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Éditions
Michel Lafon
Auteur : Maxime Chattam
515
pages
ISBN :2-84098-786-4
Genre : roman/thriller
Abandonnés au fond de la forêt ou de hangars vétustes, des cadavres comme on n’en a jamais vu, mutilés de façon rituelle, porteurs de messages cabalistiques semblables à ceux que laissait derrière lui le Bourreau de Portland, avant qu’une balle dans la tête ne vienne à bout de sa carrière….Le tueur serait-il revenu d’outre-tombe ? S’agit-il d’une secte particulière qui prélève toujours les mêmes morceaux du corps de ses victimes pour d’étranges cérémonies ? Des bibliothèques ésotériques aux égouts de la ville, l’inspecteur Brolin et une jeune étudiante en psychologie plongent dans une enquête infernale, tandis que la police scientifique et la médecine légale se perdent en conjectures.
Et
peu à peu, des brumes mystérieuses de la Willamette River va surgir un secret
effroyable que nos deux limiers devront affronter au péril de leur âme.
L’Âme
du Mal : un suspense implacable,
un rythme palpitant, des découvertes hallucinantes, un dénouement spectaculaire
et jusque-là, pour le lecteur, pas une seconde de répit.
Pour
l’écriture de ce premier roman, Maxime Chattam nous dévoile l’étincelle qui a
allumé ce roman : « La
réalité dépasse la fiction ».
Deux
années de recherche, de lecture, d’études forensiques, médecine légale,
technique policière, scientifique, psychiatrie criminelle…..et plus
particulièrement des tueurs en série.
Un
prologue troublant : en 1980, à
Miami, Kate Phillips – 23 ans et Josh – quatre ans –font leur entrée dans un
centre d’achat commercial. Absorbée
dans ses achats, Kate ne s’est aperçue de rien….Il n’a suffit que quelques
minutes d’inattention et elle ne revit jamais son fils.
Portland, Oregon en 2001. L’auteur ravive nos souvenirs d’enfants: “Promenons-nous dans les bois, pendant que
le loup n’y est pas, si le loup y était, il nous mangerait…”
Juliette
Lafayette – étudiante de quatrième année de psycho - « chat » sur
Internet avec « Oberon », un interlocuteur qu’elle a rencontré lors
de « chat-rooms » il y a deux mois, avec qui elle semble avoir des
affinités. Prudente, elle utilise
également un pseudonyme : « Ishtar »,
le nom d’une déesse.
Son
prof de psycho parle du rapport otage/criminel. « La première phase avec la capture des otages est le
développement du stress, aigu pour la plupart.
Puis vient la phase de séquestration, où se met en place le chantage des
preneurs d’otages : une phase de
déshumanisation, les otages n’étant que de la marchandise. C’est d’ailleurs à ce moment que se produit
l’identification avec l’agresseur, où l’otage surmonte petit à petit la crainte
de la mort et sympathise avec le bandit.
Et enfin la phase séquellaire où apparaissent le stress post-traumatique
ou la dépression. »
Une
entrée en matière forte qui laisse présager le pire….Son amie Camelia demeure
tout près de chez elle. C’est ainsi
qu’un soir après avoir visiter son amie, Juliette marche doucement vers sa
coccinelle. « Le regard de
l’inconnu était fuyant, il ne fixait pas Juliette observant tout autour de lui,
sans se poser un seul instant. Un physique banal, cheveux châtains
mi-longs, assez costaud, mais quelque chose dans son attitude semblait en
porte-à-faux avec le reste. Ses
yeux. Ses yeux ne reflètent pas ce
qu’il montre sur son visage. »
Passons
au Département de police de Portland au cinquième étage, en compagnie de Joshua
Brolin, un enquêteur issu du FBI avec un diplôme de psychologie en poche et
nanti d’un véritable don pour l’étude des pathologies mentales. Son professeur voyait en lui un profileur né
doté d’une capacité peu commune en s’immergeant complètement dans la
psychologie du tueur et comprend parfaitement son fonctionnement. Il fait preuve d’une incroyable empathie et
non d’un simple ressenti, de là toute sa force. Également, nous faisons la connaissance d’un partenaire, Larry
Salhindro, cinquante ans, bedonnant, un tempérament totalement opposé à Joshua
mais complémentaire….
Des
meurtres crapuleux apparaissent :
mort par suffocation, mutilations, tortures, sévices sexuels, portant
toutes une marque étrange sur le front.
Alors commence l’analyse de Brolin pour comprendre le tueur….
« Toutes
ces femmes qu’il voit partout, dans la rue, dans les magazines ou à la télé, il
leur est indifférent, il ne peut en faire ce qu’il veut. Alors, plus il attend et plus sa haine se
développe. »
Petit
à petit Brolin essaie de fouiller les lieux où les victimes ont été
découvertes, il rencontre la médecin légiste….Ce faisant, les pièces du puzzle
se multiplient et tout paraît plus clair….Pendant ces recherches approfondies,
l’auteur nous invite dans l’univers du psychopathe impuissant, un être
intelligent mais pervers.
« C’était autre chose, de plus sournois, une volonté latente de
faire du mal. Juliette essayait de ne
pas se laisser submerger par des idées sinistres, elle devait impérativement
trouver quelque chose à dire ou à faire, encore une fois elle sentait qu’il lui
fallait gagner du temps. »
Pendant
toute la durée du supplice, Joshua progresse……
L’imagination
de Maxime Chattam déborde de magie.
Rien n’est laissé au hasard.
Nous avons à faire à un criminel fin connaisseur de musique, de bons
vins….avec une intelligence supérieure à la normale mais des événements ou un
débalancement chimique ont altéré son cerveau à tout jamais…..Joshua arrive sur
les lieux où se trouve Juliette et réussit à la sauver d’une mort
certaine. Une balle est partie de son
fusil et a fait exploser la tête du fou…..
L’Enfer
est loin d’être terminé et Juliette et Joshua passeront de victime en
victime. Et comme si ce n’était pas
assez, des lettres anonymes font leur apparition : énigmes, mythes, Dité, Achéron, l’ange du
Mal….signées Corbeau. Un personnage
étrange fait irruption dans la vie de Juliette, c’est un ami de Camélia, un
millionnaire étrange, collectionneur de livres anciens, spécialisés en
sorcellerie à travers les âges….certains de ces manuscrits sont des originaux,
rarissimes….
Je
ne vous en dit pas plus…..vous avez une histoire ficelée de mains de maître,
les énigmes se succèdent avec délicatesse et habileté, les personnages sont
fascinants, autant Juliette, Joshua que le meurtrier polymorphe….À vous de le
découvrir. Vous serez engouffrés dans
cette course effrénée, animée par une effervescence envoûtante, sans vous en
apercevoir….
Maxime
Chattam fait preuve de maturité, de souplesse, il est méticuleux, il possède un
style personnel dynamique. Son
approche, ses descriptions ainsi que sa mise en scène, tous les éléments sont
calibrés au millimètre. Le lecteur
déguste et apprécie sa prouesse, tout autant que son imagination fertile.
Maxime
Chattam clos l’aventure en citant saint Marc : « Un homme possédé d’un esprit impur : il avait sa demeure dans les tombes et
personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne, car souvent on l’avait
lié avec des entraves t avec des chaînes, mais il avait rompu les chaînes et
brisé les entraves, et personne ne parvenait à le dompter. Et on l’interrogea : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Légion est mon nom car nous sommes beaucoup. »
Un
premier roman qui laisse présager le succès…
Maxime
Chattam, le « pantomime », le « mudra » du crime.
Bonne
lecture !
Francine
Charrette
Club-Culture