, plus descriptive, plus classique.  Un retour au passé, à l’analyse des événements, à l’intériorité.

L’évocation du passé amène des « noms ».  Maintenant, c’est permis.

 

Je ne vous en dit pas plus…

 

Jean-Pierre Dubé

Un premier roman :  « La Grotte » (roman), 1994.  Prix littéraire des Caisses populaires du Manitoba.

Né en 1954 à La Broquerie au Manitoba.  Depuis ses études à Saint-Boniface et à Laval, il a mené une carrière de journaliste et d’éditorialiste (La Liberté) et de conseiller en matière de politiques éducatives.

 

Bonne lecture !

Francine Charrette

Club-Culture