

Écrire son premier roman sur la passion amoureuse, sujet le plus universel et le plus exploité de toute l'histoire littéraire, est un pari risqué. Pourtant Diane Denault n'a pas craint d'ajouter son oeuvre à la mer, que dis-je, l'océan de récits passionnels déjà existant. Les nombreux prix littéraires récoltés par l'auteur au cours des 15 dernières années sont autant d'indices lui permettant de croire qu'elle pouvait réussir là où tant d'autres avaient échoué.
Pari gagné? En partie, oui. L'histoire d'Anne et d'Alessandro est belle, déchirante, envoûtante, et elle nous est racontée avec toute la simplicité que peut le permettre la passion amoureuse. Les lettres, ode à la folie amoureuse et fil d'Ariane de leur amour, sont comme une mise à nu de son âme qu'Anne offre avec fatalisme à son amant. Rien d'autre n'existera plus pour ces amants que leur amour fou, ardent, passionné et funeste.
Des lettres sensuelles et lascives que l'héroïne écrit pour son monsieur, on voudrait en être l'auteur. De la relation passionnelle que vivent les deux protagonistes on voudrait en être l'acteur. Mais c'est là que Mme Denault perd son pari. On nous tient à l'écart de cette passion dont on n'est et ne reste que les simples spectateurs. On ne vit pas l'osmose de ces deux êtres qui inévitablement finira pas un déchirement; on ne fait que la lire.
"Comme la main sur la cuisse d'un amant" est écrit dans un style qui rappelle le sable coulant entre les doigts: doux et insaisissable. On retrouve dans ce récit la sensualité, la séduction et le romantisme de la littérature du siècle dernier dans un contexte contemporain. Si ce premier roman n'atteint pas son plein potentiel c'est le genre de livre qui, avec l'arrivée du printemps, est agréable à lire allongé dans un hamac ou tout simplement sur un banc de parc...
Véronique Pepin Hallé
pour Club-Culture
