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LA REINE DES PLUIES

(roman)

 

BELFOND

Auteure :  Katherine Scholes

Traduit de l’anglais (Australie) par Marthe Lomont

 

435 pages

ISBN :  2-7144-3895-4

 

Synopsis

Pâques 1974, près de la frontière rwandaise, à l’ouest de la Tanzanie.  Kate a douze ans lorsque ses parents missionnaires, le Dr Carrington et son épouse Sarah, sont sauvagement assassinés.  Seule une femme blanche, que les indigènes nomment la Reine des pluies, réchappe mystérieusement du carnage….

Vingt ans plus tard, en Australie, Kate se lie d’amitié avec une étrange voisine qui l’intrigue autant qu’elle la fascine.  Jusqu’au jour où la vieille dame lui révèle son incroyable secret :  elle est Annah Mason, sa propre marraine et la meilleure amie de sa mère !

De celle qui fut la Reine des pluies, Kate va apprendre la vérité sur son passé africain et sur la tragédie qui la rendit orpheline.  Mais elle va surtout connaître l’extraordinaire histoire d’amour que vécurent Annah et Mtemi, un jeune chef de tribu, dans la splendeur de la brousse africaine.

 

 

L’auteure, de nationalité anglaise et australienne, est née en 1959 dans une mission en Tanzanie où elle a passé une partie de son enfance.  Elle a écrit des romans, des nouvelles, de la poésie et des récits pour la jeunesse.  Mariée, Katherine Scholes a deux enfants et vit aujourd’hui en Australie.

 

 

Katherine Scholes aime passionnément l’Afrique.  À travers les yeux d’Annah (femme blanche, jeune infirmière issue de la bourgeoisie anglaise, force de caractère et idéaliste), le lecteur découvre les missions chrétiennes sous toutes ses facettes – bons et mauvais côtés.

Le roman s’étale sur plus de douze années de dévotion dans les coins les plus reculés de la Tanzanie, spécialement sur les frontières du Congo et du Rwanda – deux points chauds où règne le chaos le plous complet avec ses meurtres crapuleux, les nombreuses incursions de « gangs » de la junte militaire à l’intérieur de la Tanzanie.

 

La vie, la liberté, le respect des cultures et de leurs rites transpirent à travers chacune des pages de ce roman. 

Katherine Scholes ouvre cette magnifique saga au moment où deux cerceuils attendent d’être mis en terre.  Il s’agit de Michael et Sarah Carrington, deux missionnaires assassinés à la machette, victime de leur foi – disent les officiels de la Mission.

Le roman se termine également sur ce même événement mais plus en détails, sous le regard d’Annah.  Kate est alors âgée de 12 ans.

 

Puis l’auteure nous amène en Australie, 20 ans plus tard.  Nous sommes alors en présence de Kate.  Elle raconte son expérience comme orpheline, ramenée d’urgence en Australie dans un orphelinat sous la gouverne de la Mission……Quand on lui demande ce qu’elle veut faire dans la vie…elle répond machinalement, sans y réfléchir :  infirmière.

Pas plus impliquée qu’il faut, Kate travaille dans un Institut privé spécialisé en chirurgie esthétique.  Désabusée, elle revient chez elle tous les soirs après le travail.  Elle vit recluse, en solitaire dans sa demeure, un cadeau de sa marraine à sa naissance.

 

La maison voisine a toujours été inhabitée jusqu’au jour où arrive une dame d’un certain âge aux allures et aux habitudes étranges.  Elle se lie rapidement d’amitié avec elle.  Un sentiment étrange ls submerge quand elle est en présence de Jane, la femme d’à côté.  Cependant, de petits détails ne cessent de s’accumuler :  références à l’art africain, des mots en « swaili » jetés ça et là dans la conversation, un bénédicité en dialecte africain que seule, une personne proche de la famille Carrington pouvait connaître etc….

Kate reçoit un paquet dans lequel elle trouve un récit sur l’événement de 1974 – l’assassinat de ses parents…..en plus d’une lettre d’Annah Mason lui demandant de la rencontrer…..S’étant construit un mûr d’indifférence pendant toutes ces années, Kate refuse catégoriquement de retourner dans son passé, et qui plus est, rencontre cette Annah Mason, la cause de la mort tragique de ses parents….

 

Toutes ces années de fuite se terminent par une rencontre inévitable avec Annah, la femme d’à côté….C’est maintenant l’heure de vérité pour Kate.  Cette fois, elle ne peut y échapper.

Alors commence le récit d’Annah, jeune infirmière remplie d’espoir, innocence et de détermination.

 

« La Reine des pluies », c’est le parcours d’Annah qui débarque en Afrique, la Tanganyika de ses rêves à la suite de la découverte des lettres de sa tante Eliza Twaite, infirmière dans la brousse, morte des suites d’une malaria.  Adolescente, fougeuse, prête à tout pour aider les démunis, les malades, Annah rêve de suivre ses traces.  Elle deviendra infirmière et elle ira vivre en Afrique, ce qu’elle fit.

 

Après de longs jours de voyage interminable, elle s’attend à être reçue à bras ouverts dans la grande ville de Dodoma mais les autorités religieuses dont elle dépend voient les choses sous un autre angle et Annah voit son rêve s’évaporer dans le néant….Elle doit obéir à l’évêque, responsable de la gestion des différentes missions en Tenzanie et elle ira das la brousse rejoindre les Carrington qui ont un besoin urgent d’une infirmière diplômée.

Elle était partie pour vivre plus libre, prendre des décisions, surmonter les difficultés en faisant preuve d’inventivité….mais elle se rend vite compte qu’elle se doit de garder le silence et obéir aux règles très strictes qui lui sont infligées.  Règles qu’elle enfreindra à plusieurs reprises, parce que c’est plus fort qu’elle, comme une certitude profonde qu’elle doit agir selon ses convictions, écouter son instinct et lui faire confiance.

 

Quand Annah sera confrontée aux coutumes, aux différents dialectes, différentes tribus et leurs lois, les tabous, les chants et la sorcellerie (magiciens et guérisseurs), elle réalisera combien il est primordial, voire essentiel de respecter la terre Africaine avec ses contradictions, ses différences, ses lois etc….et ce, au prix de sa mission en tant qu’infirmière soutenue par le clergé.

Elle décidera de devenir Africaine à part entière et de s’intégrer à leur communauté.  Il lui en coûtera l’amitié profonde si chèrement payée :  Sarah – la petite Kate et Michael.  Chassée de la maison et de la mission, Annah rencontre Mtemi – un chef de tribu influente, les Waganga.  Une histoire d’amour imprévue entre une blanche et un noir nous plonge au cœur de l’âme africaine.  La rencontre avec les guérisseurs et la sorcellerie, Stanley, l’infirmier dévoué, devenu un frère bienveillant, un ami sincère et fidèle.

 

Encore aujourd’hui, après toutes ces décennies de guerres internes, d’abus de toutes sortes, on continue à, supposément, aider sans frayer avec ces gens-là !

On sait ce qu’il en coûte en vies humaines et de tragédies, autant culturelles qu’environnementales.

 

Voici un roman, un récit d’une beauté sauvage, empreint à la fois de force et de douceur, d’amour et d’incompréhension, de liberté et de restrictions…Des contradictions qui nous fascinent et nous questionnent, sous la plume habile et amoureuse de Katherine Scholes.

 

Des terres occupées par des peuples depuis les temps anciens…..une confrontation brutale de l’Occident avec l’Afrique, une communication inexistante entre deux cultures basée sur l’intolérance, l’aveuglement farouche des religions, le racisme et le mercantilisme.

 

Il faut lire Katherine Scholes  et « La Reine des Pluies » !

 

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Bonne lecture !

Francine Charrette

Club-Culture