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Presse de la Cité
Auteur : Wilbur Smith
Traduction de Thierry Piélat
580 pages
ISBN : 2-258-05793-0
Prix : 29,95$
Genre : roman
Suite de « Le Dieu du
fleuve », paru il y a de cela huit ans.
L’Egypte du deuxième millénaire avant
Jésus-Christ, ses pharaons qui ont fait l’histoire, ses temples majestueux, ses
divinités omniprésentes dont les pouvoirs façonnent les destinées de tout un
peuple, tel est le décor grandiose du nouveau récit de Wilbur Smith, le maître
incontesté du roman d’aventures. Avec
pour toile de fond le Nil, ses crues et son limon fertile. Le Nil, le Dieu Fleuve…..
Depuis la mort de la reine Lostris, sa
bienfaitrice, Taita, scribe et esclave de génie, a passé des années en étude et
en recueillement dans l’immensité du désert.
Il y est devenu le Mage, initié aux mystères des dieux, à la magie et au
surnaturel.
C’est depuis le pays des morts que la
reine Lostris sollicite son aide :
nul mieux que lui ne pourra veiller sur le jeune prince Nefer, son
petit-fils, appelé un jour à succéder à Pharaon Tamose sur le trône de
l’Égypte, qui dominait jadis le monde et qui, désormais, est divisée en deux
royaumes, dont l’un est toujours aux mains des envahisseurs hyksos, ces
barbares que, depuis deux générations, les Égyptiens affrontent en des combats
sanglants.
Répondant à l’appel de sa reine, Taita
décide de quitter le désert pour retourner dans le monde des hommes. Avec une double mission : préserver les intérêts de la dynastie et
faire monter le jeune Nefer sur le trône d’une Égypte enfin réunifiée…..
Un écrivain doté d’un talent de
raconteur. Connu pour ses épopées
africaines, il nous entraîne cette fois dans un univers qui suscite
l’émerveillement – celui de l’Égypte ancienne.
Après « Le Dieu fleuve »,
Wilbur Smith prolonge le récit avec des personnages tout aussi sublimes
qu’intrigants. Le pharaon Tamose est
assassiné lors d’une excursion menée par Naja afin d’espionner les Hyksos – les
ennemis envahisseurs. L’altruiste
Tamose est trahi par son homme de confiance et ami de longue date, Naja….C’est
une mort nébuleuse empreinte de trahison et de haine.
Naja est le fils de Timlat et d’une
catin Hyksos, un secret bien gardé mais mis à jour par Kratas, un homme de loi
puissant, riche et ami de Tamose. Il
sera éliminé par Naja lors d’une confrontation à l’intérieur des murs du palais
suite à son retour fatidique.
Naja planifie le meurtre crapuleux de
son pharaon avec un cousin haut placé dans le camp ennemi des barbares pour se
désigner pharaon à la place de Nefer qui n’est pas encore en âge de
régner. Mégalomane, rongé par l’avidité
et la cruauté, il annonce qu’il prendra pour épouses, les deux princesses
Heseret et Merykara, les sœurs de Nefer.
Ce faisant, il referme ses griffes en solidifiant son pouvoir.
Il se proclame le régent officiel de
Prince Nefer et porte le glaive de Tamose à sa taille.
Pendant ce temps, dans le désert, Taita
prépare Nefer. Il doit subir son
initiation – le passage de l’enfance à l’âge adulte -, un rituel essentiel pour
gagner le respect et les honneurs dues à son rang.
Ils sont à Gebel Nagara dans une grotte
où Taita le sage avait vécu en ermite pendant des années après la mort de Reine
Lostris. « C’est là qu’il donnait
toute la mesure de ses pouvoirs. Bien
que Nefer fût novice et n’eût pas une compréhension profonde des pouvoirs
mystiques du vieillard, il ne doutait pas de leur réalité car il en avait
quotidiennement la démonstration. »
Là, Nefer doit trouver son oiseau-dieu,
la consécration de son titre et de sa puissance.
Prescience, rêves prémonitoires, magie,
pouvoirs occultes. Cette épopée regorge
de détails savoureux.
Nous assistons à une séance
chamanique : le Labyrinthe
d’Amon-Rê accompagnée d’une préparation d’herbes médicinales et d’eau
bouillante et dix disques d’ivoire, gravés par Taita. Dix étant le nombre mystique de la puissance suprême,
représentant l’un des dix symboles du pouvoir.
Incantations, balancement hypnotique du corps au rythme des vers
magiques récités. Taita tombe en
transe.
Les pouvoirs du grand Mage sont nombreux
et sa présence est essentielle au récit.
Il est ni plus ni moins que, le Grand Merlin…….
Comme Naja projette d’éliminer Nefer, il
envoie une petite armée à sa recherche dans le désert avant qu’il n’apprenne la
mort de son père Tamose.
Retrouvés, Taita et Nefer reviennent
auprès de Naja pour y apprendre la mort du pharaon. Le désir de Naja est de s’accaparer les secrets de la vie
éternelle par l’entremise de Taita.
Rusé et habile, ce dernier aveugle Naja et le convainc de son entière
collaboration. Mais, le jour venu,
Taita presse Nefer de le suivre dans le désert pour échapper à la mort.
Par étapes, les deux héros
progressent. Ils se sont réfugiés en
des lieux secrets dans les profondeurs du désert. Des années passeront avant que le fils puisse venger la mort de
son père et réclamer le trône d’Égypte.
À travers les péripéties, Nefer
rencontre la princesse Hyksos, Mintaka, lors d’un banquet donné au palais par
Naja pour signer des documents de paix entre les deux peuples.
À chaque intervention de Naja pour
éliminer ses adversaires, des événements imprévisibles surviennent pour déjouer
ses plans et pendant ce temps Taita et Nefer construisent une armée tout en se
préparant pour le dernier combat.
Après s’être approprié des richesses et
des villes entières, Naja se croît invincible mais il apprendra à ses dépens
qu’il ne faut jamais sous-estimer son ennemi.
De son côté, Taita rencontre également
des écueils sur son passage – Ishtar le Mède, un puissant mage au service des
ténèbres et de Naja. « Avec
l’index gauche, il traça sur la roche le symbole sacré de Mardouk, cracha
dessus et invoqua le dieu en prononçant ses trois noms secrets. – Cache-moi de
mes ennemis, puissant Mardouk.
Ramène-moi sain et sauf à ton temple de Babylone et je t’offrirai le
sacrifice que tu aimes tant, promit-il, songeant à celui des petites filles,
que le dieu appréciait par-dessus tout. »
Ishtar et Taita se connaissent depuis
très longtemps. Maintenant, une
confrontation s’impose mais comme Naja, il croît pouvoir gagner le combat et
détruire Taita une fois pour toute.
Une histoire à trois volets – l’histoire
de Taita et de Nefer, l’histoire d’amour entre Nefer et Mintaka et finalement,
les combats impitoyables que se mèneront Nefer et Naja, accompagnés de leur
mage respectif.
Tous les trois, sont intimement liés et
magnifiquement développés.
Une épopée lointaine mais quand on y
regarde de plus près, nous sommes en présence de l’Homme et de la guerre, de
ses folies démagogiques, de sa grandeur comme de sa villéité. L’essence est typiquement contemporaine et
l’histoire se répète malgré les siècles qui la sépare. Le lecteur pénètre dans l’amphithéâtre de la
vie, en suivant les péripéties de Nefer.
Le bien et le mal, le crime et la
justice, l’amour et la haine, les ténèbres et la lumière…Nous pourrions
continuer longtemps sur cette approche classique que l’auteur utilise mais ce
qui est captivant ce sont tous les détails contenus dans « Les fils du
Nil » - objets, décors, habits, rituels, lieux, etc….
Wilbur Smith puise dans une histoire
lointaine qui n’a pas encore tout dévoilé de ses secrets et de ses
trésors.
Je qualifierais ce roman d’harmonieux,
fabuleux, allégorique, ample et définitivement animé!
Bonne lecture !
Francine Charrette
Club-Culture