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Médiaspaul
Jeunesse-pop
Roman
science-fiction
Auteur : Alain Bergeron
Joail-9
n’était qu’un caillou sans vie, perdu dans l’espace, jusqu’à ce que la
compagnie Syridar y découvre des formations cristallines exceptionnelles. Maintenant, trois cent soixante colons
habitent un village à proximité de la plus belle des forêts de cristaux. Mais peu à peu, tout se détraque. Les bêtes, les enfants, les adultes, même
les robots se livrent sans raison à des actes de violence. Tout le monde dans le village serait-il
devenu fou ? C’est à ce mystère que
devra s’attaquer le jeune David Colin, héros du « Chant des Hayats ».
Une
forêt de cristal. Imaginez un univers
de miroitements où les couleurs du prisme sont à l’infini!
Il
faut avoir une imagination à toute épreuve !
Premièrement
conçu comme lieu touristique Joail-9 comprenait une population de trois cent
soixante personnes. Les espèces
d’animaux au nombre de vingt formaient le noyau de la future faune : des lépusiens de Snofol-2, des gongrenails
sauteurs d’Apaïv-7 ou des riminilii à dos rond de Chodrewa-8 et certains
étaient des animaux de compagnie faciles à apprivoiser. Lysia travaillait sous les ordres de Lucius
Gardiff, les responsables de l’installation.
Dès
le début, une jeune fille du nom d’Evelyne se confie à Lysia. Elle constate qu’il y a quelque chose de
bizarre, que les gens sont en train de devenir fous.
Tout
se confirme un peu plus tard, sous la gouverne de Gardiff : « J’ai vu monter leur agressivité
durant les derniers jours que j’ai passé là-bas – à Joail-9 - . Il y avait des blessés. Je suppose que nous en sommes arrivés au
tour des adultes maintenant. »
Nous
sommes plongés dans un univers débridés et fascinant. En compagnie d’êtres humains, des animaux aux noms créés de toute
pièce, des robots et des vaisseaux composent une communauté futuriste. Un système de galaxies situées à plusieurs
années lumières ayant comme décors, des forêts de cristaux étincelants….Et que
dire des menus originaux : souris
bleues de Gorgogne-6, des cuisses de gormals à la sauce piquante...
Des
compagnies planétaires de la grande organisation Imperia se sont formées dans
le but d’explorer l’univers. Syridar en
fait partie mais sa réputation ne fait pas l’unanimité. David Collin, le fils de l’éminent chercheur
Ian Collin est pris en otage alors qu’il quittait Joail-9. Il possède un don, celui de lire les pensées
et de les contrôler….Le vaisseau se dirige vers une planète, la neuvième du
système Joail, ouverte à la colonisation voilà six ans et Syridar en est le
responsable. Mais pourquoi ce mystère ?
Pour
comprendre toutes les ramifications, la complexité d’Imperia et de ses
colonisations, l’auteur explique avec minutie et crédibilité ses composantes,
par exemple la planète où David se dirige : « Elle fait 65% de la taille de la Terre mais, en raison de
l’importance de sa masse, sa gravité n’est pas moins élevée. Sa particularité est d’être constituée en
majeure partie de minéraux cristallisés.
On n’y trouve aucune forme de vie indigène. C’est Syridar qui a obtenu le permis d’exploitation. Elle termine actuellement la production
d’une atmosphère artificielle ».
Pour
remédier à la situation temporairement, un mage conseille de porter un ancien
talisman : « œufs de
foudre ». D’où vient-il ? Que sait-il ? Pourquoi s’adresser à David ?
Un
habile mélange de légendes anciennes, des talismans antiques, des décors
futuristes éblouissants, des robots presque humains etc…..Un petit mage –
symbole du sorcier magicien et philosophe explique le cristal : « Son métabolisme est différent du
nôtre, il est plus simple, mais il existe.
Il y a beaucoup de similitudes entre la croissance d’un cristal, par exemple,
et celle d’une plante. Tous deux
obéissent à une pulsion vitale. Pour
venir au monde, les cristaux ont besoin de germer dans un environnement
propice, ils grandissent en se nourrissant de la matière qui les entoure. Les cristaux sont des systèmes d’échange
d’énergie. Ils croissent. Ils communiquent. Ils sont sensibles à leur environnement, ils réagissent. – une
intelligence minérale - »
Rencontre
des forces du bien et du mal, abus de pouvoir, confiance, amour,
fragilité. Ajoutez à cela une brochette
d’êtres humains avec leur personnalité, leurs désirs, leur attitude, leur
travers et vous avez là matière à réflexion.
Alain Bergeron pousse l’audace au-delà du réel, dans l’espace, comme un
visionnaire. Il se ballade dans des
mondes parallèles s’adressant à nos sens, à notre soif d’extraordinaire, de nos
limites….Il installe le doute, questionne, analyse et se sert du même
questionnement que celui des scientifiques, lorsqu’ils abordent une
recherche. L’auteur ouvre les portes de
l’invisible et de l’impossible.
« Tout est faux, trompeur,
illusoire…..Rien n’était vrai… »
Et
si c’était possible ?
Il écrit de la science-fiction depuis près d’une vingtaine d’années et collabore à différentes revues québécoises. Son premier roman, « Un été de Jessica » (1978), repris en feuilleton dans « Le Soleil » de Québec, lui a valu le Prix Boréal en 1980. Plusieurs de ses nouvelles lui ont également mérité des prix.
Un
auteur à surveiller si vous aimez la science-fiction.
Bonne
lecture!
Francine
Charrette
Club-Culture