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Là, dans un monde souterrain de béton et d'acier, le vacarme infernal des machines avale chaque nuit quelques centaines de personnes. Là, où la douleur physique et morale s'entremêlent, chaque petite erreur coûte une vie. Non, ce travail n'est pas forcé, non, ce n'est pas une prison, non, ce n'est pas l'Enfer. C'est un travail comme un autre avec en prime quelques risques. Et c'est là que le narrateur "entend ses cheveux qui poussent", toutes les nuits. Mais il apprend peu à peu le métier. Il y a le "Gros" qui lui a beaucoup enseigné; il y a Stella qui lui permet de gravir les échelons hiérarchiques, moyennant quelque "récompense"; et puis il y a Zora, ce petit soleil dans une galerie de numéros et de fonctions où personne n'a de nom. Enfin, il y a le Chantier, le but ultime de chaque ouvrier, un espoir qui donne la force de continuer, chaque nuit.
Ce court roman, Martin Djidou a su le rendre intense au point de tenir le lecteur accroché jusqu'au dernier mot. Il y a concentré un style si dense qu'il vous fait perdre le souffle. Chaque mot ne fait qu'accroître le réalisme du délire du narrateur et dépeint son entourage avec une précision de maître.
La nuit, j'entends mes cheveux qui poussent est le premier roman de Martin Djidou et il vaut plus que la peine d'être découvert.
Anna Manikowska
Club-Culture
