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NICOLAS DE CUES

NICOLAS DE CUES

 

Saga historique

L’Hexagone

286 pages

ISBN :  2-89006-647-9

 

Auteur :  Jean Bédard

 

Résumé

« Au moment où le Moyen Âge va laisser la place aux temps modernes se dresse, apparentée aux deux périodes, la grande figure du cardinal Nicolas de Cues (1401-1464).  Fils d’un batelier mosellan, étudiant à Deventer, puis à l’université de Cologne, il est plus tard un des théologiens très écoutés du concile de Bâle.  Il part pour Constantinople et la Grèce afin de préparer le concile de Ferrare-Florence, voyage encore comme légat du pape qui le charge de la réforme monastique en Allemagne et dans les Pays-Bas, se fait des ennemis parmi les monastères rebelles et les princes qui les soutiennent, d’où de singulières péripéties.

Cet homme d’action, ce diplomate, est aussi un savant prodigieux.  Autre Pic de la Mirandole sans forfanterie et sans légende, il….possède toute la science philosophique et théologique de son temps, l’histoire naturelle et les mathématiques.  Il dresse une des premières cartes d’Allemagne, s’occupe de la réforme du calendrier, professe la rotation de la Terre, a des vues originales sur le calcul infinitésimal et la théorie de l’atome !

Il connaît bien la littérature mystique et s’intéresse tout spécialement à Eckhart.  C’est en grande partie au soin qu’il a mis à recueillir les écrits du maître, plus spécialement ses œuvres latines, que des érudits ont pu entreprendre de nos jours leur difficile édition critique. »

Jeanne Ancelet-Hustache, Maître Eckhart et la mystique rhénane, Paris, Seuil, 1985, p.169.)

 

Après son remarquable Maître Eckhart (Stock), Jean Bédard s’attaque cette fois, à  Nicolas de Cues, une fresque minutieusement documentée.  Un chemin conduisant à une réflexion profonde sur notre époque, les temps modernes.

 

Philosophe et mathématicien, Nicolas de Cues est souvent considéré comme le dernier penseur du Moyen Âge et premier

penseur de la Renaissance. Docteur en droit de l'université de Padoue (1423) il est ordonné prêtre en 1432. Il soutient l'unité de l'Eglise catholique et la concordance des diverses fois chrétiennes. Il part ensuite à Constantinople mandaté par le Pape afin de préparer le concile de Florence de 1439. Nommé cardinal en 1448, il fut légat pontifical en Allemagne et devint évêque de Brixen (1450), dans le Tyrol, et milite alors pour une réforme de l'Eglise. En 1458, il est appelé à Rome par le Pape Pie II afin d'occuper des fonctions officielles au sein de la Curie. Il meurt en 1464 au cours d'un voyage vers Ancône.

L'oeuvre de Nicolas de Cues, d'une grande puissance, dévoile l’esprit rigoureux, ouvert, curieux et visionnaire. 

L'originalité de cette oeuvre réside dans la tradition médiévale et celle de la mystique allemande, ample et humaniste.

Il préside des synodes, publie des décrets de réforme, entend les plaintes, tranche des conflits, rétablit l'ordre dans les impôts ecclésiastiques, met fin aux abus, réprime le commerce dans les églises, prononce quantité de sermons, nomme des délégués. Accompagné d'une petite troupe d’hommes, il parcourt les communautés à travers l’Europe.  Il reçoit le mandat du Pape, celui de réformer les monastères, les mauvaises habitudes, l’abus, la luxure, le concubinage.  Déterminé à assainir les mœurs, il tient à réformer la vie religieuse, spécialement les religieuses de Sonnenburg et tout spécialement l’abbesse (Verena) puisque sous couvert de la religion, cette dame utilise des jeunes filles de la noblesse tyrolienne pour des fonctions outrageuses…..prônant une existence des plus libertines….Elle en appelle à l'intervention du duc Sigismond d'Autriche. Elle joue de la rivalité entre l'évêque et le duc pour la juridiction territoriale de cette région.  Procès, menaces, intercessions auprès du pape, sursis à exécutions, etc.  tous les moyens sont bons.

 

Il se sentira trahi, bafoué, démuni, face à la cruauté du duc et de l’abbesse….

Des jeux de puissance où s’affrontent la noblesse et le pouvoir religieux.

« ….J’ai été l’ami d’un saint qui avait une vision, ce qui le distingue des autres saints qui, eux, ont des apparitions.  C’était donc un vrai saint. 

Une fin tragique pour un grand génie !

 

Jean Bédard

Né en 1949, essayiste et romancier, philosophe de par sa première formation, il devient par la suite, un travailleur social reconnu au Québec pour sa vision globale de la détresse sociale.  Il n'a jamais cessé d'étudier et d'écrire dans l'espoir de satisfaire un intense besoin de comprendre. C'est à travers une vie professionnelle préoccupée par la détresse morale et la pauvreté galopante des

jeunes qu'il se demande : Qu'est-ce qui ne va pas ?Cela l'amène inévitablement à l'histoire et principalement à l'histoire de la pensée. À titre de philosophe, il a entretenu une correspondance avec Ilya Prigogine (Prix Nobel) qui l'a invité à Bruxelles pour présenter sa pensée à un important séminaire international («Penser l'incertitude », novembre 1997).  Il publie « L’Âme déliée », Montréal, Stanké, 1989, « L’Oil de Tchicohès.  La vision des Bienheureux », Rimouski, Éditeq, 1992.  Son roman historique et philosophique, « Maître Eckhart », paru chez Paris, Stock, 1998, reçoit l’appui inconditionnel de la part de la critique littéraire et des spécialistes de la question.

 

Bonne lecture !

 

Francine Charrette

Club-Culture