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L’Effet pourpre
Auteur :
Maxime-Olivier Moutier
ISBN :
2-922660-02-8
190 pages
Recueil –
De l’auteur : éléments pour une nouvelle esthétique de la crise amoureuse….
Dans un avant-propos, l’auteur nous explique
son état d’âme et les raisons qui l’ont amené à écrire cet ouvrage. « C’est l’écriture d’une crise
amoureuse, jouée en l’espace de six semaines, au moment du temps des
Fêtes. En même temps, que l’écriture et
l’envoi de ces lettres, je faisais une pleine psychanalyse. »
Les premières pages expliquent le
pourquoi : « Je voudrais que
tu veuilles….Je m’occuperai de tout. Ce
sont des mots qui parlent de violence.
Sincèrement de violence. »
Ce sont des lettres en forme de
« graffitis ». Des orgies
d’images par les mots, des émotions crues, des passages tortueux où Fellini
lui-même s’y perdrait !
Tantôt ce sont des lettres concernant
l’attente, tantôt l’angoisse à l’état brut où l’auteur se définit comme
« un triste pas grand-chose », prêt au suicide, développant la
paranoïa, nourrissant le défaitisme….
Nous nageons en plein fantasme. Tout y passe : les mensonges, la bisexualité, la porno, la
recherche de l’union parfaite en passant par la relation «maman-putain ». Ce sont les clichés du « vrai
homme » : « Tu sais, le
garage, c’est presque toute ma vie.
C’est ici que j’existe. »
Pas étonnant que la femme désirée à qui il
envoie ses lettres enflammées s’appelle « Valentine » - symbole de
l’amour du 14 février à chaque année !
C’est une débauche de mots, de phrases crachées
sur papier. Il a raison de dire que
c’est une psychanalyse….
Moutier parle de sa solitude, de la descente
aux enfers du doute, de l’espoir qui ne mènera peut-être nulle part.
Il prend plusieurs cuites pour supporter
l’insupportable : lui.
Il nous dévoile ses goûts pour la porno; ses actrices fétiches, ses réalisateurs et
ses acteurs favoris. Ces lettres sont
comme ces émissions sur Internet :
les caméras vérités d’hommes et de femmes qui se filment au quotidien
pendant 24 heures….Du « Real Movie ». Débauche d’idées, vidange intérieure, ici, nous sommes présents
au confessionnal. Une intimité qui gêne
et qui bouleverse tant les mots donnent une impression de viscosité
morale. Viscérales, chacune des lettres
plongent le lecteur dans les ténèbres d’un être au bord de l’abîme. Une bonne dose de vitriol quoi !
C’est du « coq à l’âne » à vif ! Le lecteur y trouve les pires contradictions
en passant du film XXX hard à Sainte de Lisieux.
Au début, l’auteur parle de tendresse, d’amour
à tout jamais. Au milieu du livre, la
violence prédomine. « Tu es
porteuse d’un corps que j’ai de plus en plus envie de brutaliser. » Nous sommes au cœur des paradoxes de la
violence inassouvie et des pulsions destructrices versus l’amour dans sa
totalité. « Je nous vois en train
de tronçonner des jeunes filles sans même les avoir préalablement assommées….à
découper chacun des membres en petits morceaux, une cigarette toujours au coin
du bec. » Le lecteur baigne dans
l’abjecte, roué d’images des pires films d’horreur.
Ensuite, nous passons à une accalmie. Après la crise, Maxime-Olivier s’apitoie sur
lui-même. On ne peut oublier les mots
de Brel dans « Ne me quitte pas »…Laisse-moi devenir l’ombre de ton
chien….
« Rassure-toi, Valentine, quand tu en
auras vraiment marre, tu pourras toujours me jeter. »
À travers les lettres et les aveux les plus
intimes, Moutier nous fait parfois sourire, tellement les images qu’il
interpelle sont teintées d’humour et de sarcasme. Par exemple, quand il fait l’éloge des films de cul pour ensuite
écrire ceci : « Un grand film
dont j’ai oublié le titre. » mais pas les images ni les filles !
Dans les dernières lettres, il n’utilise plus
le verbe au présent mais le conditionnel, le passé simple et l’imparfait….À la
fin, il constate qu’il aurait la force de tuer mais il n’en a tout simplement
pas envie…Heureusement !
La lecture est ardue, étouffante. Nous sommes en plein ouragan.
Conseil : ne pas lire ces
lettres si vous avez l’âme un peu triste ou si vous remettez tout en question…
Nous avons les lettres de Maxime-Olivier
Moutier. Mais, dévoilent-elles l’âme
masculine ? En tout les cas, il s’avère
fin connaisseur en matière de porno !
Si vous
désirez vous le procurer, cliquez ici.
Bonne lecture !
Francine Charrette
Club-Culture